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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 22:23

 

Ecrit pour ce monsieur après la lecture de ce texte.


 

 

Je ne sais pas combien de temps il est resté sans bouger. Ou s’il a bougé, c’était tout doucement, parce que moi je suis restée un temps infini derrière la porte et je n’ai rien entendu.

Je m’étais levée comme d’habitude et j’avais préparé le café, mais je ne sais pas… en mettant les draps dans la machine je me suis dit qu’on ne les avait pas tant salis et j’ai pensé que c’était sans doute un signe. Je lui avais fait promettre, au début, dans un de ces moments de passion sublime qui font qu’on se sent héroïne romantique, de me quitter immédiatement s’il ne m’aimait plus. Dès les prémices du désamour. Il a promis sans hésitation et sans réserve, sans doute parce que lui aussi sentait que le moment se prêtait aux déclarations chevaleresques. Ou peut-être parce qu’il bandait comme un taureau. Mais le moment était beau et la promesse le magnifiait. Une promesse comme on n’en fait que quand l’alcool et la proximité de l’orgasme portent à croire qu’on vit une passion inextinguible.

On a vécu six mois l’un pour l’autre et pour personne d’autre. Evidemment ça ne pouvait pas durer comme ça éternellement, mais je suis sûre qu’il n’aurait pas tenu sa promesse. Du moins pas tout de suite. D’ailleurs je suis presque sûre qu’il m’aimait toujours. Seulement, il ne me regardait plus comme si j’étais la plus belle chose du monde. Ce matin-là, quand j’ai passé la main sur sa joue, il m’a seulement rendu mon sourire, alors que pas si longtemps avant, ce simple geste aurait suffi à lui donner envie de me renverser sur la table ou de me plaquer contre un mur, comme le jour de cette foutue promesse… Alors avant qu’il ne commence vraiment à me désaimer, avant d’être obligée de voir dans son regard qu’il aurait dû me quitter, j’ai préféré partir. Avec encore un soupçon de fierté. Avec l’espoir que ce geste théâtral lui laisserait de moi le souvenir d’une femme plus belle que je n’ai jamais été.

J’ai passé la main sur sa joue. J’aurais dû, peut-être… je ne sais pas. Me coller contre lui, lui manger la bouche, lui pétrir la queue, lui griffer le dos, le chevaucher avec brusquerie, lui… oui. J’aurais dû. Peut-être. Un sursaut. Un sursis. Au lieu de ça… Je ne sais pas combien de temps j’ai passé derrière cette porte, à guetter ses moindres mouvements. Je n’ai rien entendu. J’aurais aimé peut-être qu’il essaie de me retenir, mais je suis sûre que c’est moi qui l’aurais moins aimé s’il l’avait fait. Je me le rappelle stoïque et fier. Je nous ai offert à chacun un souvenir sans doute un peu meilleur que ce que nous avons réellement été. Oui… j’ai eu raison de partir. Et puis les souvenirs, c’est bien pour vieillir. Surtout quand on vieillit seul.

J’espère qu’il a rencontré une autre femme, à qui il a peut-être fait faire cette promesse à son tour… Non. Bien sûr que non, je ne l’espère pas. Je l’aimais et depuis ma bravade il ne se passe pas une journée sans que je chérisse son souvenir, alors évidemment que je n’espère pas qu’il a trouvé une salope pour se consoler de mon départ ! Mais c’est sûrement arrivé… Il était beau. Fougueux. Tendre aussi. Et simple. Et drôle. Et romantique, à sa façon. Il avait cette tristesse au fond des yeux qui ne le quittait jamais vraiment, mais qui rendait l’éclat du plaisir infiniment doux quand il s’y allumait. Il avait… il était… l’homme de ma vie sans doute. Mais une promesse est une promesse et je lui en aurais sans doute voulu de ne pas la tenir. Les femmes ont ce don tout particulier pour compliquer et dramatiser les choses simples.

