Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 15:03

 

L’idée devait avoir germé, sans que j’arrive à la saisir vraiment, lorsque j’avais dû me résoudre à m’attaquer moi-même au joint en silicone  de ma baignoire. Elle avait probablement commencé à mûrir lorsque, après avoir pris ma tringle à rideau sur le nez, je l’avais refixée au mur à coups de marteau et à l’aide de cure-dents judicieusement glissés entre les vis et le plâtre. Elle m’a forcément effleurée de nouveau lors de cet épisode fâcheux au cours duquel j’avais dû me battre, armée d’une pince à épiler et de la pointe d’un couteau, contre un diabolo (dynamo ? quelque chose en « o » en tout cas, j’en suis presque sûre… vous savez : ce petit bitoniot qui coince les fils du mur avec ceux de l’ampoule ?) pour que la lumière soit. J’ai fini par la saisir très clairement quand ma douche s’est mise à arroser le plafond et trois des quatre murs de la salle de bain…

Manifestement, la douchette était défectueuse. J’ai donc racheté une douchette. Facile. J’ai enlevé la vieille, mis la nouvelle en place et là… De l’eau s’est mise à couler d’à peu près partout, sauf des trous prévus à cet effet. Comme je ne suis plus une débutante en menus travaux domestiques, j’ai pensé « joint ». J’ai supposé qu’en dévissant / revissant la douchette, j’avais dû asséner le coup de grâce au joint du flexible et je suis allée en acheter de nouveaux. Trois types de joints en rayon, de formes et couleurs différentes. Forte de mon expérience en, donc, menus travaux domestiques, j’ai choisi ceux qui présentaient le rapport quantité / prix médian. J’ai mis le joint en place, ouvert l’eau et… l’eau coulait toujours n’importe où. Pour d’obscures raisons consécutives à un obscur raisonnement que je ne développerai pas ici, j’ai décrété qu’il me fallait d’autres joints. Je suis donc allée en racheter, j’en ai mis un en place et… pas d’amélioration. C’est là que j’ai eu l’idée de vérifier l’état de mon flexible et bien m’en a pris. Je suis allée en acheter un neuf. Je l’ai mis en place, mais à force de visser / dévisser / revisser avec plus ou moins de délicatesse, c’est la douchette neuve que j’ai fini par abîmer. Bon : l’eau de la douche coule désormais à peu près par les bons trous, à un petit filet près qui s’échappe pour ruisseler contre le mur, mais la situation est acceptable.

Bref. Tout ça pour dire qu’indépendamment du temps, de l’énergie et de l’argent dépensés, ce genre de conneries me fait toujours prodigieusement chier. Je n’aime pas grimper en équilibre précaire sur une pile de BD posée sur une chaise, pour atteindre l’ampoule à changer et m’apercevoir que j’ai pris une ampoule à baïonnette alors qu’il fallait une ampoule à vis. Je n’aime pas me plier en deux à croupetons sous l’évier pour dévisser le truc par lequel plein d’eau dégueulasse va couler directement dans mes casseroles que je ne pense jamais à sortir avant, pour tenter un débouchage « bio » alors qu’au final un bon litre de Destop fera aussi bien l’affaire. D’une manière générale, je n’aime rien de ce qui implique l’usage d’un tournevis, d’un escabeau, d’une pince, d’un marteau ou de tout autre objet disponible au rayon bricolage des magasins.

Alors j’ai eu cette grande idée de lancer une agence d’hommes à tout faire, pour intervenir chez tous les gens comme moi pour les menus travaux qui ne nécessitent en aucun cas de devoir vendre un rein pour pouvoir s’offrir les services d’un électricien, d’un plombier ou autre artisan, certes tous bien utiles, mais pas toujours indispensables.

J’ai fait ma petite étude de marché dans mon quartier, évalué les coûts et les bénéfices probables et, ma foi, ça semblait prometteur. J’ai passé une annonce pour recruter mes hommes à tout faire et pris les rendez-vous pour les entretiens d’embauche.

J’ai reçu sept candidats.

Et bien croyez-le ou non, les sept se sont présentés déguisés en Village People, poitrail à l’air et pantalon à pressions et tous ont mis de la musique et entamé un strip-tease à peine ma porte ouverte.

