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courts, noirs et sans sucre

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On joue au docteur

  

Il m’est arrivé un truc terrible.

Je suis allée chez le médecin. Un généraliste, bêtement, pour pas grand-chose, mais je ne suis pas allée chez mon médecin habituel, pour une sombre histoire d’incompatibilité d’emploi du temps sans intérêt, mais chez un médecin au hasard pas trop loin du boulot.

Jusqu’à présent, les rares médecins que je suis allée voir sont : 1) ceux que j’allais voir avec Môman quand j’étais petite, 2) ceux que j’ai élus en quittant Môman alors que j’étais encore étudiante. Si bien qu’à ce jour, il ne m’est jamais arrivé de tomber sur un médecin qui ne soit pas vieux. Par rapport à moi, du moins.

Alors quand je suis entrée dans le cabinet de ce nouveau médecin pour découvrir un homme non seulement jeune, mais aussi franchement beau et au charme désarmant, j’ai d’abord cru que c’était le patient précédent qui n’était pas encore sorti. Quand j’ai réalisé qu’il s’agissait en fait bel et bien du docteur, un docteur digne d’un casting de série hospitalière américaine, j’ai totalement manqué de présence d’esprit – un truc qui arrive souvent aux jeunes femmes en présence de jolis messieurs, mais je n’ai plus l’âge de ces bêtises, alors je ne comprends pas du tout ce qui s’est passé – et au lieu de m’inventer un mal bénin à l’oreille ou à la gorge, j’ai donné la vraie raison de ma visite, si bien que ce qui ne devait surtout pas arriver arriva : « Déshabillez-vous s’il vous plaît ».

 

Avant d’aller plus loin, une ou deux petites précisions s’imposent : j’ai tout à fait conscience de ce que je peux et ne peux pas me permettre de porter à mon âge et compte tenu de mon physique, mais je sais aussi qu’il ne m’arrive jamais d’avoir à me montrer en petite tenue à un homme jeune, beau et sexy sans que cela soit suffisamment prémédité pour que je ne fasse pas d’erreur rédhibitoire. Je rappelle donc que ce rendez-vous et surtout ce putain de beau toubib étaient, l’un comme l’autre, totalement imprévus.

 

Et me voilà donc coincée, devant le beau gosse de l’année, incapable de trouver une raison valable à invoquer pour ne pas me déshabiller, alors qu’en plus de quelques kilos en trop, d’un manque évident d’activité sportive depuis deux ou douze ans et d’une épilation très approximative, je porte un string Hello Kitty.

Vous me direz, déjà, au moins, j’en portais un, certes… Mais vous ne pouvez pas ne pas comprendre le degré d’humiliation atteint, à l’instant précis où le joli docteur, aimable et bien élevé en plus d’avoir les plus beaux yeux du monde, a commencé à me palper le gras du bide en faisant semblant de ne pas avoir remarqué le string.

Et le pire, c’était de me dire qu’il ne faisait peut-être même pas semblant. En basculant du côté des patients plus âgés que leur médecin, j’avais peut-être également basculé du côté des femmes que les jeunes gens ne regardent plus vraiment comme des femmes, mais comme des amies de leurs mères.

Je n’ai aucun problème avec mon âge. Pas plus qu’avec mes strings, d’ailleurs. Je ne les porte ni l’un ni l’autre pour séduire, mais simplement parce que je m’y sens bien. Pour autant, me coller comme ça la honte gratuitement, juste par plaisir parce qu’on a une gueule à faire mouiller les femmes sur trois générations rien qu’en les regardant, c’est petit.

Il palpait toujours, en remontant vers ma poitrine. Je n’avais pas le soutien-gorge assorti au string et je me demandais si ça arrangeait ou aggravait mon cas, quand j’ai réalisé que ça aussi, manifestement, il s’en foutait.

Alors je me suis redressée, j’ai coincé sa jolie main de joli médecin entre mon vilain soutien-gorge et mon string ridicule et, prisonnier de mes seins et de mes bourrelets, il a assisté impuissant au broyage de ses os.

 

Du coup, il n’a pas pu me rédiger d’ordonnance, mais finalement je n’avais rien, alors ça va.

 

 

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C
:-))))<br /> leçon n°94, je ris encore.
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C
Démasquée pour H&M. Ben quoi, la grande classe toujours. Les Aubadiennes peuvent aller se rhabiller!
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P
<br /> <br /> Leçon n°94 : oser le rouge.<br /> <br /> <br /> http://www.dvfstore.com/images/unita/IMG_7654.jpg?osCsid=90e794d6cf8149db39efaa73784209d3<br /> <br /> <br /> <br />
O
Trop forte !
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P
<br /> <br /> C'est ce qu'il a dit aussi ;o)<br /> <br /> <br /> <br />
C
Tu me fileras son numéro pour quand j'aurais fini mon régime ?
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P
<br /> <br /> Tu penseras à bien choisir ta culotte, hein ?!<br /> <br /> <br /> <br />
C
Au fait à propos de dessous délirants, j'ai ramené d'Italie, de Milan capitale de la mode, à mon hom un boxer avec une vache (pourquoi c'est une autre histoire) qui faisait la fiesta et beuglait<br /> let's party et dessus un pin's qui clignotait et démarrait sur un jingle endiablé. Commentaire sans appel de mon père : "ces italiens que de la gueule..."<br /> <br /> bref...
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P
<br /> <br /> Alors oui : le choix du boxer-vache clignotant est troublant... mais plus troublant encore : dans quel contexte ton père a-t-il bien pu voir "la chose" ??? ;o)<br /> <br /> <br /> <br />