courts, noirs et sans sucre
C’est mon anniversaire.
J’ai passé d’assez longue date déjà l’âge qui n’est pas encore une question impolie. J’approche même sévèrement de l’âge que certains atteignent comme d’autres contracte une maladie et qui fait pencher la tête des plus jeunes sous le poids de la compassion.
Je reste cela dit beaucoup plus jeune que ma mère qui, comme l’a si bien constaté ma fille, « n’est pas si vieille. Enfin… je veux dire, elle est pas morte, quoi ».
Statistiquement, il doit me rester à peu près autant à vivre que ce que j’ai déjà vécu. En enlevant les extrémités – mes plus jeunes années oubliées et les dernières dont je n’aurai sans doute pas conscience – et en attribuant un coefficient dégressif tenant compte de facteurs extérieurs (recul de l’âge de la retraite, accession à l’autonomie de ma fille, …) et d’éléments intérieurs (arthrose, sénilité, …) je pense qu’on peut raisonnablement estimer qu’il me reste assez de temps pour aller en Chine et en Afrique du Sud, comprendre le mode d’emploi de ma télé, me marier, jouer Phèdre, apprendre le langage SMS, entrer dans un sex-shop, finir mon roman et revoir la gauche au pouvoir.
Elle est pas belle la vie ?