courts, noirs et sans sucre
La nuit dernière, j’ai fait un rêve génial.
Je squattais un appartement immense et magnifique, mais j’étais traquée, pour une raison qui s’est perdue au réveil, par d’affreux méchants aux intentions indéniablement hostiles et je m’enfuyais par des escaliers secrets cachés dans un placard, jouant ma vie à chaque marche que je dévalais, jusqu’à tomber finalement sur le voisin du rez-de-chaussée et finir en chabadabada, les yeux dans les yeux dudit voisin, qui n’était autre que Hugh Laurie, alias Dr House, alias un de mes fantasmes inavouables. Je me suis réveillée en ayant l’impression d’avoir vécu une superproduction hollywoodienne.
La soirée qui avait précédé ce rêve, j’avais vu « Un tramway nommé désir » (1) au théâtre et lu James Ellroy pendant l’entracte.
Aujourd’hui, je suis allée au théâtre « en matinée », c’est-à-dire à 15 heures, parce que ça m’arrangeait et les places étaient moins chères. Je m’attendais à ce que le public soit composé de vieux et de pauvres, mais il faut croire que les pauvres ne vont pas au théâtre. Ou qu’ils ne sont pas si pauvres qu’ils veulent le faire croire. Quoi qu’il en soit, il n’y avait que des vieux. Réglage de sonotones pendant toute la première demi-heure, début des ronflements au bout de 45 minutes, murmure à chaque réplique (« Qu’est-ce qu’il a dit ? » / « Je sais pas, j’ai pas entendu ») et, bien évidemment, pas de standing ovation, parce qu’entre l’intention et l’action, les comédiens avaient quitté la scène et les lumières s’étaient rallumées. La pièce, « Diplomatie » (2), traitait de cette nuit au cours de laquelle l’officier allemand qui devait détruire Paris a finalement décidé de ne pas le faire.
Je me demande de quoi je vais rêver cette nuit, mais j’ai bon espoir pour un grand feu d’artifices à base d’explosions de vieux en plein vol, lancés du haut de la Tour Eiffel en flammes. Ça devrait être bien aussi.
(1) Un tramway nommé désir à la Comédie française jusqu’au 2 juin, avec (entre autres) Anne Kessler, Eric Ruf (mmmm… Eric Ruf…) et Françoise Gillard. Génial.
(2) Diplomatie au théâtre de la Madeleine, avec Niels Arestrup et André Dussolier. Deux monstres superbes.