Je me sens soudain affreusement mal. Sensation de fatigue insurmontable et le sommeil qui pourtant se refuse à mon être… Il me semble avoir compté quelques milliers de moutons, j’en ai même reconnus qui sont passés plusieurs fois, j’ai fait environ deux-cents fois mes exercices de relaxation, j’ai respiré par le ventre à m’en faire péter le diaphragme, j’ai pris deux somnifères et un lexomil, à moins que ce ne soit le contraire, mais rien n’y fait. Je sens mon corps tout entier appeler le sommeil et souffrir de cette fatigue épouvantable que rien ne soulage. Et puis vient l’angoisse, une angoisse comme seule la nuit peut en générer, quand l’obscurité et le silence semblent vous souffler à l’oreille que c’est sans espoir, que rien n’ira jamais mieux, qu’il vaut mieux céder au malheur et à la désolation, que la lutte est vaine… mais tout ça est trop pour moi, j’étouffe, je suffoque, dans un dernier sursaut je crie et me redresse et… Pfiou. Ce n’était qu’un rêve.
Je me rallonge et me rendors aussi sec de ce sommeil de plomb dont je n’ai jamais manqué.
Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème de l’insomnie.