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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 11:07

C’est la fête.

Normal, j’ai trente ans. Alors ce soir, fête obligatoire.

J’ai tout essayé pour y couper, rien à faire. J’aurai ma fête surprise ce soir. Je le craignais, j’ai fait savoir à tous ceux que je soupçonnais de pouvoir organiser la sauterie que je ne souhaitais pas m’appesantir sur l’événement, mais personne ne m’a crue. Et là, je les vois, ils sont tous là. Dans ma cuisine, dans mon salon, mon canapé, mes fauteuils. Ils fument à ma fenêtre. Ils écoutent leurs disques sur ma chaîne. Ils boivent. Ils rient. Ils m’attendent. Ils guettent mon arrivée.

Moi je guette leur départ depuis la voiture. Je sais bien qu’ils ne partiront pas avant longtemps, mais je m’en fous. Je me suis commandé une pizza pleine de crème et d’oignons et j’ai un pot de cette glace divine qui me fait fondre plus vite qu’elle, alors c’est plus qu’il n’en faut à mon bonheur. Pour le cas où, j’ai également deux bonnes bouteilles d’un blanc qu’on croirait le petit Jésus qui te fait pipi dans la bouche, alors j’ai tout mon temps.

Mon téléphone sonne pour la septième fois en moins d’une heure. Ma bonne copine. Celle-là même qui n’a pas voulu entendre que je ne voulais pas qu’on envahisse mon espace ce soir. Celle qui me connaît si bien et qui m’aime tellement qu’elle a invité tous ses amis pour me faire plaisir. Je ne suis jamais à l’aise au milieu d’une assemblée de plus de six personnes. Surtout quand je ne connais pas nécessairement très bien les gens. Et puis y a toujours un indélicat, ou une indélicate le plus souvent, qui a la bonne idée d’amener le copain qui va immanquablement me plaire.

Comme si c’était pas déjà assez déprimant d’être encore si seule à mon âge, faut encore que je me cogne les merveilleux copains des copains des copines, tellement merveilleux qu’on se demande bien pourquoi ils sont célibataires. La plupart du temps ils sont aussi emmerdés que moi par le grotesque de ces pseudo-rancards arrangés, dont personne n’ose dire ce qu’ils sont et qui ne peuvent être, au mieux, qu’un grand moment de gêne.

Le pire, c’est de voir le genre de types qu’on me présente. Tellement loin de tout ce que je rêve de trouver chez un homme que c’est à se demander si mes « amis » ne m’en veulent pas à mort pour une raison qui m’aurait échappée.

Huitième coup de téléphone. Je laisse sonner. Huitième message aussi, du coup. Je ne les écoute pas non plus.

Ils font de plus en plus de bruit, chez moi. J’espère qu’ils ont au moins prévenu les voisins. Mon absence ne semble pas gâcher la fête. Ils attaquent le champagne, on dirait. Ou le mousseux, je vois pas, d’ici. Combien est-ce qu’ils m’aiment ? Non. Ce n’est pas la bonne question. Combien est-ce qu’ils aiment faire la fête, plutôt. Parce que je les connais pas plus que ça. De toute façon je ne connais pas autant de monde. Si j’avais voulu faire une soirée pour l’occasion, j’aurais invité au plus cinq ou six personnes. Là ils sont au moins vingt. Trente peut-être.

Allez, j’ouvre une bouteille. J’ai trente ans, après tout, c’est pas tous les jours. Et puis la glace a bien fait son petit effet, mais un peu d’alcool ne gâtera rien. A ma santé !

Ma santé… J’’ai toujours dit qu’à trente ans j’aurai mes cinq enfants. Et j’ai même pas encore eu le moindre petit copain qui fasse mine de vouloir rester ou que j’aie vraiment eu envie de garder. Alors les enfants…

Je suis tombée enceinte le mois dernier. Le problème, c’est que j’ai ces antidépresseurs et ces somnifères qui ne sont pas très compatibles. J’ai arrêté de les prendre dès que j’ai su pour la grossesse. Mais je sais pas si je vais le garder, ce bébé. Parce qu’il est certain que je garderai pas le père. Mais si je garde pas cet enfant-là… De toute façon, je saignais, tout à l’heure. Je crois pas que je vais aller très loin dans cette grossesse. La nature doit savoir que je ferai une piètre mère… Mon cul ! La nature sait que dalle, c’est qu’une salope qui frappe au hasard.

