courts, noirs et sans sucre
La journée avait été rude. Pas que la journée, d’ailleurs. C’était une année de merde. Je commençais à voir le bout mais plus j’en approchais, pires étaient les embrouilles à démêler et chaque nouvel obstacle mettait en péril un peu plus dangereusement...
Quand je l’ai rencontré je l’ai pris pour un farfelu, un doux dingue inoffensif. Il était assis, emmailloté dans une dizaine d’épaisseurs de pulls en laine qui s’effilochaient tous plus ou moins et, de ses gros doigts aux ongles noirs qui dépassaient...
La première partie, c’est par là . Evidemment que j’allais accepter son affaire… quelle qu’elle soit, probablement, oui. Le bonhomme me plaisait et il avait l’air aussi sympathique et chaleureux que son fils était pédant et mauvais, alors j’avais bien...
Il faisait rouge. Ni jour, ni nuit. Entre chien et loup. Rouge. Depuis des heures, des jours, voire peut-être des semaines, je n’aurais pas su le dire. Un pâle soleil parvenait à donner par moment une impression de chaleur. Parfois les nuages couraient...
- Mais bien sûr que je comprends, Caroline, enfin… - Non, parce que la dernière fois que je suis venue pleurer à cause de lui, c’était en le traitant de salaud ! - Ben oui, mais avant qu’il se comporte comme ça, tu l’as aimé… - Oui… et puis bon, quelqu’un...
Elle Je le revois encore, cette première fois où j’ai croisé son regard. Je l’avais trouvé si beau. Je ne sais pas combien de temps j’avais passé là, dans ce couloir de métro, à le regarder jouer de cet improbable violon déglingué. Les gens passaient...
… ce mur n'était pas là hier… ou bien ?… mais non, il n'y était pas ! Par où je serais entrée sinon ? bien sûr qu’il n’y était pas… d’ailleurs c’est pas un endroit pour mettre un mur, un encadrement de porte. N’empêche, il est bien là. Han ! Han ! Aïe...
Les feuilles mortes ça m’a toujours foutu le bourdon. Enfin non, pas toujours, en fait. Quand j’étais gosse, j’adorais ça. L’espèce de petit jardinet qu’il y avait derrière la maison en regorgeait dès que commençait l’automne, parce qu’il était coincé...
faut-il être trop fière pas assez ou si peu et mettre en bandoulière son cœur faute de mieux ? faut-il être bien folle d’amour ou de chagrin pour accepter l’obole d’un chantre ou d’un vaurien ? faut-il être stupide ou bien désespérée pour se croire insipide...
Il est gentil lui. Je comprends pas bien ce qu’il dit, mais il est gentil. J’espère qu’après on pourra partir. Je sais pas pourquoi ils nous laissent pas tranquilles. Ç a fait trois jours déjà. Je suis fatiguée. Je comprends pas ce qu’on a fait de mal....
pour cette nouvelle année, penser à : moins manger (maigrir ?) moins picoler (m’aigrir ?) arrêter de veiller (dormir ?) ne plus rêver (grandir ?) cesser de pleurer (sourire ?) décolérer (sans bouillir ?) moins déprimer (mentir ?) moins dépenser (sans...
et je vais à nouveau sentir ta peau ton souffle tes yeux et à nouveau je vais aimer ta chaleur tes mots ton regard et un instant et une éternité je saurai que tu es ma vie et que je suis la tienne et une fois encore mes yeux dans les tiens liront l’amour...
Je ne sais pas combien de temps encore tout ça aurait pu durer. Je ne sais pas combien de temps encore j’aurais pu endurer ça. Il fallait que ça cesse. Les nuits sans sommeil à guetter le moindre bruit indiquant sa venue, la terreur et le dégoût de le...
Ah tiens, mais oui c'est le printemps pensé-je hier en empruntant un joli chemin empreint tant de charmes que de... euh... - D'oran-outangs? - D'oran-outangs? - Euh... ben ça rime. - Hm... - Euh... « de bons gros taons »? - Hmpf... faudrait quelque chose...
Un ami qui me veut du bien m’a dit ce soir que j’étais plus du genre à enterrer les cadavres qu’à fêter les nouveaux nés… Bon. Disons que ça mériterait sans doute d’être un peu nuancé, mais pour la circonstance précise dans laquelle il me l’a dit (encore...
La première partie, c’est par ici , la deuxième, par là . Et puis un jour j’me suis aperçu qu’elle commençait à perdre la boule. Au début c’était rigolo. Elle savait plus où elle habitait, mais les gens du quartier la connaissaient et elle allait jamais...
Ah ! quelle femme n’a pas rêvé de cette flamme qui m’a consumée… ? Le romantisme, ça ! j’en ai eu plus que ma part, vous pouvez me croire ! Des poèmes à rougir de plaisir, des vers à frémir de désir, des chansons qu’à mourir j’admire. Ce furent mille...
Bonjour mon ange… comment vas-tu ?... … Tu ne dis rien ?... Non, d’accord, ne dis rien si tu préfères. Mais, tu m’entends, hein ?... Oh amour… j’espère que tu te sens mieux… Tu ne m’en veux pas d’être venue, j’espère ? Tu sais, c’est difficile pour moi...
- T’as déjà fait ça, toi ? - Euh… une fois, ouais, mais bon… - Bon quoi ? - Mwof… ça s’était pas super bien passé. - Ah ? Pourquoi ? - Ben, si tu veux, c’est comme les couleurs, trop froid, ça lave pas ; trop chaud ça déteint. - Je vois pas l’rapport....
Oh non ! non, non !... pas encore ! C’est pas vrai… Oh quelle horreur ! Mais ça ne s’arrêtera donc jamais ! Mais qu’a-t-elle donc contre ces femmes ? Oh la la… Comment peut-on faire une chose pareille ? Comment y mettre fin ? J’ai tout essayé… L’enfermement...
la première parce que tu pars qui me plonge dans le brouillard la deuxième en un clin d’œil de mon rêve le doux linceul la troisième qui s’accroche au souvenir encore proche quatre cinq six au goutte-à-goutte une peine que je redoute la septième les yeux...
La première partie, c’est ici . La deuxième, là . Entre la divine Appoline et le chaleureux Victor – puisque désormais je l’appelais ainsi, le vieux – il me prenait le soir des envies de ronronner au coin du feu. Compte tenu des moyens mis à ma disposition,...
Avec ma bonne tête de mère de famille Rive Gauche, y a pas grand-monde qui me prête attention. Entre un vendeur de breloques à deux euros et un fourgueur de ferraille inutile je déambule, comme invisible... Selon mon humeur et mes envies, je furète plutôt...
Assez paradoxalement, je ne me suis jamais senti plus utile que depuis que je suis ici, sur cette étagère poussiéreuse dans l’obscurité d’une cave humide. Il faut dire qu’avant d’être arraché à mon milieu naturel et entreposé ainsi, j’étais affreusement...
« Ah mais chérie, je les aime, moi tes rondeurs ! »… Comment ai-je pu être aussi naïve ? Je le savais bien que les hommes ne disent ça que pour draguer mais n’en pensent pas un mot ! Ce que ça vous rend stupide, d’être amoureuse, quand même… Et puis c’est...