Je ne sais pas combien de temps il est resté sans bouger. Mais chaque soir en m’endormant je revois son beau visage. Ce visage que j’ai caressé une dernière fois avant d’aller attendre derrière cette porte qu’il… qu’il… Rien. Rien qui ne m’aurait déçue. Et qui n’aurait terni le souvenir de son regard un peu triste sur ma valise et mon cul, sans doute aussi, quand je suis partie. C’est à ce regard que je vais penser ce soir encore, en terminant cette bouteille et ces comprimés. Qu’il veille sur moi pour l’éternité.

 

 

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 01:01

 

J’ai revu un ancien amoureux.

Je dis bien « amoureux » et pas « amant », parce que c’était un amour de vacances du temps où j’avais les seins qui poussent. Quand on s’était vus pour la dernière fois, je devais avoir mes vrais seins d’adulte, mais tout juste. On n’est pas là pour parler de mes seins, alors je ne vous dirai pas combien de gosses ils ont allaités depuis et dans quel état ils sont aujourd’hui pour vous donner une idée du temps écoulé, mais croyez-moi sur parole : ça remonte à loin. Et donc je l’ai revu.

Il fait partie de ces gens dont on peut dire qu’ils n’ont pas changé, mais pas parce qu’on n’a rien à en dire. Des gens qu’on a aimés un jour pour un tas de bonnes raisons et qu’on aime toujours quand on les revoit pour les mêmes bonnes raisons. Des gens qu’on n’a pas honte d’avoir aimés. Ça peut paraître idiot, mais ça fait du bien de pouvoir de temps en temps revoir des gens sans se demander ce qu’on a bien pu leur trouver…

Je l’ai revu en famille – sa famille : une épouse charmante qui pourrait être une bonne copine, deux très beaux enfants gentils comme tout – et nous avons passé une excellente soirée, même pas faite de vieux souvenirs ressassés… non : une vraie bonne soirée à papoter, rire, manger et boire. J’en suis revenue ivre et contente.

C’est peut-être un peu hâtif de juger sur une seule soirée, mais il semblait régner chez eux une belle harmonie qui fait plaisir à voir. C’est toujours agréable quand des gens qu’on a aimés et que, donc, voir plus haut, on aime toujours, semblent être manifestement heureux. Je me suis couchée repue et guillerette.

 

Au réveil… bon. Bien sûr, avec ce qu’on avait picolé, j’avais la gaieté moins fanfaronne. Normal. Et puis bon… je sais pas. Tout ce bonheur… Il aurait pu avoir au moins un gamin moche, non ? Ou sa femme aurait pu être grosse. Disons au moins plus grosse que moi… En plus il pleuvait et… je sais pas. J’ai regardé dehors, ce foutu chantier quasiment dans le jardin – voir article précédent pour ceux qui auraient raté l’épisode du chantier – et toute cette terre, ces grues, ce bruit, et puis ce satané bonheur, là… je sais pas. La gueule de bois, peut-être ? Je suis allée me coller la tête dans une bétonnière et… bon. J’espère qu’une jolie famille heureuse viendra s’ébattre derrière ce mur dans lequel on m’a coulée.

 

 

 

 

 

 

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 00:07

 

Bon, voilà, je suis en vacances.

Une semaine à la campagne.

Les plus fidèles d’entre vous se souviennent peut-être de l’effet qu’a sur moi la campagne  et se demandent sans doute quelles peuvent être les raisons qui me poussent à aller m’y enterrer de mon plein gré pendant toute une semaine. Elles sont bonnes et nombreuses, mais je suis presque sûre que ce n’est pas l’espoir de me voir un jour raconter mes souvenirs sirupeux d’enfance heureuse dans une famille aimante qui vous pousse à venir me lire. Je ne vais donc pas m’appesantir sur cet épisode doré qu’est ma vie de famille.