Mais pas un n’a été foutu de remplacer le néon de la cuisine.

 

 


Par poupoune - Publié dans : poupouf - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 19:33

 

Ma fille fait de gymnastique rythmique. Anciennement gymnastique rythmique et sportive, GRS pour les intimes, mais je suppose que ça ne devait pas être assez sportif pour justifier le maintien du « S »… Quoiqu’il en soit, et sans doute pour marquer sa différence avec sa maman chérie qui voulait la mettre à la natation, c’est le sport qu’elle a choisi de pratiquer. Pour ceux qui l’ignoreraient, la GRS, ou GR, donc, se pratique avec des engins, au nombre de cinq : la corde, le ruban, les massues, le ballon et le cerceau.

Pour des raisons évidentes – du moins pour ceux qui connaissent les tendances morbides de ma fille – j’ai refusé tout net l’achat d’une corde. Pour des raisons similaires, j’ai dit non au ruban : je suis aussi réfractaire à son suicide qu’à la strangulation de ses camarades. Les massues, moins dangereuses a priori, n’auraient pas manqué de servir à assommer les copines et l’histoire familiale a été si singulièrement marquée par les dangers de la manipulation de massues que, par respect pour la mémoire des dents de ma sœur, je n’ai pas pu accepter non plus. Concernant le ballon, je dois confesser que c’est plus dans un souci de préservation de mes bibelots que j’ai fait semblant de trouver ça dangereux. Restait donc le cerceau.

J’ai étudié la question soigneusement, imaginé tous les accidents – plus ou moins accidentels, d’ailleurs – possibles avec un tel engin entre les mains de ma fille, mais je n’ai pas trouvé matière à motiver un nouveau refus, si bien que ma délicieuse enfant est devenue l’heureuse propriétaire d’un joli cerceau rose et blanc, parfaitement assorti à son joli justaucorps brillant, oh ! merci maman, t’es la plus gentille maman du monde.

Alors quand la petite copine est venue jouer à la maison, je ne me suis pas méfiée. Jusqu’à ce que, alertée par les hurlements, je tombe nez à nez avec la copine transformée en torche humaine.

« C’est parce qu’on joue au cirque, maman. Je fais le dompteur et elle le tigre, mais là, elle a raté ».

Je n’ai pas remplacé le cerceau carbonisé.

Et l’année prochaine, elle fera solfège.

 

Par poupoune - Publié dans : mini-poune - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 23:46

 

J’avais une course rapide à faire entre midi et deux et, alors que j’approchais d’un pas alerte de la sortie, il m’a fallu me prêter à cet exercice délicat et souvent fatal du choix de la caisse à laquelle faire la queue.

J’ai en général le chic pour me diriger spontanément vers celle que la caissière quittera pour aller au fond du magasin, tout au fond – en réserve, peut-être ? – vérifier un prix. Ou celle à laquelle un emmerdeur contestera le prix d’un article au prétexte que sur la brochure, dans sa boîte aux lettres, il était dit que c’était moins cher pour le modèle jaune, et qu’il ne voit pas pourquoi ça ne s’appliquerait pas au bleu. Ou celle à laquelle la dame au gros caddie a oublié sa carte bleue et ferait bien un chèque, mais elle n’a pas de pièce d’identité (en même temps, ça va, ça vous arrive jamais, à vous, de vous mélanger en changeant de sac à main ?). Bref : je vivais cet inévitable instant d’angoisse, au cours duquel j’ai beau essayer toutes les méthodes imaginables – compter les clients, repérer les vieux pour mieux les éviter, évaluer la vivacité apparente de la caissière, … – rien n’y fait : je choisis toujours la mauvaise caisse. Et si d’aventure il m’arrive de vouloir en changer, vous pouvez être sûr que c’est exactement au moment où c’est la caisse voisine qui devient la mauvaise tandis que celle que j’abandonne devient performante. Alors cette fois-ci, j’avais décidé de laisser faire le hasard et je me suis simplement dirigée vers la caisse la plus proche. Un seul client devant moi, pas un mauvais choix. Tout pouvait encore arriver, mais j’avais confiance, jusqu’à ce que j’entende la caissière s’exclamer :

 

-          Ah ! Mais je me disais bien que ta tête me disait quelque chose !

