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courts, noirs et sans sucre

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Oh le bio panier !

 

J’ai commandé un panier bio.

Mais si, vous savez, ce truc très bobo qui consiste à se faire livrer des légumes cueillis avec amour par Roger et Fernande, agriculteurs à Je-ne-sais-où-en-Brie – ou ailleurs, de l’autre côté du périph’, en tout cas – pour un prix pas vraiment intéressant, mais c’est livré au bureau (j’te jure !) et avec un peu de chance ça aura même un peu de goût… Pourquoi j’ai fait ça ? Je ne sais pas. Une impulsion. Le même genre d’impulsion qui te fait prendre un abonnement pour la salle de sport alors que tu sais très bien que tu n’iras pas plus de deux fois – et encore, s’il ne pleut pas et si t’as pas oublié de ne pas mettre ton slip moche, parce que sinon même pas en rêve. Bref. J’ai donc reçu mon panier bio. Quatre kilos en tout : trois kilos de légumes et un kilo de terre, sinon ça fait pas terroir. J’ai déjà longuement hésité à les laver, de peur de boucher mon évier et d’y voir s’épanouir une colonie de vers de terre. Alors j’ai attendu et, à la faveur de la nuit, j’ai secoué mes légumes un par un à la fenêtre pour dégrossir avant de les passer sous l’eau. Après, j’ai essayé de les identifier… Les carottes, facile. J’ai eu un doute en voyant la quantité de verdure qu’elles avaient aux fesses (fallait-il en faire quelque chose ?) mais pour le côté orange j’étais au point : on épluche, on mange. Le reste du panier en revanche… Je n’avais pas eu affaire à une salade qui ne soit propre et ensachée depuis les années quatre-vingt-dix. J’avais du mal à savoir si la chose verte et longue qui en d’autres circonstances aurait pu me faire rêver était un concombre ou une courgette. Les tomates, quoique rouges et, pour cette raison, facilement identifiables, avaient une forme totalement inédite. Ma fille a reconnu un brocoli dont je me demande encore ce qu’il aurait fallu que j’en fasse si elle avait émis l’envie de le manger (le mettre dans l’eau ? le four ? une poêle ?) et je ne sais toujours pas ce qu’était le reste des légumes de mon panier bio. Autant dire que je n’ai pas su les préparer.

Oh, bien sûr, j’ai essayé, mais aucune de mes expériences ne m’a convaincue au point de renouveler ma commande. J’étais sincèrement désolée pour Lucien et Raymonde de Quelque-part-sur-Marne, mais on n’allait pas pouvoir faire affaire… Que je croyais du moins, jusqu’à ce que le chant des sirènes me souffle à l’oreille qu’il existait aussi des paniers de fruits. Je me suis laissée tenter, n’écoutant que mon grand cœur, ma soif de nature fondant sur mes papilles et mon amour bien connu pour le terroir et la préservation de l’espèce (des agriculteurs).

Ainsi donc, j’ai reçu mon deuxième panier bio, plein de bons fruits de producteurs locaux, respectueux de l’environnement, amoureux de la terre, joviaux et parfaitement pittoresques. Cette fois, j’ai tout reconnu. Pommes, fraises, melon, cerises, bananes… et je savais tout manger. Je savais très bien ce qui s’épluchait, ce qui se lavait, ce qui se dénoyautait, ce qui s’épépinait, ce qui… Bref. Jusqu’à ce que le doute m’étreigne. Des bananes ? Dans mon panier bio de Jean-Paul et Lucette agriculteurs à Trou-Du-Cul-Lès-Meaux ? Sans déconner ? Je ne suis pas spécialiste, mais je serais presque prête à parier que la banane ne se cultive pas en banlieue. Même en banlieue sud. Ni même, allez, soyons fous, dépassons les limites du RER, lançons-nous avec le TER voire, pourquoi mégoter ?, le TGV et allons jusqu’au Sud de la France ! et même là, au bout du bout de là où il fait chaud et où les gens parlent avec l’accent qui chante et les cigales qui font crrrrrri-crrrrrrri, même là, donc, je ne suis pas sûre qu’on cultive la banane.