Allez, à ma santé, bordel ! Il est bon ce petit blanc. A peine assez frais, mais ça va. Je vais les reprendre, mes médocs. Je dois les avoir là, dans la boîte à gants… oui. Deux boîtes. Cool. Plus les somnifères. Parfait. Allez… Y a pas de raison qu’y ait que les emmerdeurs, là-haut, dans mon salon, qui se mettent la tête à l’envers pour mes trente ans.

Ça fait combien de temps que j’ai arrêté le traitement ? Un mois ? Un peu moins peut-être… Bon : de toute façon j’ai assez de pinard pour tout faire passer, alors je prends tout, allez !

A ta santé, gamin… tu finiras sans doute au fond des chiottes dès demain. Si je me réveille et que j’arrive à y aller, aux chiottes. Sinon on finira ensemble ici. C’est p’t’êt’ moins sordide, finalement. Putain ! c’est quoi cette musique de merde qu’y z’ont mis sur ma chaîne ? Ah les cons… les cons.

J’aurais dû prendre une veste.

Une couverture.

Un truc.

Commence à faire un peu froid.

J’ai même pas fini la pizza.

Froide maintenant.

C’est comment qu’y s’allonge ce siège ?

Allez. Bonne nuit… gamin.

Et joyeux

anniv…

 

 

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 09:00

 

- Bonjour amour.

- Bonjour mon ange.


C’était ainsi tous les matins au réveil. Ses premiers mots pour moi : « Bonjour amour ». De quoi vous consoler chaque jour d’être obligée de sortir du sommeil. « Bonjour amour ».

 

Le jour où il a cessé de le dire, je n’ai pas tout de suite compris ce qui avait changé. Il était toujours aussi câlin et attentionné, mais il manquait quelque chose.

Je me suis rendu compte au bout de quelques jours que c’était ce « Bonjour amour » qu’il ne me disait plus. Rien d’autre n’avait changé, seulement je ne me réveillais plus chaque matin sur ces mots.

C’est devenu une obsession. Je me suis mise à me réveiller chaque jour un peu plus tôt, guettant les premiers signes de son réveil à lui, espérant l’entendre à nouveau me dire « Bonjour amour », mais rien.

Un matin j’ai pris les devants et lui ai dit « Bonjour mon ange » dès que je l’ai vu ouvrir les yeux. Il m’a prise dans ses bras et m’a souri tendrement, mais point de « Bonjour amour ».

Bien sûr nous vivions toujours une idylle formidable. Rien n’avait changé. Il semblait toujours aussi amoureux, il était toujours tel que je l’avais aimé au premier jour, nous continuions de rire, bavarder, sortir, faire l’amour avec le même plaisir qu’avant, mais plus jamais il ne me dit « Bonjour amour » au réveil.

J’ai eu beau chercher, je n’ai pas réussi à comprendre ce qui avait pu se passer, ce que j’avais pu faire peut-être pour qu’il ne le dise plus.

Alors j’ai commencé à devenir soupçonneuse. J’ai pensé d’abord à une autre femme, bien sûr, mais rien dans son agenda ou dans son comportement ne permettait d’étayer cette hypothèse. J’ai pensé à l’usure du temps, simplement, mais il me disait toujours autant qu’il m’aimait, passait toujours autant de temps avec moi, me faisait toujours autant l’amour… J’aurais pu lui demander, bien sûr, mais je me sentais un peu stupide. J’ai laissé l’angoisse prendre le dessus. J’ai commencé à dormir de moins en moins, je ne pouvais plus le regarder ou l’écouter sans me demander ce qu’il me cachait, c’est devenu un véritable enfer.

Alors un jour j’ai pris mes affaires et je suis partie.

Je n'avais jamais aimé que lui. Je l'aimais au-delà de la raison.

Maintenant que je suis là, la langue gonflée et le cou douloureux de cette corde au bout de laquelle j'attends la délivrance... je me dis... que j'ai vraiment été... stupide. Je devrais... peut-être...



Ecrit pour la Petite fabrique d'écriture avec pour consigne de commencer par "bonjour".



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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 11:18

 

Je sais pas trop depuis combien de temps je traîne à la terrasse de ce café.

Assez pour que le serveur me jette un œil noir à chacun de ses passages. Mon thé est froid. Mon verre d’eau, chaud. Mes bras commencent à rosir sous le premier soleil de printemps, mais lui aussi fraîchit déjà un peu. Moi en revanche je suis chaude comme la braise. Alanguie et pensive peut-être, mais toujours brûlante de cette fièvre qui me tenaille depuis des semaines. Et ce foutu serveur pourrait bien faire me faire tomber dessus les foudres de l’enfer, je ne bougerais pas. J’attends. Hors de question que je prenne le risque de le rater.