 

Et merde. J’avais la quasi-certitude que les retrouvailles entre vieilles connaissances n’étaient pas compatibles avec un passage rapide en caisse.

 

-          Dingue ! Qu’est-ce que tu deviens ?

 

Je ne prêtais qu’une oreille distraite à ces chaleureux échanges, mon attention tout entière tournée vers les autres caisses en quête de ma solution de repli, quand la suite du dialogue a réussi à me détourner de mon objectif :

 

-          Et comment va Machine ?

-          Elle est morte.

 

Blanc.

 

-          Ah ? Non mais tu déconnes ?

-          Non non, elle est morte y a deux ans.

-          Ah ben merde… désolée… je…

-          Non, c’est rien.

-          Mais… et… et la blonde, là… comment c’était déjà… tu sais, la fille rigolote, là ?

-          Bidule ?

-          C’est ça, Bidule ! Comment elle va ?

-          Ah ben elle est morte aussi.

 

Blanc. Evidemment. La caissière – tout comme moi – a cherché sur le visage de son interlocuteur un signe indiquant qu’il blaguait, mais non… S’en est suivi un bref échange sur les circonstances des décès en question (et je me dois de rendre justice à la caissière et de préciser que, pendant cet échange surréaliste, elle faisait efficacement son travail) et ils ont conclu, au moment de rendre la monnaie :

 

-          Ah ben c’était sympa de te revoir…

-          Oui, ça fait plaisir… à bientôt… et mes condoléances, alors.

 

J’ai tendu mes articles à la caissière avec une mine de circonstance, prête à l’assurer de ma plus sincère compréhension si d’aventure elle omettait de me sourire, mais, très professionnelle, elle m’a saluée poliment, avant de secouer la tête en déclarant, philosophe :

 

-          Le monde est petit, hein !

 

D’aucun l’aurait trouvé plutôt cruel ou injuste… quant à moi, je dois avouer qu’en cet instant précis, et bien que j’en ressente un léger soupçon de honte, je l’ai trouvé plutôt facétieux… mais c’est sans doute parce que ça ne m’a finalement pas fait perdre de temps, sans quoi j’aurais été moins coulante.





Par poupoune - Publié dans : poupouf - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 19:32

 

Je suis une fervente partisane du pipi avant de partir. A l’excès, peut-être, parfois, mais il n’y a rien que je déteste plus qu’être gênée au cours d’une quelconque balade ou activité par une envie de faire pipi. A part peut-être devoir trouver des toilettes pour permettre à quelqu’un d’autre que moi, comme par exemple ma fille, de soulager sa vessie.

Donc, quel que soit le type de sortie prévu, dès lors que l’on s’absente plus d’une heure, on fait pipi avant de partir. Et c’est non négociable. Alors en vacances, quand on part le matin pour se balader toute la journée et ne rentrer que le soir, on fait évidemment pipi avant de partir, mais aussi à chaque occasion qui se présente. Autant dire qu’en matière de toilettes publiques, je pourrais écrire un guide international assez complet. Des plus rudimentaires aux plus nauséabondes, en passant par celles qui brillent jour et nuit et dont émane un parfum de bonbon qui restera à jamais un mystère pour moi, je croyais avoir tout vu. J’avais tort.

La Chine – du moins pour l’infime partie que j’en ai vue – regorge d’une quantité étonnante de toilettes publiques ce qui, quand on souffre comme moi de l’angoisse du pipi impromptu, est la meilleure nouvelle des vacances. Alors évidemment, la quantité ne permet pas toujours de garantir la qualité, mais ne mégotons pas… et, à Pékin notamment, nous avons, ma fille et moi-même, vécu des expériences étonnantes.