De fait, après vérification, c’était marqué, les bananes venaient de République Dominicaine.

Alors que les choses soient claires : j’aime les bananes. Et j’aime aussi la République Dominicaine. Et les bananes (origine Rép. Dom.) de mon panier bio de Fernand et Paulette agriculteurs à Va-Savoir-Où-Sur-Seine étaient délicieuses. Mais franchement… Franchement ?! Pourquoi nous bassiner avec des « gnin gnin gnin fruits de saison » et des « blablablas producteurs locaux » si c’est pour coller un kilo de bananes dominicaines dans mon panier bio, alors que je visualisais déjà Robert et Monique, palpant et observant avec soin chaque fruit qu’ils choisiraient de cueillir – ou pas – pour le déposer ensuite avec émotion dans le petit panier qui ferait bientôt le bonheur d’une citadine attendrie à l’idée de ces paysans bourrus, mais chaleureux, tout entiers dévoués à cette noble tâche qu’est la sustentation de la parisienne bobo, hein, pourquoi ?!

Au lieu de cette belle image très « 13 heures de TF1 » pour accompagner ma dégustation, je me suis vue tenant le fouet pour faire trimer de jeunes haïtiens non déclarés sous le cagnard caribéen… Ça m’a presque gâché le banana split. Alors c’est décidé, la prochaine fois que je vais me dorer la pilule sur une plage (privée) en République Dominicaine, je ferai l’excursion « découverte d’un marché typique » et j’y achèterai des bananes au prix de celles de mon panier bio. Ou bien je les échangerai contre des fraises. De Leader Price. Pour ne pas mêler Roland et Josette à ma démarche contestataire.

 

 

 

 

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C
Pour les fruits j'ai pensé la même chose en voyant des produits normaux et les mêmes version bio de république dominicaine. ça m'a fait sourire mais comme je ne suis pas une adepte du bio. :P
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C
Jean Pierre Pernaud s'était encore fait la malle avec ses paniers bio et ses belles images d'épinal à clocher de village. Bon, ben va pour le KFC alors :D (qui parle de fraises? c'est mââââl les<br /> fruits!)
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P
<br /> <br /> Bon : KFC pour toi, Mac Do pour moi. Nous avons un problème de fond, toi et moi, à ce sujet, mais par chance un consensus autour de la fraise !<br /> <br /> <br /> <br />
O
Ce qui est émouvant dans le panier bio, c'est de penser aux ongles du paysan avec plein de terre dessous et qu'il a du mal pour tout oter même avec le gros savon de Marseille posé sur la margelle<br /> de la fontaine devant la ferme où l'eau coule toute l'année sans interruption, là où le troupeau vien s'abreuver avant de rejoindre l'étable pour la traite... Enfin, tu vois, quoi.
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P
<br /> <br /> Voilà, c'est exactement ça ! Faut être clair : c'est au moins la moitié du plaisir... Je suis heureuse que tu me comprennes...<br /> <br /> <br /> <br />
N
bah en commençant par la fin, le suspens est flambé, on sait que les paniers bio et toi c'est fini...alors qu'en commençant comme il se doit par le début, purée...bah dès le titre on sait déjà que<br /> le panier bio et toi c'est fini aussi...alors oui finallement quel que soit le bout par lequel on le prend...mais quelle idée aussi de prendre un panier bio?!!@@
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P
<br /> <br /> Oui, la vraie tension de ce récit, c'est pas "une histoire est-elle possible entre le panier bio et elle?" mais bien plutôt "pourquoi, POURQUOI un panier bio ? et la prochaine fois, ce sera quoi<br /> ? Une semaine de camping dans une ferme pédagogique ? un stage "fleuriste" ? une formation à la cueillette et l'identification des champignons ? JUSQU'AU IRA-T-ELLE ?"<br /> <br /> <br /> <br />
N
un bon petit lol de fin d'aprem qui met une de ces bananes...
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P
<br /> <br /> Et la banane, c'est par les deux bouts, hein... alors relis ce texte à l'envers et tu verras, c'est encore plus drôle... Mouais, non, p't'être pas en fait.<br /> <br /> <br /> <br />