courts, noirs et sans sucre
Ça recommence. Les cœurs en chocolat, les roses en cœur, les cœurs gonflables, les bagues en cœur, les cœurs en colliers… tout ça m’écœure au plus haut point.
Aigrie, moi ? Jalouse ? Bien sûr ! Bien sûr que j’aurais aimé ça, ne serait-ce qu’une fois dans ma vie, un cadeau suffisamment kitsch et débile pour être la preuve irréfutable de l’amour de celui qui aurait bravé le ridicule pour l’acquérir ! Bien sûr que, même sans cadeau, de bon ou de mauvais goût, j’aurais aimé au moins une fois avoir un amoureux à mes cotés ce jour-là ! Bien sûr que l’étalage de cucuteries amoureuses m’irrite d’autant plus que ça n’est jamais arrivé ! Et quoi, vous me croyez de pierre ?
Je le suis devenue, peut-être, mais c’est la vie qui fait ça. Arrosez abondamment de larmes un cœur d’artichaut, il durcira jusqu’à se fendre. Et que reste-t-il ensuite ? La colère. La rancœur. La peine. De quoi donner envie de lui carrer sa flèche dans le cul, à Cupidon.
L’amour, c’est comme la bouffe. Je ne sais pas si on peut réellement en mourir, mais je suis certaine qu’on peut mourir d’en manquer.