 

La campagne de mes vacances est une campagne un peu particulière. Elle souffre – ou bénéficie, c’est une question de point de vue – de la proximité de ce beau pays qu’est la Suisse, avec ses vaches, son chocolat, ses largesses bancaires et son étroitesse d’esprit. Si bien que beaucoup des culs-terreux du coin sont en fait des fonctionnaires internationaux, ce qui donne une touche presque exotique au terroir. Mais la campagne reste la campagne. Remplacez les cours de ferme par des terrasses avec piscines, les paysans par des cols blancs et les 4L par des 4 x 4, il restera toujours la verdure, le calme et le fait que qui que vous soyez, où que vous soyez et quoi que vous fassiez, les gens le savent.

 

Et ce sont donc les gens qui nous avaient prévenus : les travaux de la maison voisine, dans ce qui jadis avait été le pré où les vaches du fermier d’en face s’ébattaient, même si, de mémoire de citadine, on n’a jamais vu s’ébattre une vache, mais l’expression fait champêtre alors je la laisse, les travaux, donc, avaient commencé. Et dans la région, quand on construit une maison, on ne fait pas semblant. Plus maintenant, en tout cas. Le terrain seul coûte environ la moitié du prix d’un appartement parisien. Donc, les travaux de construction ressemblent au chantier de ground zero, en exagérant, peut-être, un tout petit peu. Et là, ce n’est que le début. Il y a donc au ras de notre jardin, qui fait figure de jardinet comparé à la vaste prairie que sera le jardin de nos futurs voisins, un trou, que dis-je : un gouffre au fond duquel commencent à pousser les fondations de béton de la future demeure. Il y a également deux grues et deux bétonneuses. Ou bétonnières. Ou qu’importe comment se nomment ces engins ronds qui tournent bruyamment et recrachent du ciment. Et bien sûr, il y a les ouvriers. Passés les premiers jours où l’étonnement le dispute au désespoir de voir les vacances démarrer sous le signe du bruit et de la poussière et une fois qu’on s’est bien rincé l’œil sur les torses luisant de sueur des ouvriers qui ne ménagent pas leur peine sous les assauts du soleil, il ne reste vite plus que l’agacement lié au désagrément permanent du bruit. Et s’agissant du bon déroulement de ses vacances, l’agacement peut, dans le cas de ma mère, prendre des proportions déroutantes.

 

Il faut dire aussi à sa décharge que tout concourt à rendre la proximité du chantier désagréable : non seulement c’est moche et bruyant, mais en plus l’activité semble très irrégulière et pouvoir se déclencher à tout moment. Je crois que c’est quand le bruit l’a tirée du lit un samedi matin avant 8 heures que les choses ont commencé à changer. 

 

Comme je l’ai dit plus haut, peu importent la taille des maisons et la profondeur des fosses à purin – et que ces dernières soient des piscines n’y change rien : la campagne, c’est la campagne. Sans qu’il soit utile de demander, nous avons donc appris qu’un des ouvriers du chantier ne s’était pas présenté au travail deux jours d’affilé, sans avoir prévenu. Il a été bien entendu évoqué la possibilité qu’il soit parti avec la femme de la maison rose, vu que c’était apparemment une femme de mœurs légères, mais cette hypothèse a été abandonnée quand on a découvert qu’en fait d’escapade amoureuse la femme en question était partie enterrer son père trois jours plus tôt. Une nouvelle hypothèse était en cours d’élaboration quand un deuxième ouvrier a déserté le chantier. Il avait sans doute cambriolé une maison du voisinage avant de disparaître, mais malgré leurs efforts les villageois n’ont pu déplorer la disparition d’aucun de leurs biens.

Le chef de chantier, qui avait fait savoir qu’il remplacerait les deux ouvriers défaillants sans délai, disparut à son tour mystérieusement, tant et si bien qu’au bout du compte, les futurs voisins ont fini par s’en inquiéter et par alerter la police. Les travaux ont été suspendus et tous les efforts ont été déployés pour découvrir quel forfait cette clique d’ouvriers, que tout le monde avait tout de suite trouvés un peu louches, avait bien pu perpétrer avant de disparaître. Le bruit qui court est toujours beaucoup moins agaçant que le bruit de la bétonneuse et nous pouvons profiter maintenant du calme reposant de la campagne.

