courts, noirs et sans sucre
On y est. Presque. Quelques mètres encore. Cinquante, peut-être. La chaleur est écrasante. Je ne la sens pas vraiment. Pas plus que je ne sens la brûlure du sable sous mes pieds nus, écorchés de tout ce chemin parcouru trop vite. Quarante. Ma tête bourdonne. J’ai le souffle court. Trente. C’est finalement si facile ? Avancer. Ne pas hésiter, ne pas se retourner. Vingt. Je resserre un peu la pression de ma main sur la sienne. Ne pas la lâcher. Continuer. Dix mètres. J’entends son souffle, rapide, bruyant. Un hoquet. Un sanglot ? Ne pas se retourner. Neuf. Le muret, la barrière de fortune. On y est. C’est donc vraiment si facile. Huit. Sa main qui tire un peu la mienne. Sept. Sa petite main qui glisse de la mienne. Six. Sa toute petite main qui n’est plus dans la mienne. Cinq. Ne pas se retourner. Quatre. Je me retourne. Trois. Elle est à terre. Deux. Une seule balle pour sa toute petite vie. Un. On y était. C’était presque si fa…
© crédit photo : Pandora
Ecrit pour les Impromptus littéraires : « écriture sur image ».