Pékin est une grande ville. Une très grande ville. Une ville immense, n’ayons pas peur des mots, dans laquelle le moindre déplacement peut prendre des allures de randonnée. Dans mon guide, j’avais des plans par quartier très bien fichus, mais, à cause de leur petite taille peut-être, ou bien parce que malgré l’indication de l’échelle je n’arrivais pas à me faire une idée précise des distances, il ne m’est pas arrivé une seule fois d’appréhender correctement le temps qu’il nous faudrait pour aller d’un point à un autre, si bien que nous avons passé énormément de temps dehors et, par conséquent, en prévision (aléatoire) du temps qu’il nous faudrait encore (ou pas, ou un peu plus…) y passer, nous avons beaucoup utilisé les toilettes publiques pékinoises.

Dans les parcs, les temples et autres lieux publics, leur propreté était, sans surprise, variable. Comme partout.

Dans les hutongs, ces étonnants quartiers de ruelles étroites, bordées de maisons basses en briques grises, où il faut absolument aller se perdre avec enthousiasme, tant l’ambiance et l’atmosphère qui y règnent semblent authentiques et réjouissantes, dans les hutongs, donc, les toilettes publiques dépassent totalement les limites de ce que l’on pourrait imaginer comme échelle standard allant de « très propre » à « très sale ». Bien que ce qu’il convient d’appeler lieu d’aisance ait été accessible en quantité encore plus étonnante qu’ailleurs dans ces incroyables quartiers, ce n’est pas là que nous en avons abusé le plus. Je pense – je n’ai pas vérifié l’information, mais j’ai de fortes présomptions – que les habitations dans les hutongs ne disposent probablement pas – ou pas toutes en tout cas – de toilettes et que, de fait, les toilettes publiques y sont abondamment utilisées. Je pense également que les concepts de pudeur et d’intimité diffèrent assez largement d’une culture à l’autre et tout particulièrement de ma culture à moi à celle d’un pékinois.

Ainsi, dans les hutongs, les toilettes publiques consistent en un alignement de trous dans le sol, les uns à côté des autres, sans murs, sans portes, sans cloisons, sans paravents, rideaux, ou que sais-je encore qui permettrait de se sentir un tantinet isolé de la dame du trou d’à côté qui fait popo. Mais comme je l’ai dit, il s’agit toutefois bel et bien de toilettes publiques : on ne fait pas ses besoins sur le trottoir foufoune au vent, il y a des murs et un toit, si bien que l’odeur y reste bien enfermée, au point d’avoir réussi à me faire renoncer, moi, la professionnelle des toilettes publiques.

 

Et puis il y a eu la cité interdite.

Qui, soit dit en passant, n'est plus interdite du tout.

Haut lieu du tourisme pékinois et, plus largement, chinois, elle grouille désormais d'une foule compacte qui, je dois l'avouer, gâche un tout petit peu le plaisir. Le palais est merveilleusement beau, vaste, porteur de tout un imaginaire un peu mystérieux véhiculé par les films pour petits et grands et le peu que l'on a retenu de quelque lointaine leçon d'histoire, mais le groupe de touristes chinois serait, je pense, tout à fait à la hauteur pour décourager le plus motivé des touristes allemands. Ou japonais. Et pourtant le chinois est courtois, mais le touriste chinois, en groupe, est la négation même de la courtoisie et du savoir-vivre. Comme si d'avoir tant de choses à découvrir à travers le vaste monde autorisait toutes les inconvenances. Mais là n’est pas le propos.

A l’entrée de la cité il y a des toilettes publiques.

Dans ces toilettes publiques il y a, bien évidemment, beaucoup de monde. Et pas de verrou aux portes parce que, nous l’avons vu, certaines notions comme l’intimité ou la pudeur n’impliquent pas les mêmes comportements ici ou là… Après avoir observé la façon dont certaines femmes, apparemment pressées, n’hésitaient pas à entrer dans des toilettes occupées pour en déloger les pisseuses trop lentes à leur goût, nous avions commencé à établir une stratégie pour protéger cette intimité à laquelle nous tenions, malgré tout, l’une comme l’autre, quand ma fille s’est soudain interrompue, avant de porter sur moi un regard empreint tout à la fois d’horreur et d’incrédulité.

J’ai jeté un œil du côté de ce qu’elle semblait avoir vu de tellement déconcertant, pour immédiatement lui retourner un regard probablement semblable au sien, avec une petite pointe de dégoût en supplément.

