courts, noirs et sans sucre
J’arrive sur la plage, paisible, la mer est d’un calme remarquable. Le léger clapotis des vagues ne parvient pas à perturber le silence que même les mouettes semblent respecter. Je m’approche un peu de l’eau, m’imprègne de l’atmosphère douce du lieu…
- Alors, Moïse, qu’en penses-tu ?
Ce que j’en pense ? Ma foi… J’en pense qu’il est trop tard pour reculer. C’est allé trop loin. Pas moyen de me dérober. Je tais mes doutes et mes angoisses, il me faut aller au bout sans faillir, sans ciller.
- Moïse ? Il va être temps, maintenant.
Bien sûr. Avant que la horde de mes persécuteurs n’arrivent et ne mettent à mal ma détermination… Je regagne donc les rochers, grimpe en haut de la falaise qui surplombe l’océan… Je m’approche du bord, contemple un instant les flots que n’agite pas encore le vent, je ferme les yeux. Et je me lance.
Je crois mourir. De peur, puis de honte d’avoir aussi peur et, en quelques secondes, mon cœur et mon âme connaissent une palette inouïe d’émotions intenses, violentes, douloureuses, et…
Plouf. C’est fait. C’est fait et je sais que jamais, plus jamais, je n’entendrai :
- Moïse ? Cette poule mouillée ? Faudrait un miracle pour qu’il ose sauter de la falaise !
Ecrit pour Kaléïdoplumes, sur la consigne : « Vous débarquez sur une plage. (…) Vous ne le savez pas encore, mais aujourd’hui vous réaliserez un miracle ».