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courts, noirs et sans sucre

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hot valentine

 

C’était une bombe.

Pas une fille qui inspirait de longs moments de tendresse, suspendus dans le temps, votre regard solidement ancré dans le sien, sa main dans la vôtre et au bord des lèvres le souffle rêveur d’une invitation à la romance poétique au clair de lune.

Non.

Cette fille… Si vous cherchiez ses yeux pour y accrocher les vôtres et lui montrer sans un mot la profondeur de votre âme, elle s’arrangeait pour faire entrer ses seins dans votre champ de vision et vous montrer la profondeur de son décolleté.

Et je ne dis pas ça parce qu’elle avait de scandaleusement beaux seins ronds et fermes, dont les tétons pointaient fièrement vers le ciel en une promesse silencieuse de débauche divine.

Non. Vraiment.

Elle ne voulait pas de mots doux. Pas de regard langoureux. Pas de doigts qui s’entrecroisent maladroitement sur la table ou de genoux qui se frôlent timidement dessous.

Et je ne dis pas ça parce que dès l’apéro, j’avais déjà envie de la sauter. Pour être exact, elle était même la femme que tous les hommes rêvent de sauter dès leurs premiers émois érotiques et solitaires de l’adolescence.

Non. Si je dis ça, c’est qu’avant qu’on ait fini l’entrée, elle avait déjà son pied sur mes couilles et n’a cessé de me les caresser jusqu’à l’addition. Sauf quand elle s’est levée pour aller faire pipi. J’étais dans un tel état d’excitation que j’ai même eu le début d’une éjaculation quand elle a dit « faire pipi » avec son petit nez coquin qui s’est retroussé sur un sourire lubrique. Et oui, là je dis « lubrique » uniquement parce que j’étais déjà au bord de l’explosion.

En se levant, elle a fait tomber sa serviette. Je me suis baissé pour la ramasser et, avant que j’aie pu me relever, elle avait enfoncé ses doigts dans mes cheveux et plaqué mon visage tout contre son sexe, avec un petit couinement qui, j’en suis sûr, a rendu fous de désir tous les hommes du restaurant et la moitié des femmes. Ça n’a duré qu’un instant, mais j’ai eu le sentiment d’avoir connu le bonheur éternel.

J’ai regardé son formidable cul et le fantasme universel qu’il incarnait s’éloigner, avec regret et soulagement. Il me fallait une pause si je ne voulais pas ne décharger que dans mon caleçon ce soir.

Pendant sa courte absence, j’ai lutté de toutes mes forces pour ne pas imaginer toutes les choses salaces et affriolantes qu’elle faisait probablement aux toilettes et je me suis astreint à boire très vite plusieurs verres de vin pour essayer de débander et offrir à ma bite un répit salutaire, parce que je ne m’étais jamais posé la question jusque là, mais à cet instant précis j’avais acquis la certitude qu’on pouvait mourir d’une érection prolongée et non soulagée.

J’avais à peine eu le temps de me détendre un peu quand elle est revenue et j’ai tenté de lancer une conversation totalement dénuée de toute connotation sexuelle, mais il était impossible de rester insensible longtemps aux délices promises par ses lèvres charnues et gourmandes. Et je ne dis pas ça parce qu’à chaque fois que mes yeux quittaient ses seins et tombaient sur sa bouche, j’avais une furieuse envie d’y coller la mienne et de l’embrasser comme s’il en allait de ma vie. Non.

Je dis ça parce que sans cesse sa langue allait et venait le long de ses lèvres brillantes, en une invitation à peine déguisée à lui dévorer la bouche.

Je l’ai raccompagnée chez elle d’une démarche mal assurée, sous le double effet de mon ébriété avancée et de mon érection que tout l’alcool ingurgité n’avait pas apaisée. Elle m’a bien entendu proposé un dernier verre et j’ai bien entendu accepté.

« Jamais le premier soir », c’est un truc de filles, alors quand c’est la fille qui t’invite, une main sur ton entrejambe, à monter chez elle, tu ne fais même pas semblant de réfléchir avec autre chose que ta bite et tu vas tirer ce qui s’annonce comme le meilleur coup de ta vie.

