courts, noirs et sans sucre
… ce mur n'était pas là hier… ou bien ?… mais non, il n'y était pas ! Par où je serais entrée sinon ? bien sûr qu’il n’y était pas… d’ailleurs c’est pas un endroit pour mettre un mur, un encadrement de porte. N’empêche, il est bien là. Han ! Han ! Aïe !… Et solide, apparemment. J’arriverai à rien avec mes petits poings. Même très énervée.
Bon. Calme. Alors… La fenêtre. On est un peu haut, mais au moins je pourrai crier. Où elle est cette fenêtre ? Il fait sombre… ah ! Là… putain mais c’est quoi ça ? Murée aussi, la fenêtre ? Putain !! Non ! Bon. Calme. Il y a forcément une explication. Lumière. Tout paraît toujours plus flippant dans le noir. Alors… là. Ah. Evidemment. Pas de lumière. Bon… Alors. Réfléchis. Hier… oui, bon, dîner, télé, fatiguée, hmmmm bon, hop, au lit, dodo, réveil et… murs. N’importe quoi. C’est des choses qu’arrivent pas, ça, oh ! c’est n’importe quoi.
Bon. Calme. Téléphone ? Non, bien sûr, je l’ai pas là. Bon… ben je vais crier, hein.
Putain ! Avec le barouf que j’ai fait, si personne a réagi, là !… c’est peut-être une mauvaise heure. Les gens sont au travail. D’ailleurs il est quelle heure ? J’ai faim. J’entends rien. Même pas le bruit de la rue. Ça fait bizarre. Je sais pas quelle heure il est. Bon. Calme. Je vais attendre un peu et recommencer à crier. Tiens, m’allonger un moment, oui. Me calmer. Réfléchir. C’est n’importe quoi. Ça peut pas arriver des trucs comme ça. Calme.
J’ai dormi ? J’le crois pas, j’ai dormi ? Bon. C’était peut-être qu’un rêve à la con ! Ah ben oui !… Ah… ben non. Merde. Bon… Alors… Evidemment, si j’avais dormi à la cuisine… au moins j’aurais eu de quoi manger. Et puis des ustensiles pour l’attaquer, ce putain de mur. Mais non. L’a fallu que je dorme dans la chambre. Oui, bon, en même temps… Bien. Calme. Réfléchis. Il y a sûrement une explication logique et une solution simple.
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Aaaah… ça sert à rien mais ça défoule. Puis peut-être que cette fois quelqu’un m’aura entendue. Je vais taper sur les murs, tiens. Crier et taper partout. Ça me fera du bien, au moins. En attendant de trouver quelque chose de plus malin à faire.
Bon. Crevée, moi. Résultat nul. Mais j’suis crevée. Vais m’allonger encore un moment. Je sais pas quelle heure il est. J’ai super faim maintenant. Bon. Alors. Sont pas venus là tout seuls ces murs, hein. Alors… une blague ? Pourrie. Quelqu’un qui m’en veut ? Pffff… je suis bonne comme le pain, tout le monde le dit. Oh merde… c’est quoi ce merdier, putain ?! Oh la la… Calme. Il doit forcément y avoir une explication.
Oui. Bon. Ben explication ou pas, je vais pas rester là à rien faire, hein. Je vais crier. Encore. Et puis attaquer le mur. Oh ! j’ai un stylo dans la table de nuit… ça vaut pas une pioche, mais je crois que je trouverai rien de mieux ici. Allez. Trop la dalle. Peux pas attendre sans rien faire. Les gens vont bien finir par s’inquiéter mais d’ici là, faut que j’agisse sinon je vais devenir folle.
Pété mon stylo. Mal aux doigts. Fatiguée. J’y comprends rien. Pas des trucs qu’arrivent, ça. Calme… M’allonger un peu. KO. Comprends rien.
Oulla… mal à la tête. Toujours là les murs ? hm… Et pourquoi y a personne qui vient ? Allez. Crier. Gratter. Creuser. Taper. Faim.
Arraché tous mes ongles. Rien fait au mur. Vais mourir de faim. Sucé le sang au bout de mes doigts.
Epuisée. Gratter encore. Crier.
Vais mourir.
Comprends rien.
Y a kékunkimadi… ‘core une idée ? hm… ok, alors : « … ce mur n'était pas là hier… ou bien ?… mais non, il n'y était pas ! ». Et voilà.