courts, noirs et sans sucre
A ma fille, pendant la préparation de sa valise pour son départ en colo :
- Je te mets une enveloppe, si jamais tu veux m’écrire ?
A sa tête, je me suis souvenue de la dernière colo, au terme de laquelle elle m’avait rapporté l’enveloppe en question, intacte (« J’étais pas obligée de t’écrire… si ? »). Alors plutôt que de la laisser s’embourber dans des excuses vaseuses… ou être désagréable, j’ai pris les devants :
- Tu sais ma chérie, c’est seulement si tu as envie, hein ? Si tu m’écris, ça me fera plaisir, mais sinon ça n’a pas d’importance.
- Oui, hein, c’est une colo « poney », pas une colo « écriture »…
- Voilà, oui. Mais si jamais tu voulais m’écrire, ce serait dommage de ne pas avoir d’enveloppe…
- Je déteste ça, l’écriture…
Je n’ai pas insisté. Jusqu’à ce que je me rende compte que je n’avais pas de timbre, pour la fameuse enveloppe dont elle ne voulait pas. Je ne sais pas pourquoi je lui ai dit… Sans doute pour tester son aptitude à l’hypocrisie polie.
Elle est nulle.
Le lendemain matin, jour du départ, nous étions bien évidemment très en avance, alors j’en ai profité, en passant devant un tabac :
- Tiens, attends, je vais acheter des timbres.
Regard mi-moqueur, mi-compatissant :
- Toi, tu tiens vraiment à ce que je t’écrive, hein ?
- Non, mais peut-être que moi, j’aurai envie de t’écrire.
Sale gosse, va. L’an prochain je la colle chez les scouts.
Ajout de dernière minute : j’ai bien fait de lui filer l’enveloppe… elle me l’a renvoyée, et même pas vide :