courts, noirs et sans sucre
La vallée ondoyante, gorgée de soleil, offre à la lueur de la journée naissante toutes ses nuances de verdure apaisante. Mais qu’est-ce donc ? Ce petit tas de terre fraîchement retournée cache-t-il à la vue un récent macchabée ? Non. C’est le chien du berger qui aura enterré un os ou un jouet.
Au flanc de la colline, sombre mais luxuriante, commence la forêt d’où le soleil s’absente. Mais quelle est donc cette ombre qui se carapate au pied du grand chêne vert ? Serait-ce un psychopathe, un tueur sanguinaire ? Mais non. C’est un bouc à trois pattes, boudeur et réfractaire.
En bordure du champ, longeant quelques fourrés, coule une onde charmante, jolie rivière chantante. Mais ses flots chatoyants sous le soleil ardent sont-ils mêlés du sang d’un cadavre flottant ? Ah non ! Ce sont des coquelicots portés par le courant.
En surplomb du vallon, près de la bergerie, on devine ton sur ton cyprès et belles orties. Mais qui est donc cet homme, à la stature massive ? Cherche-t-il en pâture une victime chétive ? Que nenni. Ce n’est que le pasteur à la posture pensive.
« Ah que j’aime me repaître de cette ambiance champêtre, quand j’amène mon troupeau paître où nul meurtre ne se perpètre » se dit en lui-même le berger contemplatif.
Y a kékun-qui-m’a-diiit-queuuu… c’était plus facile pour moi d’écrire du gore qu’une pastorale et que, subséquemment, une pastorale, j’en serais même pas cap’… Ce à quoi j’ai répondu, avec la verve et le sens aigu de la répartie qui me sont propres : « teu teu teu ». Et… voilà.