courts, noirs et sans sucre
Après un article sur les vibromasseurs et un sur les talons aiguilles, j’étais bien décidée à lancer une nouvelle ligne éditoriale, pour explorer l’inépuisable source d’inspiration que constituent « les accessoires féminins ».
J’avais déjà dans l’idée, par exemple, d’évoquer le problème des huiles essentielles et autres substances « écolo-zen-mon-cul », supposées vous détendre, recentrer vos chakras de morue, (OK, je retire « de morue », ’scusez), vous faire perdre du poids, vous rendre heureuse et guérir le rhume, mais qui, pour l’essentiel, ne servent qu’à agresser les odorats non entraînés et engraisser les parapharmaciens, néo-gourous de toute une génération de névrosées.
Je voulais aussi aborder la question du mascara waterproof. Utile à la piscine pour la pratique en compétition de la natation synchronisée et en cas de grosse suée (mais à ce point, n’est-ce pas excès de coquetterie de se soucier de son maquillage ?), il plombe en revanche tous vos effets quand vous jouez la femme blessée et les sanglots dignement retenus, que seul un fin trait noir dégoulinant bien malgré vous le long de votre joue tremblante pourrait trahir.
J’avais envie également de vous parler de Pilates – rien à voir avec Ponce, même si ça vous fait des muscles en pierre (ah ah ah) – et dans la foulée de ceintures vibrantes ou électro-stimulantes et autres merveilles qui font mincir, durcir, polir, reluire, etc.
Et puis il y a les bidules qui font gling-gling, à accrocher aux sacs ou aux téléphones, les bidules pour accrocher les sacs eux-mêmes (j’ai pas bien compris où, mais je n’aurais pas hésité une seconde à enquêter pour vous livrer l’information), les bidules qui sont comme des sacs, mais qui vont à l’intérieur des sacs qui eux, en sont vraiment (oui, bon… là aussi j’aurais creusé) et…. bref. Déjà des tas de bons sujets qui se bousculent et pourtant, pourtant, ils ne sont guère que la surface de ce puits sans fond qu’est le grand marché aux conneries coûteuses et inutiles qui vident vos poches et remplissent vos placards au gré des modes et du vent. Une belle perspective de renouveau de mon écriture semblait s’offrir à moi.
Et puis en fait je me suis aperçue que ça me faisait chier alors, à la place, je me suis fait une peinture de guerre avec un vieux rouge à lèvres, daté au carbone 14 à l’époque post-adolescente, mais de peu, et oublié au fond d’un tiroir, j’ai fait deux-trois étirements pour pas me froisser un muscle bêtement et je suis allée me faire un sophrologue, dealer d’encens, en lui faisant avaler 4 litres et demi d’huile de ricin artisanale, 2 d’huile de vidange et quelques-uns d’huile de coude, histoire de pas rentrer frustrée non plus, sinon ça me déglingue le karma et après je dors mal.
Je vous annonce donc la mort de poupouf et le retour de poupoune.
illustration "pouf" : miss malice