 

Le type de la table voisine me regarde avec un sourire en coin. Il fait des messes-basses à sa copine. Doit penser qu’on m’a posé un lapin. Et ça le fait marrer. Pauvre type. Sa copine me regarde avec un mélange de compassion et d’amusement. Pour ce que j’en ai à foutre.

Le serveur n’en finit plus de me faire les gros yeux… Il doit attendre que je me casse ou que je prenne autre chose… Mais j’ai pas les moyens, moi… tous les jours, toute la journée... Sans compter que j’ai même pas soif. Il aurait le droit de me virer ? Je sais pas. Sans doute, oui.

 

Le soleil est caché, ça y est. Il commence à faire frais. J’aurais dû prendre un gilet. J’y pense jamais. C’est rare qu’il arrive aussi tard, c’est peut-être plus trop la peine d’attendre… mais ce serait trop bête de le rater, je vais rester encore un peu. Il finira bien par arriver. Il est venu tous les jours pendant des semaines, il n’y a pas de raison qu’il se soit arrêté comme ça brutalement. Il doit être en vacances.

 

Je commence à avoir un peu faim… Demain j’apporterai un paquet de gâteaux. Ça devrait plaire au serveur, ça. J’ai l’impression qu’il ne passe en terrasse que pour me faire sentir que ma présence l’incommode. Alors que bon, c’est pas pour dire, mais y a pas foule, non plus, dans son rade. On peut pas dire que les gens se battent pour l’avoir, ma table. Je lui demanderais bien du sucre pour mon thé, ça me ferait quelque chose à grignoter. Mais à mon avis si je fais ça il va s’énerver, le serveur. Pour de bon.

 

Il ne viendra sans doute plus. Il fait nuit. Il ne venait jamais si tard. Mais ce serait idiot d’avoir attendu toute la journée et de le rater maintenant.

 

Je vais commander un apéro. Comme ça j’aurai des cacahuètes. Un apéro et je file.

 

Ah non… me dis pas que maintenant que je l’appelle, il va faire semblant de pas me voir ! Ah le con. Quand t’aimes pas les clients faut pas être serveur hein… En même temps, ça me réchauffe un peu de m’agiter comme ça pour me faire remarquer. Je vais aller commander au bar, tiens, ça me fera du bien de bouger.

 

Ils sont un peu rats sur les cacahuètes. Mais bon, c’est toujours ça.

 

Ah… ça ferme. Ah ça ! Il est content, le serveur, il peut enfin me foutre dehors. Sa grande satisfaction du jour apparemment. Je lui gâche le plaisir en lui disant « à demain » ou je lui fais la surprise ? Il doit bien se douter que je reviendrai. Je viens tous les jours. J’ai que ça à faire de toute façon.

 

Bon. Il n’est pas venu. Il viendra peut-être demain. Sûrement. Ou après-demain. Il va forcément revenir. Ce serait trop bête. J’étais enfin décidée à lui demander son nom.

 

 

 

 

Ecrit pour la Petite fabrique d’écriture sur le thème « à la terrasse d’un café ».

 

 

 

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 14:30

 

J'étais bien décidée à suivre la ligne directrice qui devait me conduire au succès, mais un jour elle s'est brisée, sans doute entre deux lignes trop souvent copiées: je ne dois pas chanter en classe, dessiner sur les murs, poèter à table...

 

Alors j'ai consulté une voyante qui a vu que ma ligne de vie coupait ma ligne de bus exactement le jour et l'heure où une nouvelle ligne de vêtements devait sortir. J'ai donc changé de look et je suis devenue maligne. Je me suis fait installer une deuxième ligne pour le téléphone rose tout en essayant de garder la ligne. J'en ai sniffé quelques-unes aussi, pour garder la forme, jusqu’à ce que je change de ligne de conduite. Les yeux rivés sur la ligne d’horizon, j’ai décidé de quitter cette ligne de fuite, cesser de pécher en ligne et je me suis mise à la pêche à la ligne.

 

Maintenant je file en droite ligne vers un avenir radieux et aucune déviation n’entre en ligne de compte.

 

 

 

 

Ecrit pour la Petite Fabrique d’Ecriture sur le thème de « la ligne ».

 

 

 

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 11:41

C’était une grande dame… mais c’est étonnant les souvenirs.


