courts, noirs et sans sucre
« Ah ! comme j’aime m’imprégner des humeurs de la ville en traînant dans ses rues… Car comme je me plais à le répéter, la rue est le cordon ombilical qui relie l’individu à la société.
- Mon cul ouais !
- Plaît-il ?
- J’ai dit mon cul ! Les histoires de cordon que tu racontes à ton pote, c’est que des conneries !
- Ah… je ne partage pas cette opinion, mais je vous en prie cher ami, développez !
- J’vais t’dire un truc mon gars : du jour où j’me suis r’trouvé à la rue, ton cordon entre la société et moi l’a plutôt été coupé, radical !
- Ah mais mon bon ami, vous apportez justement la preuve du contraire ! Si vous ne viviez pas dans cette même rue où je fais justement ma balade digestive, jamais nous n’aurions eu ne serait-ce que l’embryon de cette conversation !
- Z’êtes gynécologue ?
- Non pourquoi ?
- Pour rien… N’empêche mon pote, parce que donc on est pote, ’c’pas ? Ben j’vais t’dire aut’chose… ton cordon ombilical, là, j’m’en cague ! Par contre si tu pouvais tirer un peu sur le cordon d’ta bourse, hein… parce que t’as même pas idée d’puis combien d’temps j’ai rien béqu’té !
- En effet, non… par contre mon ami, quelque chose me dit qu’il n’y a pas si longtemps que vous avez bu…
- Allez ! Vas-y ! Donne-moi des l’çons ! J’vais t’dire mon pote, le bonheur on s’y fait, le malheur on ne s’y fait pas, c’est ça la différence et y a qu’un truc à faire, c’est essayer d’l’oublier ! »
Ecrit pour Kaléïdoplumes avec pour consigne d’utiliser les phrases suivantes : « la rue est le cordon ombilical qui relie l’individu à la société » (Victor Hugo) et « le malheur on ne s’y fait pas, c’est ça la différence » (Michel Audiard).