courts, noirs et sans sucre
Cinq ans.
Pas grand-chose à l’échelle d’une vie ? A l’échelle de la mienne, si, putain ! J’ai 23 ans, alors 5 ça fait un qua… euh… ouais, ça fait vachement, quoi, merde ! Et puis c’était pas n’importe lesquelles, ces cinq années, c’était les premières de ma vie d’adulte…
J’étais qu’un marlou de quartier, un petit branleur – petit, surtout – avec une gueule d’ange… Ah ça ! Je plaisais aux minettes du voisinage, sûr ! Tout ce qui avait entre 12 et 16 ans et des seins naissants était dingue de moi. Ou quasi. Mon coté petite frappe plaisait même aux filles à papa, elles adoraient mes yeux bleus et mes airs poupons…
Cinq ans ! J’aurais pu en faire des trucs. Si ça se trouve j’aurais peut-être même pu apprendre… je sais pas, un métier par exemple ! Au lieu de ça j’ai appris à me faire enculer sans pleurer et à trancher une carotide d’un seul coup de lame. Alors qu’au départ je savais juste voler des voitures et encore, pas très bien, vu comme je me suis fait gauler.
Cinq ans. C’est cher payé pour trois voitures même pas neuves.
Et j’ai la gueule beaucoup moins angélique avec la cicatrice qui me barre la joue, maintenant. Alors qu’est-ce que vous voudriez que je fasse, hm ? Je n’étais pas grand-chose en entrant, je ne suis plus rien et la seule chose que je sache faire, c’est tuer.
Je sors demain.
Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « Cinq ans ».