courts, noirs et sans sucre
Le battement régulier des femmes qui pilent le mil, suivi de près par les cris des enfants qui voient venir le toubab et enfin les salutations des vieillards sous l’arbre à palabres. C’est le son du voyage.
Mais les enfants tardent à venir. Le village semble désert. Seul un vieil homme aux yeux tristes détourne le regard quand il me voit arriver et s’en va quand je fais mine de m’approcher. Je suis le bruit du pilon, mais la femme qui l’abat rageusement ne pile pas du tout du mil. Le temps que je comprenne que ce qui gicle du mortier dans lequel craquent des os et d’où dépasse un petit bras est du sang, il est trop tard.
La machette qu’elle m’a lancée m’a déjà déchiré les entrailles.
Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème du voyage.