 

Personne ne s’est intéressé aux trois monticules de terre fraîchement retournée qui sont apparus sur le chantier. Quant à moi, je ne regarde plus tout à fait ma mère de la même façon.

 

 

 

 

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 23:37

 

Ah ! C’est quoi ce bruit ? Un réveil, oui… Bon… où il est ? Ah… et comment ça s’arrête… ? Voilà. Bon. Merde. Je suis où là ? Il fait sombre, je vois pas grand-chose… C’est une chambre. Bon. Un lit. Un chevet. Une armoire. C’est joli. Bien. Je ne sais pas chez qui je suis. En fait… Putain, je sais pas qui je suis ! Merde. Merde, merde ! Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui se passe ?!

… Bon. Calme… Respire. Pas la peine de s’énerver. Allez. Je me lève, déjà. Bon. Je ne reconnais rien ici. Je vais voir les autres pièces… Couloir. Une porte. Voyons… Ah. Une chambre d’enfants. Deux lits. Des formes sous les couvertures. Je referme vite, sans bruit. Il y des photos au mur. Où est la… voilà. Lumière… Un monsieur et une dame. Des enfants. Deux. Ceux de la chambre ? Les visages ne me disent rien. Je regarde mieux… Non. Je continue. Nouvelle porte. Salle de bain. Miroir. Mon reflet dans la pénombre. Je ressemble à… oui. Lumière. Ah, oui. Je suis la dame des photos. Putain de merde. Je suis chez moi ? Et les enfants, là, alors… ? Instinctivement, je porte la main à mon ventre. Instinct de quoi ? Tout juste si je suis sûre d’être une fille, alors une mère ? Putain c’est quoi ce merdier ? Et le type, il est où ? Il y a des affaires d’homme, là. Il doit vivre ici aussi… Bon. Je vais le chercher. Il pourra sûrement m’expliquer… J’éteins la lumière et je retourne sur mes pas. Nouvelle porte. Toilettes. Je continue… Encore une porte… J’hésite. C’est… bizarre, ces portes qui ouvrent sur un inconnu qui… qui devrait m’être familier, non ? C’est… angoissant. Je ne comprends pas. Je ne sais même pas comment je m’appelle et ce que je fais là et… Stop ! Calme… Respire. Allez. J’ouvre. Vestibule. Placard. Deux portes ouvertes. Cuisine et… Salon. Je vois le dos d’un fauteuil. Quelqu’un dedans. Avec un journal ouvert. Bon. Il ne m’a pas entendue, on dirait. Je toussote. Pas de réaction. Peut-être qu’il s’est endormi sur son journal. J’approche. Oui. Il dort. Non, il… Non. Je recule. Je cherche la lumière. J’allume. Je reviens vers lui. Il est… Le journal est taché. Rouge. Il ne dort pas. Il est… Je suffoque. C’est le type des photos dans le couloir. Je crois. Je ne veux plus le regarder pour vérifier. Il a un trait rouge à la gorge. Un trait de… Un… Je ne veux pas revoir ça. Et mon regard est… mon regard est attiré par l’image tachée du journal. Un dessin. Un visage. Un portrait… Un por… Je lève les yeux et vois mon reflet dans la vitre. Le dessin… un portrait. Mon portrait. Portrait-robot. Un avis de… je prends le journal taché… Ça fait bouger la tête du type qui penche vers l’arrière et… oh ! ce trait sur sa gorge qui se… ça… oh… j’ai un haut-le-cœur. Je ferme les yeux. Je reporte mon attention sur le journal et ses taches et… merde.

