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courts, noirs et sans sucre

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friday lover


C’est vendredi, je suis amoureuse.

 

C’est comme ça. Ça l’a toujours été. Aussi loin que je me souvienne. Le vendredi, je suis amoureuse.

 

Alors quand je suis déjà amoureuse le jeudi et qu’il n’y a pas de raison que je ne le sois plus le samedi, je le suis tout naturellement le vendredi, bien sûr, mais même en dehors de toute histoire « normale », même gamine, même pendant mes longues périodes de traversée du désert sentimental, le vendredi, rien à faire : je suis amoureuse.

 

Au début, je ne me rendais pas vraiment compte. Quand j’étais gosse, déjà, je n’identifiais pas le sentiment amoureux pour ce qu’il était, ce n’est que plus tard que je l’ai fait.

A l’adolescence, je trouvais ça assez normal… Le week-end arrivait, avec ses promesses de balades en ville, de sorties à la patinoire, à la piscine, de glandouille avec la bande dans les cours d’immeuble… alors je me disais que je cherchais juste à pimenter tout ça avec une amourette de mon âge.

 

Mais à l’âge adulte, il a bien fallu me rendre à l’évidence : j’étais incapable de ne pas être amoureuse le vendredi. Pour certains, le vendredi, c’est poisson, moi c’est amour. Alors ça paraît bête, comme ça, mais c’est vraiment pas marrant.

Au boulot, par exemple, j’ai dragué presque tous mes collègues un jour ou l’autre. Enfin : un vendredi ou un autre. Alors que pas un n’avait attiré mon attention un autre jour de la semaine. J’ai évidemment fini par me faire une foutue réputation… Surtout que j’étais amoureuse le vendredi, mais seulement le vendredi, vu qu’ils ne me plaisaient pas vraiment… et ça, les hommes ça leur plaît modérément. Quand eux font ça, ce sont des tombeurs, mais une femme c’est une salope… J’assumais tant bien que mal jusqu’au jour où c’est à mon chef que j’ai fait du gringue et là, j’ai plus osé me pointer au bureau. J’ai démissionné.

 

Dans mon boulot suivant, j’ai changé de méthode : le vendredi, j’essayais de tomber amoureuse avant d’aller bosser. J’allais boire un café quelque part pour essayer de jeter mon dévolu sur quelqu’un… mais au petit matin, même les pires coureurs sont assez peu disposés aux rencontres amoureuses. Du coup j’arrivais souvent très en retard et je me suis assez vite fait mal voir… J’ai bien pensé aux 4/5èmes, mais je n’avais pas les moyens alors j’ai opté pour le télétravail. J’ai pensé que je soignerais le mal par un bon sevrage : si je ne croisais personne, pas de raison que je tombe amoureuse.

 

Résultat, je suis tombée amoureuse du boulanger (j’ai dû aller acheter mon pain ailleurs quand sa femme m’a virée à coups de religieuses au chocolat), du voisin du dessous (un genre d’attardé à moitié fétichiste qui m’avait toujours fait flipper jusque là), du facteur (il n’a plus jamais voulu mettre mon courrier dans ma boite après ça) et, pour finir, du mari de la gardienne (jolis yeux, mais 12 cm de moins que moi et il ne parlait quasiment que le portugais) et il faut savoir que c’est une très, très mauvaise idée de se mettre sa gardienne à dos.

 

J’ai dû déménager et j’ai décidé de prendre les choses en mains : je suis allée voir le médecin et j’ai voulu entreprendre une thérapie. Je suis tombée amoureuse du psy. Ce con m’avait collé mes rendez-vous tous les vendredis. J’ai pensé qu’il constaterait mon problème de lui-même et que ça aiderait peut-être. Il a dit que je faisais juste un transfert.

 

Au bout de trois psys qui ne m’ont pas prise au sérieux, j’ai abandonné l’idée de la thérapie et j’ai décidé de ne simplement plus foutre les pieds dehors ce jour maudit.

 

C’est là que j’ai commencé à tomber amoureuse d’animateurs télé, d’acteurs, de chanteurs… de toute la gent masculine qui passait sur les ondes. J’ai assez vite commencé à voir débarquer les flics régulièrement. Les vedettes, ça se prend vite pour des stars et y en a qu’ont porté plainte contre moi pour harcèlement. Les cons. Du coup je suis tombée amoureuse d’un flic. C’est là que j’ai su que c’était sans espoir.

 

Dans une dernière tentative, j’ai décidé, ce vendredi, de m’enfermer chez moi après avoir soigneusement bazardé tout ce qui pouvait me relier d’une manière ou d’une autre au monde extérieur : télévision, radio, téléphone… j’ai fermé mes volets, débranché la sonnette et mis des boules Quies pour ne pas entendre frapper non plus.

 

Il est presque minuit. Il y a vingt minutes environ que j’ai eu cette impression fulgurante dans ma poitrine, comme une décharge électrique. Je crois que mon cœur a dû exploser. Je suis tombée. Je n’arrive pas à bouger. Je vois défiler sur mon réveil les dernières secondes avant demain. 6… 5… 4… … 3… … …

 

 

 

 

Y a kékunkimadi… mais il a même pas fait exprès : « It’s Friday I’m in love » (Robert Smith). Et voilà.

 

 

 

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M
Pendant ce temps que tu fais l'zouave, y a un type qui se dit "Aujourd'hui c'est vendredi et j'voudrais bien qu'on m'aime, j'sens qu'j'vais encore finir chez Wanda et ses six rennes et ses six rennes(Wanda c'est la fille du père Noël en fait)<br /> <br /> NDLR : Alors il est revenu l'aut' (rapport au texte que t'as benné)?
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P
<br /> La vie est mal faite...<br /> NDLA : eeeeeeet non. mais du coup lee texte me foutais les boules (comment tu m'as grillée!!)<br /> <br /> <br />
T
tu m'a volé ma replique!! ahhhhhh robert smith que du bon!!
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J
Friday lover II : kidnapper, dès le jeudi, la proie de ton choix - choisie, en l'occurrence, avec l'intelligence et le discernement des jours "sans" - pour le violer à répétition le jour "avec", en hurlant "oh oui mon amour".<br /> <br /> Prévoir une pelle et un jardin pour le samedi.
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P
<br /> j'ai trouvé mon maître! je n'y avais même pas pensé...<br /> Je mollis.<br /> <br /> <br />