Le long des murs, alignés à moins d’un mètre les uns des autres, des seaux. Et au-dessus de ces seaux, des culs dénudés de femmes accroupies en train de se soulager joyeusement en rang d’oignons, comme une haie d’honneur de circonstance pour les pisseuses préférant faire la queue.

Je crois qu’aucune des merveilles que j’ai pu voir pendant mon périple ne suffira jamais à effacer cette image-là.



Par poupoune - Publié dans : carnet de voyage - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 15:12

 

Hier soir j’ai regardé, comme beaucoup de monde et la plupart d’entre vous j’en suis sûre, le fameux débat de l’entre-deux-tours.

Alors oui, j’aurais des choses à en dire et non, je n’en écrirai rien ici, sinon que bien entendu il faut voter Hollande, mais là n’est pas le propos.

Au cours du débat, de la même façon qu’il pouvait nous arriver de le faire à l’occasion de certaines émissions culturelles de haut niveau, comme La Nouvelle Star par exemple, ma sœur et moi (Comment j’balance ! Ha ha ! Je ne tomberai pas seule !) avons échangé quelques impressions à chaud par SMS.

Entre autres, lorsque le président sortant a traduit « droit de vote aux étrangers » par « nos femmes devront nager voilées à des heures réservées » et « immigration » par « islam », j’ai évoqué le caractère nauséabond du propos dans un message certes laconique, mais limpide, y compris pour quiconque n’ayant ni l’historique des échanges, ni la télé allumée sur une des chaînes diffusant la joute.

Et il se trouve que par mégarde, je ne comprends d’ailleurs toujours pas comment j’ai pu faire ça, j’ai envoyé mon SMS « à plusieurs ».

Le temps que je m’en aperçoive et que j’appuie frénétiquement sur « annuler », le message était parti.

Bon : je n’ai pas pour habitude de cacher mes opinions politiques, que j’assume pleinement, mais je n’ai pas non plus pour habitude de les balancer à la face du monde – mon petit monde à moi – sans raison particulière. Et surtout, vous, je sais pas, mais moi, dans mon répertoire téléphonique, je n’ai pas que des amis de gauche. Même si la plupart de mes amis se trouvent être effectivement de sensibilité politique proche de la mienne, mon répertoire ne compte pas que des amis et, de gauche ou de droite, je trouve au mieux déplacé, au pire carrément inconvenant d’adresser, par exemple, à l’école de ma fille (qui ne peut-être que de gauche, une école publique, pensez donc !) ou à ma gynéco, à ma chef, à la baby-sitter, à ma gardienne ou encore à la belle-mère de ma sœur ce genre de message. Outre le fait que je ne sais pas forcément de quel côté bat leur cœur d’électeur, je ne partage pas avec ces membres éminents de mon répertoire téléphonique une intimité suffisante pour m’autoriser de  telles familiarités.

Ce message aurait donc tout à fait légitimement pu être interprété comme une agression gratuite, injustifiée et plutôt stupide. D’où ma gêne et, disons-le clairement, une légère angoisse quant aux réactions et conséquences que pourrait entraîner ma bourde. Surtout que je n’arrivais pas à savoir à qui exactement ce message avait bien pu être envoyé.

Une fois passé l’instant de panique (« Nooooon ! on va me prendre pour une gauchiste belliqueuse alors que je suis une gauchiste courtoise ! »), j’ai appuyé sur quelques touches de l’engin par qui le drame arriva (j’ai jamais aimé les téléphones portables, c’est peut-être pour ça qu’ils ne m’aiment pas non plus) et j’ai fini par trouver la liste des gens qui avaient reçu mon message.

Pour une raison qui reste pour moi un mystère, seules quelques copines à affinités politiques semblables – du moins très proches des miennes – en ont été destinataires.

Du coup, je suis perplexe.

Mon téléphone aurait-il développé une certaine forme d’intelligence à mon insu ?

 

 

 

Par poupoune - Publié dans : poupouf - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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c'est qui ?

merci

pour la bannière à Jérôme, l'homme aux mille talents !

J'y passe du (bon) temps

c'est pas moi qui le dis...

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