Chez elle, je me souviens d’abord des toilettes. De la chasse d’eau qui faisait un bruit de mitraillette et qu’on tirait jusqu’à atteindre un chiffre rond au compteur… Qu’est-ce qu’on pissait pendant ces repas de famille ! Et j’en profitais pour feuilleter à chaque fois la même seule et unique bande dessinée rangée aux toilettes : « Illico & Presto », ça s’appelait, ou quelque chose comme ça.

 

Je me souviens aussi de cet affreux chien noir frisé en peluche. Je ne pense pas que je le trouvais affreux, d’ailleurs, à l’époque. Il était juste là. Avec ses yeux vides en plastique.

 

Et je me souviens bien sûr des quenelles. J’adorais ses quenelles. Je pensais en avoir mangé assez pour en garder le goût toute ma vie, mais non. Maintenant je cherche à le retrouver mais à ce jour aucune autre n’a su m’émoustiller les papilles comme les siennes. Je pourrais essayer d’en faire mais… je ne sais pas. Ce serait comme chercher toute sa vie à atteindre un sommet inaccessible. Comment égaler un souvenir probablement idéalisé ? Certainement idéalisé, ce n’était quand même que des quenelles…

 

Enfin je me souviens des « chiffres et des lettres ». Et d’une ou deux baffes mémorables. Et des biscuits à champagne. Du cosy-corner, aussi… allez savoir pourquoi.

 

Je me la rappelle grande, sévère, forte tête, fière… Attentive à tout et à tous. Toujours. Il y aurait mille choses étonnantes et remarquables à raconter de sa longue existence. Sa vie mériterait un roman. J’en suis certaine, mais j’en sais si peu.

 

C’était une grande dame mais ce ne sont que mille petits souvenirs anecdotiques qui font l’image que j’ai gardée d’elle.

 

Et ce n’est pas la lourdeur du passé mais simplement la joliesse du souvenir que j’ai donnée à ma fille en lui donnant son prénom.

 


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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 09:48

La princesse Stella espiègle et téméraire

rêvait cette nuit-là de l'étoile polaire

brillant de mille éclats à sa couronne princière

 

N'aimant rien dans la vie plus que se faire plaisir

dans la nuit elle partit la belle étoile cueillir

et pour ce faire choisit une montagne à gravir

 

Parvenue au sommet quelle déconvenue

sur la pointe des pieds son espoir fut déçu

car loin hors de portée brillait l'étoile élue

 

Boudeuse et dépitée mais toujours avec grâce

elle voulut regagner son fastueux palace

mais elle vit se creuser une horrible crevasse

 

Bloquée sur ces hauteurs à la lune elle cria

espérant par ses pleurs attirer sur ses pas

un héros un sauveur pour la tirer de là

 

Un vagabond poète qui cherchait une muse

entendit la pauvrette et eut l'idée confuse

de faire d'elle sa quête d'inspiration diffuse

 

De joyeux ménestrel il se fit combattant

franchit la passerelle au-dessus du volcan

brava des sentinelles féroces et à cran

 

Il combattit le feu terrassa le dragon

se fit chevalier preux de bravoure parangon

et rejoignit heureux la belle sur son mont

 

A sa vue la princesse sentit fondre son coeur

le poète d'ivresse d'amour et de bonheur

fit une jolie prouesse créa des vers flatteurs

 

Ces deux-là en amour tombèrent sans tarder

ils attendirent le jour dans leurs bras enlacés

se promirent un toujours et une éternité

 

La princesse Stella amoureuse damoiselle

comprit cette nuit-là qu'il n'est d'étoile plus belle

que celle qui éclaira d'amour fou leurs prunelles

 

 

 

 

Ecrit pour la Petite Fabrique d’Ecriture

 


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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 12:33

Par une journée d’hiver au petit matin blême

Je ne savais que faire et je traînais ma flemme

J’ai pris des mots divers me suis fait l’âme bohême

J’en ai fait quelques vers un tout petit poème



Ecrit pour La petite Fabrique d'écriture : "Racontez une journée d'hiver".


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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 12:02

 

-         « Je dis qu’à l’instant précis où j’aurai prononcé cette formule, et pour… » Hum…

-         Qu’est-ce qu’il y a ?

-         Vous êtes sûre que ça va marcher ?

-         C’est mon métier, quand même ! Faites-moi confiance…

-         Oui, je sais, pardon… C’est juste que ça paraît tellement… surréaliste !

