courts, noirs et sans sucre
Avez-vous déjà observé ce phénomène étrange autant qu’amusant qui donne aux femmes, de prime abord normales, cette étonnante et improbable démarche : buste droit penché en avant, reins creusés, cul forcément en arrière et genoux pliés ?
Ça s’appelle la talonnite aigue. Ou aiguille, c’est selon.
Je ne suis pas experte en matière de mode ou d’attributs féminins, mais j’ai observé que la hauteur limite, le point de rupture au-delà duquel la démarche devient ridicule, semble être variable selon les individus. Certaines femmes supportent très bien des hauteurs vertigineuses tandis que d’autres plient et peinent à partir de quelques petits centimètres. Pas de règle absolue, donc, mais franchement, mesdames : jetez simplement un œil à votre allure quand vous voyez votre reflet dans les vitrines ! Cette marionnette maladroite juchée sur ses baguettes fragiles qui semble sur le point de s’affaler, menton en avant, c’est vous ! Et si vous ne vous rendez pas compte vous-mêmes, demandez autour de vous…
S’il est évident que le talon affine et allonge la silhouette tout en accentuant le galbe de la jambe pour qui sait le porter, il devient votre pire ennemi s’il dépasse votre hauteur limite, à partir de laquelle on a l’impression que l’aiguille n’est pas au talon, mais plantée dans votre fessier jusque loin dans votre dos, vous obligeant à cette inclinaison dangereuse et risible du buste vers l’avant.
Enfin je dis ça… ce n’est que pure compassion, mon côté cœur tendre. Parce que tant que les femmes qui sont prêtes à se torturer pareillement commettent ce genre d’erreurs de calibrage de leurs échasses, ça laisse à celles qui ne s’élèvent guère une chance d’être encore regardées dans la rue, malgré la platitude de leur démarche… alors faites donc, hein !