Les enfants ? Je retourne dans leur chambre. Je soulève la couverture du premier lit et… Oh !... J’hésite à regarder le second, mais… il faut… je dois… Putain de bordel de merde ! Cette fois j’ai tout l’estomac qui se vide sur le joli tapis moelleux. Salle de bain. Reprendre mes esprits. Je fais couler longuement l’eau fraîche sur ce corps qui est le mien. Je regarde ces mains qui sont… qui ont… qui... Un peu de rouge s’écoule avec l’eau au fond de la baignoire.

Calme… Respire.

Bien.

Peu importe qui je suis.

Je sais ce que je dois faire.

Fuir.

 

 

 

 

Ecrit pour le Défi du samedi sur le thème : « vous vous levez un matin sans vous rappeler qui vous êtes ».

 

 

 

 

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 19:00

 

« Le nourrisson retrouvé momifié en Haute-Savoie a été abandonné vivant »

« Une fillette de 10 ans retrouvée pendue »

« Homme dans le congélateur : la concubine avoue le meurtre »

 

 

Pas mieux…

 

 

 

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 23:45

   

Elle m’a fait attendre le mariage pour pouvoir enfin lui faire l’amour.

Je n’étais pas puceau et je ne parierais pas qu’elle était vierge, mais « avec toi je sens que c’est spécial » qu’elle disait. Elle voulait « laisser le temps au désir » et « s’offrir à moi toute entière », sous-entendu sa main et son cul le même jour. Je ne sais pas pourquoi j’ai marché dans son trip romantico-mystique, mais j’ai marché. La rondeur de ses seins, peut-être. Les promesses de son déhanché. L’éclat… troublant, pour ne pas dire lubrique de son regard, quand elle me garantissait entre deux caresses d’adolescents que je ne regretterais pas d’avoir attendu. Tout ça à la fois, sans doute. N’empêche que j’ai attendu. Je me demande même pour finir si je ne l’ai pas épousée que pour la sauter, dans le fond… Parce qu’on s’entendait bien, c’est sûr, mais c’est quand même par la queue qu’elle me tenait.

Et à chaque fois qu’elle me congédiait alors que j’avais la bite prête à exploser et que j’étais obligé d’aller me finir à la main dans une sanisette ou sous un porche sombre, je ne pensais qu’à ce jour où je pourrais enfin la prendre dans tous les sens jusqu’à ce qu’elle soit au bord de mourir de plaisir sous mes assauts si longtemps contenus et frustrés.

On a fini par fixer la date du mariage. Elle s’est occupée d’à peu près tout, mais c’est moi qui ai réservé la chambre de notre nuit de noce. Hors de question d’avoir celle coincée entre les beaux-parents et le petit frère. Hors de question d’avoir un lit qui couine, un parquet qui grince ou quoi que ce soit qui puisse d’une quelconque manière déranger notre première nuit d’amour.

J’ai arrêté de me branler 15 jours avant le grand jour. J’ai même pas tripoté la strip-teaseuse à mon enterrement de vie de garçon. De son côté, elle a eu un enterrement de vie de jeune-fille assez sage… je le tiens de ma cousine qu’était invitée et qui s’est fait chier comme un rat mort. La seule « fantaisie » de la soirée, c’est quand les copines de ma femme lui ont offert un sex toy. Le soi-disant fameux « magic rabbit ». Je sais pas ce qu’il a de fameux ou de magique. Il paraît que ma promise a rougi comme une pucelle en ouvrant le paquet. Finalement, elle l’était peut-être vraiment, pucelle… Et moi, je commençais presque à me sentir redevenir puceau quand enfin le jour de la partie de jambes en l’air de ma vie est arrivé. Le jour de mon mariage, je veux dire.