Dans son salon, elle m’a dit de me mettre à l’aise avant de s’éclipser. J’ai enlevé ma veste et je me suis assis bien au fond du canapé, en essayant de penser à une vieille femme moche pour ne pas céder à une pulsion animale et me jeter sur elle brutalement pour la sauter par terre au milieu du salon dès qu’elle réapparaîtrait.

Ce n’est pas parce que la plus belle et la plus chaude des filles qu’il m’ait été donné de rencontrer venait de me faire monter chez elle après avoir passé la soirée à me malaxer les couilles qu’il fallait que je me comporte comme un sauvage pour autant. J’ai quand même eu du mal à ne pas me ruer sur elle quand elle est revenue entièrement nue, son corps en tous points fidèle aux merveilles que j’avais imaginées en reluquant son décolleté toute la soirée.

Je n’ai pas tout de suite vu ce qu’elle tenait à la main, mais je dois avouer que ce n’est pas ce qui avait attiré mon attention de prime abord, concentré comme je l’étais sur le galbe de ses hanches qui appelaient l’étreinte musclée. J’ai été surpris autant qu’amusé quand elle m’a tendu le rasoir en me disant « Epile-moi la chatte ».

J’ai hésité un instant, c’était inédit, mais tout dans cette soirée ressemblait à un fantasme improbable alors je me suis plié à son étonnante exigence et j’ai commencé à passer le rasoir sur son sexe.

Je ne sais pas quel cheminement tortueux mon esprit a bien pu suivre, mais au premier trait pâle que j’ai fait apparaître au milieu de la sombre toison de ma tigresse qui ronronnait, une image s’est imposée à moi. J’ai essayé de la chasser sans tarder, mais je ne voyais plus ni sexe moite et gourmand, ni poitrine généreuse et offerte, mais mon père. Mon père qui passait la tondeuse, consciencieusement, en suivant des lignes bien parallèles depuis le fond du jardin de mon enfance jusqu’à la terrasse, ne s’autorisant un petit crochet que pour contourner le puits en pneus que son père avait installé peu de temps avant sa mort et que jamais, jamais, mon père n’aurait osé déplacer, même s’il l’empêchait de tondre bien droit et bien parallèle. Papa.

J’ai senti mon regard se brouiller un peu à l’évocation de ce joli souvenir. J’ai regardé la chatte sous mon nez, les seins, les lèvres, les cuisses, le ventre… Rien. Plus rien. Rien que le ronron de la tondeuse, Papa et le puits en pneus.

 

J’ai compris que j’étais un indécrottable romantique et que cette fille n’était pas pour moi. J’ai bredouillé une excuse et je suis rentré chez moi feuilleter de vieux albums photos.

 

 

 

 

 

Merci à Rooooomain pour sa délicieuse anecdote !

 

 

 

 

 

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Z
<br /> comme souvent je ponctue la fin de ma lecture d'un NON !!!???!!! incrédule<br /> play boy ou vieil album photo choix cornélien ...<br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> ouais... je crois qu'à part Corneille y a pas grand monde qui hésiterait. En même temps, je peux pas dire, je ne suis qu'une femme.<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> Les puits en pneus me font aussi de l'effet ! Gerber, surtout ! Et ciel, où est passé mon Freud ? Pas de sang cette fois ci, mais c'est très subtil, bravo !<br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> ouais, non, je sais pas ce qui se passe, je ne suis pas très sanglante en ce moment...<br /> <br /> <br /> Merci !<br /> <br /> <br /> <br />
B
<br /> bravo pour la chute, on n'aurait pas cru!<br /> <br /> <br />
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W
<br /> Une fin d'un trait tiré au cordeau.<br /> Enfin, ç'aurait pu être sanglant avec l'apparition de ce rasoir et l'intérêt de la gamine pour les valseuses. Sanglant, mais moins drôle.<br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> mais peut-être plus crédible ? Je ne suis pas sûre que beaucoup d'hommes seraient partis.<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> Ahahahah, le nombre de déçus pour le coup! (enfin, pour celui qui n'a pas eu lieu)<br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> le coup de rasoir fatal ? ouais, je sais, un moment de faiblesse...<br /> <br /> <br /> <br />