courts, noirs et sans sucre
J’ai encore rêvé de lui.
Ça arrive de loin en loin, sans que j’aie la moindre idée de la raison pour laquelle après tout ce temps et surtout toute cette distance entre lui et moi, c’est encore de ses beaux yeux et de son sourire que je rêve.
Franchement, s’il me proposait de nouveau la botte aujourd’hui, je crois que je refuserais.
Enfin non, évidemment, je ne refuserais pas, mais disons que si j’avais un peu de fierté, de jugeote et de plomb dans la cervelle je refuserais.
Disons en tout cas que, dans l’hypothèse où j’aurais la bonne idée de ne pas oublier tout à la fois le passé, le présent et l’avenir pour me concentrer exclusivement sur son joli regard et son sourire - ah ! ce sourire… - au moment où il viendrait de nouveau me proposer la botte, c’est sûr que je refuserais. Ça fait pas un pli.
Mais il convient peut-être à ce stade de mes élucubrations de noter qu’il n’a pas et qu’il n’envisage sans doute pas de m’entreprendre à nouveau, alors il n’est pas nécessaire de débattre plus avant de cette question.
Revenons-en donc à mon propos de départ : j’ai encore rêvé de lui.
Et comme à chaque fois, c’était sexuel.
Enfin quand je dis sexuel… On ne rêve jamais très au-dessus de sa condition, hein, alors c’est toujours sexuel soft, mais… bon, disons que c’est coquin, quoi, l’avantage de ce mot étant que chacun y met ce qu’il veut sans que j’aie l’air d’avoir moi-même voulu faire croire à une débauche sexuelle orgiaque.
Bref.
Qu’importe la teneur exacte en érotisme de mes rêves, l’important est que leur effet est immanquablement le même à chaque fois : dès le lendemain, je ne peux plus croiser ce mec, même de loin pour peu qu’il me fasse cette œillade dont il a le secret, sans rougir comme une pucelle. Et c’est très gênant. J’ai l’impression de suer le désir par tous les pores, comme si la proximité de son corps mettait le mien dans un émoi tel que quiconque passant par là ne pourrait que constater que je suis comme une chatte en chaleur ronronnant dans l’espoir de faire remuer une queue.
Non, vraiment, c’est très gênant.
Je n’ai pas trouvé le remède pour contrôler mes rêves et l’en tenir éloigné, quant à la solution qui permettrait de ne plus le croiser dans la vraie vie, elle paraît un peu trop coûteuse et complexe à mettre en œuvre pour éviter un type qui ne m’a même pas fait souffrir, qui ne me fait plus envie et à qui je ne fais plus envie non plus.
J’ai tenté un moment de cesser de dormir aux heures auxquelles j’avais l’impression de rêver, mais à part me faire passer quelques nuits blanches, ça n’a servi à rien. Alors j’ai essayé de m’assommer à l’alcool, au valium et aux somnifères avant d’aller me coucher, mais ça a été pire que tout : mes rêves n’étaient plus seulement érotiques, ils se sont transformés en tableaux vivants de Jérôme Bosch, c’était épouvantable sans pour autant calmer mes accès fébriles face au tombeur de mes nuits agitées.
J’ai bien pensé démystifier en prenant le taureau par les cornes – en l’occurrence plutôt par la queue – mais à quoi bon ? Ce mec n’est pas un fantasme, c’est un ex. Et il n’y a rien à démystifier, je sais déjà qu’il n’est pas le coup du siècle. Sans compter que rien n’indique qu’il se prêterait de bonne grâce à cette tentative de démystification.
Alors ce soir, je vais essayer un nouveau truc…
NB : la dernière fois que j’ai mis une photo de sex toy, j’ai eu plein de visites et de commentaires, alors comme la fréquentation de ce blog laisse un peu à désirer, je retente le coup. Que ceux qui attendaient de moi un peu de finesse et d’élégance me pardonnent. Mais maintenant, faut que je vous laisse, là, j’ai… euh… un truc. Bonne nuit.