On n’a pas fait ça à l’église, malgré les lubies de ma douce, et c’est tant mieux parce que j’ai beau ne pas être très croyant, ça m’aurait gêné de passer une heure dans la maison de Dieu avec un barreau du diable. Je crois que j’ai pas débandé de la journée. Une trique d’enfer qui me mènerait droit au paradis. Et quand est arrivée l’heure… mon heure… j’en aurais joui rien que d’y penser ! Comme ça faisait des mois qu’on soignait les préliminaires, je me suis pas senti obligé de me montrer délicat et j’ai fait voler sans ménagement les multiples couches de soie, de dentelle, de froufrous et de je-ne-sais-quoi dont on fait les mariées. Elle riait et m’embrassait goulument en virant mes fringues pendant que je me débattais avec son improbable lingerie et enfin, enfin ! elle était là, nue, offerte et à moi pour la nuit. Pour la vie, même. J’allais me récompenser de ces longs mois d’abstinence forcée.

D’après mes expériences passées et compte-tenu de ma connaissance de l’anatomie masculine acquise sous les douches dans les vestiaires des salles de sport, je crois pouvoir affirmer que je ne suis pas un mauvais coup et que je suis relativement bien monté. Disons que sans être exceptionnel je pense tout à fait bien me défendre au lit. Et, dois-je le rappeler, je m’étais tout particulièrement préparé pour cette première nuit avec mon épouse.

Loin de lui éjaculer dessus avant même d’avoir fini de la déshabiller, j’ai réussi à me contenir pour laisser le plaisir la gagner elle aussi et nous mener ensemble à l’orgasme. En manque, mais pas vache, quoi. Et savez-vous ce qu’elle a fait, quand je sentais qu’enfin nous approchions tous deux de la jouissance ultime ? Cette salope m’a viré et s’est précipitée sur son sac pour y prendre son putain de magic rabbit et se finir toute seule. J’ai tenté de reprendre mes droits, de montrer que l’homme est supérieur à la machine, mais rien à faire : une vraie tigresse, j’en ai encore des cicatrices sur le torse. J’ai donc regardé la femme qui m’avait fait attendre des mois pour la sauter prendre son pied avec un morceau de plastic rose et bruyant. J’ai maudit ses copines comme vous n’imaginez pas. Mais je ne me suis pas démonté. Je suis un tenace. Chaque jour depuis le jour de ce premier affront je me suis mesuré à ce putain de lapin magique et chaque jour jusqu’à aujourd’hui il a eu le dessus.

Je pense que c’est une femme qui a inventé cette saloperie. Ça ne serait pas venu à l’idée d’un homme de penser un truc pareil. Un truc contre lequel on peut pas lutter, parce que la nature nous a pas faits pour…

Quand j’ai compris ça, j’ai compris ce qui me restait à faire. Je suis électricien, mais puisque je ne pourrais jamais faire des étincelles avec ma bite(1), j’ai bricolé l’engin et ce soir, ma chère et tendre s’est pris, à la place d’un coup de queue, un coup de jus qui l’a vraiment envoyée au septième ciel.

 

 

Pour SD, même si j’ai pris des libertés avec l’idée de départ…

 

 

(1)   clin d’œil appuyé à l’une des meilleures répliques du cinéma français :

 

 

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 23:00

 

J’ai fait un rêve étonnant.

J’étais à New York, avec un guide de la ville entre les mains, probablement donc à des fins essentiellement touristiques. Ayant déjà eu l’occasion de visiter la ville, je décidai d’en découvrir les recoins moins connus et je m’aventurai à la recherche d’un musée qui se situait dans une zone comparable à celle que l’on trouve à Paris entre les boulevards des Maréchaux et le périphérique. Autant vous dire que bien entendu l’endroit ressemblait à tout, sauf à New York… Outre le fait qu’il n’y avait que des immeubles très bas et personne d’autre que moi dans la rue, on y trouvait également des poules et une ferme. Bref. Je n’en continuai pas moins mon exploration et, en sortant d’une cour, je me retrouvai soudainement sur un chemin de terre serpentant entre des kilomètres de verdure vallonnée et qui menait droit à un immense glacier. New York, quoi.

