courts, noirs et sans sucre
Ah ! quelle femme n’a pas rêvé de cette flamme qui m’a consumée… ?
Le romantisme, ça ! j’en ai eu plus que ma part, vous pouvez me croire !
Des poèmes à rougir de plaisir, des vers à frémir de désir, des chansons qu’à mourir j’admire. Ce furent mille bonheurs savourés, une sinécure pour mon cœur énamouré, une brûlure à mon âme passionnée.
Mais une fois, rien qu’une fois, que ne m’a-t-il offert une fleur ?
Oh ! pas une brassée d’orchidées, non. Pas un collier de vahiné. Et quoi ? Un bouquet de mariée ? Allons… non.
Rien qu’une fleur, point de gageure.
Une pensée ravie sur un balconnet fleuri. Cueillie au hasard, une tulipe dans un square. Ou tiens : en forêt, un brin de muguet. Fluette dans un champ, une pâquerette au printemps offerte entre ses dents !
Mais des dents je n’ai eu que le grincement.