-         Ça l’est…

-         Hi hi ! Oui… Bon. Je recommence alors ?

-         Oui. Commencez bien par « Je dis » et concentrez-vous.

-         D’accord… Alors… « Je dis qu’à l’instant précis où j’aurai prononcé cette formule, et pour autant de temps qu’il me plaira… »

-         Maman !

-         « …et pour autant de temps… »

-         MA-MAN !!!

-         C’est quoi, ça ?

-         Euh… mon fils. Désolée. Je reviens.

-         Voilà. Je reprends où j’en étais ?

-         Normalement il faut dire la formule d’une traite mais bon, je vais m’en arranger.

-         Merci ! Alors… « pour autant de temps qu’il me plaira, nul ne criera, nul ne souffrira, nul ne manquera… »

-         Chérie ?

-         « … de quoi que ce soit… »

-         Chérie ? Tu sais pas où j’ai mis mon livre ?

-         Tiens ! Vous avez entendu ? Y a rien qui vous choque ?

-         Euh…

-         « Chérie TU sais pas où J’AI mis… » C’est fou non ?

-         C’est-à-dire…

-         Sur la table de cuisine ! Ah ! Je vous jure…

-         Il faudrait reprendre, là, j’ai d’autres vœux à exaucer, moi…

-         Ah bien sûr, pardon. Alors… « nul ne connaîtra la faim, nul ne… »

-         Non, chérie, il est pas à la cuisine !

-         Vous voyez, c’est dingue, Madame la fée ! Même pas moyen de trouver cinq minutes pour dire la formule qui me permettrait d’avoir une heure de calme pour bouquiner tranquillement ! Non, vraiment… Bonne fée marraine, je sais pas, mais fée du logis c’est pas une sinécure !

 

 

 

Ecrit pour La Petite Fabrique d’Ecriture sur la consigne : « Jouez les démiurges, les magiciens,… Faites jaillir sur cette page blanche tout ce qui vous fait envie. » Contrainte : le texte doit commencer par « Je dis » ou « J’écris ».

 

 

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 12:00


L’aube de l’humanité : racontez vos premiers pas sur la terre, vos peurs, vos surprises,… 


 

Et bien ça m’a l’air pas mal par ici… Il fait doux, le cadre est joli, c’est calme, apaisant… Je devrais pouvoir m’y plaire. Il faudrait juste que je trouve quelque chose à me mettre pour l’hiver, mais ça ne devrait pas être bien compliqué… Non, vraiment, ça me plaît. Ça respire la douceur de vivre, le paysage est assez paradisiaque, je vais être bien, ici. Tranquille.

 

Ah mince ! Qui c’est ce type ? Qu’est-ce qu’il fait là ? Lui non plus il n’a rien trouvé à se mettre ? C’est bien ma veine… Je ne sais pas s’il m’a vue… Peut-être pas. Je vais essayer d’aller me cacher. Tiens, là-bas, derrière l’arbre.

 

Doucement. Voilà. Aïe. Je crois qu’il m’a vue. Bon sang, il doit bien se rendre compte que je ne tiens pas à être dérangée, non ? Je regarde ailleurs, je fais semblant de ne pas le voir… C’est pas vrai ! Pourquoi il vient quand même ? Ah la la… Quelle plaie.

 

Bon. Je vais me donner une contenance. Faire semblant d’être occupée à autre chose. Il comprendra peut-être. Voyons… Qu’est-ce que je pourrais bien trouver à faire ? Ah ! Tiens, bonne idée. Ouh la ! Le serpent… Hop ! Et voilà. Je vais croquer cette pomme.

 

 

Ecrit pour la Petite Fabrique d’Ecriture.

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 10:45

 

A moi la météo ne fait ni chaud ni froid

Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau c’est sans effet sur moi

Paréo ou manteau aussi simple que ça

Point de joies ni de maux fonction du thermostat

 

Quand il pleut sur la ville je porte mon imper

Hello le soleil brille je sors une robe légère

Mais si mon âme vacille pas la faute au tonnerre

S’il neige je m’habille mais point ne désespère

 

Parfois quand le ciel gris apparaît menaçant

Avec soin je choisis la couleur de mes gants

Mais jamais n’assortis l’humeur avec le temps

 

C’est donc d’un intérêt limité que je souhaite

Vous en faire un sonnet et jouer les esthètes

Le joli mois de mai je le laisse aux poètes

 

 

Ecrit pour La petite fabrique d’écriture avec pour consigne de parler de météo.

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