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courts, noirs et sans sucre

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suspecte ?


INTERROGATOIRE JOSIANE DUNAING - EPOUSE VICTIME N°1

09/02/2010 - HYCKZ / JOBERT


 

 

-          Est-ce que votre mari vous trompait ?

-          Oui.

-          Ah ?

-          Je suis institutrice.

-          Ben c’est quand même pas une raison…

-          Non… mais je pars toutes les vacances scolaires avec les enfants.

-          Et ?

-          Et il a tout le temps qu’il veut pour me tromper sereinement, dans notre propre lit, si ça se trouve…

Je l’ai laissée écraser un sanglot et se moucher bruyamment… Pourquoi autant de chagrin pour un mari volage ? Je ne comprends pas toujours bien les femmes.

-          Mais vous savez qu’il vous trompait, ou vous pensez qu’il a pu le faire ?

-          Je le sais.

-          Je peux vous demander comment vous le savez ?

-          J’ai beau être cocue, je suis pas stupide pour autant, hein… Les boîtes de capotes qui se vident en mon absence, c’est sûrement pas pour la branlette.

J’ai pas pu m’empêcher de rire. Sous ses airs prout-ma-chère, marrante la rombière… et pas si cruche qu’elle avait l’air. Une piste à ne pas négliger, donc… Sauf que son chagrin ne semblait pas vraiment simulé… soit une innocente secouée, soit une coupable en proie à la culpabilité, justement. Dans cette seconde hypothèse, les aveux traîneraient pas.

-          Et vous savez qui était sa maîtresse ?

-          Sa maîtresse ? Personne. Juste des coups d’un soir. Des professionnelles, peut-être, même.

-          Comment êtes-vous sûre de ça ?

-          Une régulière, je l’aurais su. Vous savez comment sont les hommes…

-          Euh… non, en fait, pas trop.

-          Nuls en dissimulation. Ils se font avoir comme des bleus à chaque liaison. Jamais connu une femme trompée qui ne l’ait compris en moins de deux.

-          Peut-être parce que les autres l’ont justement jamais compris… pour un nul, combien qui ne se font pas avoir ?

-         

-          Oui. Bon, revenons à votre mari.

Je lui avais donné un sujet de réflexion alors que je voulais surtout pas qu’elle s’égare. C’est Jobert qui a repris :

-          Donc vous pensez que votre époux avait des aventures ?

-          Oui.

-          Souvent ?

-          Mais enfin ! Je n’en sais rien ! C’est déjà assez pénible de le savoir, je ne m’amusais pas en plus à tenir sa comptabilité !

-          Vous ne lui en avez jamais parlé ?

-          Pour quoi faire ?

-          Je ne sais pas… pour qu’il arrête ?

-          Un coureur est un coureur. A prendre ou à laisser.

-          Et vous preniez ?

-          Ça vous étonne ?

-          Un peu, oui. De ma première à ma quatrième épouse, aucune n’a pris…

-          Et la cinquième ?

-          Ah non ! J’ai arrêté de me marier. C’était trop de soucis. Le prenez pas mal, mais les femmes, hein… faut toujours leur rendre des comptes… vous pouvez leur chanter votre amour ou leur déclamer des vers pour qu’elles l’entendent, rien à faire ! Faut toujours expliquer, justifier, prouver…

-          Vous chantiez pour elles ?

-          Non… mais ça n’aurait rien changé si je l’avais fait.

-          Moi je ne demandais rien.

-          Sans déconner ?

-          J’avais bien trop peur de le perdre !

Elle s’est remise à sangloter et elle paraissait toujours assez crédible en veuve éplorée. J’étais un peu perplexe mais ma méconnaissance du couple et de ses mystères m’obligeait à considérer qu’il s’agissait peut-être en effet d’une situation plausible, cette femme trompée et consentante. Jobert m’a regardée en haussant les épaules, l’air de trouver lui aussi que bof, pourquoi pas… D’un autre coté, avec ses quatre divorces, il était pas forcément mieux placé que moi pour juger. On n’était donc pas très avancés.

 

 

 

 

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H
<br /> coupable coupable...c'est vite dit... cocue c'est un statut peu enviable... Faut voir qui est vraiment coupable hein...<br /> <br /> <br />
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P
<br /> ah ça, sûr qu'il était pas innocent de la bite!<br /> <br /> <br />
M
<br /> C'est incroyable comme t'arrives à rentrer dans la fichue tête de ces bonhommes!<br /> <br /> <br />
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P
<br /> si seulement je pouvais en sortir...<br /> <br /> <br />
S
<br /> (de ping-pong)<br /> <br /> <br />
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P
<br /> (de lapin)<br /> <br /> <br />
S
<br /> m'a l'air d'être une sacrée perverse, la Mireille !<br /> Moi je dis qu'elle est coupable...<br /> <br /> <br />
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P
<br /> tu veux dire Adrienne ?<br /> p't'êt' ben qu'oui...<br /> <br /> <br />
C
<br /> Bah oui qu'elle est suspecte. Elle a dit qu'elle avait peur de le perdre sous-entendu pour une autre, pas de le perdre tout court.<br /> L'avait qu'à la ranger aussi celui-là, au lieu de l'emmener traîner partout !<br /> <br /> <br />
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P
<br /> et elle lui aurait même pas coupé les couilles ?<br /> ... pas très aboutie, cette vengeance.<br /> <br /> <br />