M’aventurant quelque peu sur le chemin, je m’aperçus que les collines qui m’entouraient et le glacier qui les bordait grouillaient… d’ours. Des ours bruns partout. Et parmi les ours, à ma gauche, au loin, un enfant et à ma droite, plus près de moi, une vieille femme qui semblait psalmodier dans une langue inconnue. Bien que supposant que je m’étais probablement égarée et que le musée que je cherchais ne se trouvait sans doute pas par ici et malgré la légère inquiétude que m’inspirait la vieille, je continuai de m’éloigner un peu de la cour d’immeuble que j’avais quittée quand je pris conscience soudainement de la dangerosité de l’ours en termes de potentiel mortel face à l’humain et que par conséquent, une femme seule (je ne comptais ni la vieille ni le gosse dans mes alliés, je ne les sentais pas sur ce coup-là) face à une horde d’ours n’avait aucune chance.

Je décidai donc de rebrousser chemin avant d’avoir attiré l’attention des bêtes ou de la vieille et je regagnai la porte par laquelle je pus rejoindre l’espace rassurant et confiné de la cour d’immeuble que je n’aurais sans doute pas dû quitter.

 

On ne sait pas toujours d’où viennent nos rêves ni ce qu’ils veulent dire. Mais le message véhiculé par celui-ci est limpide : les Maréchaux, à la limite, mais il ne faut jamais, jamais s’aventurer de l’autre côté du périph.

 

 

 

 

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 14:00

 

Allez... une dernière petite sélection et après j'arrête et je me remets à écrire. Enfin j'essaie, quoi.

 

 

 

 

 

 

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 23:02

 

Je continue avec ma flemme estivale et musicale... dans un genre moins sentimentalo-tristoune aujourd'hui, parce que je ne suis pas QUE dépressive et romantique.

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 00:18

 

Alors par là c’est joli, mais c’est plein soleil et là, ça va qu’il fait pas très beau, mais je te garantis que quand ça cogne c’est l’enfer ! Ha ha… L’enfer… Ouais, plutôt à l’ombre, hein ? C’est toi qui choisis, c’est ton cadeau, mais à ta place… Allez, oui, viens de ce côté. Bon… On va s’éloigner un peu des grandes allées, ce sera plus tranquille… Alors, t’es plutôt quel genre, toi ? Discret, hein ? C’est pas trop ton truc le clinquant et le démesuré, j’me trompe ? Ha ha… ben t’es pas bavard, hein ?... Mais va falloir choisir, quand même, c’est important, non ?... Ah ! Ça, qu’est-ce que t’en penses ? A mon avis, ça doit être un peu au soleil le matin, bien abrité aux heures chaudes… et c’est joli, non ? Sobre, élégant… Hm ?... T’aimes pas, c’est ça ? Trop sombre ? Mais le coin est bien, hein ? Ça te va par ici ? Oui ?... Ecoute, moi c’est pour être agréable que je fais ça, mais si vraiment t’en as rien à foutre je perds plus mon temps !... Bon. On va quand même pas se fâcher, hein… Allez. Tiens, là, regarde ! C’est bien ça, non ? Simple, mais mignon… clair. Le voisinage a l’air calme… apparemment y a pas trop de monde qui vient jusque là… Alors, qu’est-ce t’en dis ? C’est bien, non ? T’as qu’à dire et c’est à toi, hein ?... Et puis fais voir le nom… Cool ! C’est pas un nom de fille, Ha ha ! C’est aussi bien, hein ?... Bon, t’as décidé de faire la gueule jusqu’au bout ?... Ah tu m’emmerdes, tiens ! Tu mérites pas le mal que j’me donne pour te faire plaisir ! Allez, c’est cadeau, va. C’est ici chez toi, pauvre type. Ta dernière demeure. Creuse, qu’on en finisse.

 

 

 

 

Ecrit pour le défi du samedi : « Offrez un lieu qui ne vous appartient pas (un monument, une ville, un pays, la maison de votre voisin…) à la (aux) personne(s) de votre choix ».

 

 

 

 

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