courts, noirs et sans sucre
Quand elle est contrariée, ma fille dort.
Elle fait ça depuis toute petite. Au début, quand elle était trop jeune pour exprimer à peu près clairement les choses, je ne comprenais pas ce qui lui arrivait. Elle s’endormait comme ça, au milieu du repas, dans son bain, dans le bac à sable, n’importe quand, n’importe où. Ça m’a inquiétée, bien sûr, mais au bout de la douzième consultation au terme de laquelle le médecin me répétait qu’elle était en parfaite santé, j’ai cessé de m’en faire. Je ne voyais pas ce qui pouvait fatiguer autant une aussi petite fille, mais puisqu’elle allait bien…
Et puis en grandissant, c’est devenu plus clair. Désormais, avant d’aller se terrer sous sa couette, elle me fait une sortie théâtrale avec porte qui claque et « puisque c’est ça je vais dormir » et… elle va dormir. Elle n’essaie même pas de jouer la carte de la grosse fatigue pour échapper à une corvée, non… elle dort vraiment. Profondément. Impossible de la réveiller.
Une des choses qui la contrarie le plus, c’est de faire ses devoirs. Autant dire qu’elle dort beaucoup, depuis qu’elle est entrée au CP. Elle n’aime pas non plus que je lui refuse la télé. Ou des bonbons. Bref : elle dort vraiment, vraiment beaucoup. Le bon côté, c’est que c’est calme, à la maison, une fois passé l’épisode des cris et de la menace de sommeil imminent. Ouais, c’est calme. Très. Surtout en ce moment. Ça fait trois jours et trois nuits qu’elle n’a pas ouvert un œil. Je n’avais pas imaginé qu’elle pourrait détester à ce point les choux de Bruxelles.