Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 00:01

 

Cette fois, on était bons pour revenir dans les petits papiers du patron. On avait eu une mauvaise passe, quelques coups durs, mais là on avait retrouvé la niaque, on avait la baraka, le vent dans le dos, on serait plus tricards !

Faut dire qu’on l’avait peaufiné, notre coup. Aux petits oignons, qu’on l’avait mijoté… Millimétré, chronométré, répété, on avait même tout bien consigné par écrit, étape par étape. Moi j’avais pris des notes à mesure et Lucien avait tout recopié au propre pour rien laisser au hasard. Deux fois, il avait recopié, comme ça on avait chacun sa petite liste et on risquait pas de s’emmêler. Non, parce que le travail d’amateur, ça va un temps, mais là on pouvait plus se permettre… on avait beau amuser le patron, on l’avait quand même mis une fois ou deux dans l’embarras et je sentais bien qu’il avait plus le cœur à rire.

Lucien s’était occupé de faire sortir notre gus de chez lui sous un prétexte quelconque. Il présente bien, Lucien. Même moi je me ferais avoir, si je le connaissais pas. Alors ça lui a pas posé de problème. Il l’a amené exactement là où je les attendais avec ma barre de fer spécialement achetée pour la circonstance : diamètre adapté à ma pogne, poids suffisant pour n’avoir qu’un coup à donner, mais pas trop lourde pour que j’aie pas de mal à la soulever, longueur déterminée scientifiquement et, surtout, après quelques essais sur piñata remplie de mou de veau, bref : on avait pensé à tout.

Ils sont arrivés, j’ai frappé, le gus s’est affalé exactement sur la bâche qu’on avait installée pour le rouler dedans et on est revenus à la planque tous les trois, Lucien, moi, et le gus à terminer. Il avait pas repris connaissance quand on l’a sorti du coffre et c’était pas plus mal. On a beau être le bras armé de la pègre, on n’en est pas moins homme et c’était toujours plus agréable d’achever un gars inerte que de devoir le regarder et pire, l’entendre mourir.

Ça a donc été de la petite bière. Agrémentée d’une bonne dose de cyanure qu’on lui a fait ingérer à l’aide d’un entonnoir et d’un tuyau. Avec le reste de la bière, on a copieusement arrosé notre retour aux affaires ! Là, le patron, il serait forcément content.

On a célébré comme il se doit et on s’est endormis comme des loques au milieu de nos canettes. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas bu pour pas oublier. Du coup le casque au réveil était de plomb et quand Lucien m’a posé la question j’ai ri bêtement. Et puis pendant qu’il essayait de retrouver ses notes pour savoir qui avait oublié d’acheter le café, j’ai arrêté de rire et je me suis demandé aussi. Ça cognait dur là-haut, mais je sentais bien que ça allait pas tarder à me tarauder, cette histoire. Lucien, qu’avait retrouvé ni café ni notes, est revenu avec une bière je lui ai demandé s’il avait une idée. Non. On s’est regardés et en un éclair j’ai vu ma barre toute neuve dans les mains du patron, s’abattant sur mes genoux plus très neufs. Faisant fi des murs qui tournaient et des meubles qui bougeaient, je me suis levé et j’ai foncé au garage. Rien. J’ai dit à Lucien de jeter un œil à la cave et moi je suis allé voir dans la remise au fond du jardin. Rien, et rien. J’ai vérifié la voiture, dessus, dessous, dedans, coffre inclus, rien. On a retourné la baraque pièce par pièce. On a retourné la terre dans le jardin. On a même fait pareil chez le voisin qu’était pas là, ça faisait partie du plan. Rien.

On a remis la main sur les notes de Lucien ; on a tout relu, mais on n’a rien trouvé. Alors on est reparti en ville vers chez notre gus et on a tout rejoué, une vraie reconstitution, étape par étape, jusqu’aux dialogues qu’on a refaits de mémoire pour plus de réalisme. Rien. Et les notes disaient rien de ce qu’on avait bien pu en faire. Ni de ce qu’on pourrait bien lui dire, au patron. Mais c’était quand même pas croyable, cette histoire… Ça disparaît quand même pas comme ça, un cadavre !

 

 

 

 

 

Variation autour du Défi du samedi (dernier) : « disparition ».

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by poupoune - dans Défi du samedi
commenter cet article

commentaires

Chris de Neyr 22/04/2010 17:08


Donc c'est bien ce que je pensais: quand y disent "disparus" à la télé, ça veut bien dire "morts".

C'est vrai qu'ils sont trognons ces deux-là...


poupoune 22/04/2010 20:55



ou au moins un peu amochés, oui, sans doute...


oui, merci... je les trouve mimi moi aussi.


 



Mrs D 20/04/2010 08:22


@stipe: une montre, une vraie fausse rolex, ça m'intéresse, l'annif de mon frère..

(Sorry poupoune, ils me plaisent toujours autant ces 2 là!)


poupoune 20/04/2010 08:28



fais pas affaire avec stipe, si tu veux mon avis ça finira par te coûter infiniment plus cher que la vraie rolex avec facture et emballage.



Walrus 19/04/2010 10:22


Pas possible, c'est des compatriotes à moi ces deux olibrius avec leurs bières. Boire à en oublier la mise en bière, c'est un comble !


poupoune 19/04/2010 11:33



non non non : tes compatriotes tiennent beaucoup trop bien la bière pour en oublier quoi que ce soit!!!



stipe 15/04/2010 15:45


j'ai des adresses de cochonnes, par contre. Du genre qui aime bien se faire bourrer le mou de veau.

(j'ai aussi des fausses montres, de la drogue et des MP3 téléchargés illégalement, alors n'hésitez pas! )


poupoune 15/04/2010 16:00



'tain, stipe! je me fais chier à pondre des conneries en veux-tu en voilà pour draguer sans en avoir l'air et toi tu viens me balancer de la chaudasse fournie avec l'artillerie... 'vais jamais
pécho à ce rythme, tu fais chier !


va faire ça sur ton blog, merde...



Jérôme a.k.a. J. 15/04/2010 15:19


@ Milène : c'est purement frictionnel. Le mou de veau ? Pourquoi pas faire des essais de balistique dans du caviar ? Non, en vrai, on peut s'entraîner sur des cochons, dont la "densité" est très
proche de la nôtre.


poupoune 15/04/2010 15:34



ouais, mais il est infiniment plus facile de se procurer du mou qu'un cochon! sans compter que c'est moins couteux... et puis va faire entrer un cochon dans une piñata, tiens!


non mais vraiment... n'importe quoi, hein! un peu de réalisme, que diable !


;o)



C'est Qui ?

  • poupoune
  • Je suis au-dessus de tout soupçon.
  • Je suis au-dessus de tout soupçon.

En version longue

   couv3-copie-1

Recherche

J'y Passe Du (Bon) Temps