Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

courts, noirs et sans sucre

Publicité

Mon loulou en culottes courtes

 

Ecole Pasteur, CM2, classe de monsieur Lemoulin.

Il s’appelait Michael Rimbaud. Ça ne s’écrivait pas comme ça mais j’arrange, pour pouvoir dire que toute petite déjà j’aimais les poètes. A dire vrai, il n’était pas exactement poète. Pas même en herbe, avec laquelle il s’est probablement lancé dans le commerce quelques années plus tard… Non, Michael, c’était un voyou. Une petite frappe. Il crachait par terre. Il était puni au moins une fois par jour. Et il était beau comme un truand de cinéma, en plus jeune.

 

Moi, dans le quartier, je faisais plutôt figure de fille de bonne famille. Alors forcément, le loubard de l’école, je suis tout de suite tombée amoureuse. Par principe. Je ne sais pas si c’est le kilt (avec l’épingle à nourrice) ou les bottes en caoutchouc les jours de pluie (mon drame de l’enfance : dans le quartier, ces indices flagrants d’appartenance à la haute me cataloguaient direct fille à maman), mais je suis vite devenue sa régulière. La terreur de la cour de récré et la fille à couettes.

 

On allait au fond de la cour avec les copains, tout au fond, le plus loin possible de la fenêtre de la bibliothèque où ma mère officiait parfois (vous voyez l’ampleur de mes blessures d’enfance ? Ma mère s’occupait de la bibliothèque de l’école. Elle n’était même pas obligée. C’était bénévole. Et après on s’étonne que les enfants tournent mal…) et là, tout là-bas, au fond, donc, les copains faisaient remparts de leur corps et, en cachette, Michael et moi on se faisait un bisou. Super vite pour pas se faire attraper. Sur la bouche. Comme je vous le dis.

 

J’étais une poule de truand. La Bonnie Parker des bacs à sable. Une dure à cuire.

 

Nos chemins se sont toutefois assez vite séparés. J’ai troqué ma passion hors-la-loi pour une jolie petite gueule bien rangée au collège. La dernière fois que j’ai eu des nouvelles de Michael, c’était par le journal. Il avait pris cinq ans fermes pour vol de voiture avec récidive.

 

Depuis, il est peut-être devenu poète. Ou braqueur de banques. Ou trader. 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « Racontez un souvenir d’école ».

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Je reconnais bien là notre vie au Sanitas!
Répondre
J
Pourquoi pas écrivain ???<br /> <br /> Tsssssssss !
Répondre
B
est-ce que, à cette époque, le Rimbaud en question te disais : - viens poupoune, viens poupoune, viens - quand il t'appelais ?<br /> <br /> :-))
Répondre
P
<br /> <br /> Eh eh!!<br /> <br /> <br /> C'est un surnom que j'ai bricolé trop récemment pour ça, mais ç'aurait eu le mérite d'être drôle (ç'aurait même pu faire rire ma mère... ;o)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
O
C'est mignon... et on se demande tous ce qu'il a pu devenir. On en serait presque inquiets.
Répondre
L
Le Rimbaut ,j aurai eu envie de lui casser la gueule,ensuite je serais venu avec mon Pégasus tout blanc,je t aurais enlevé sous les yeux de ta mére éplorée,et nous aurions coulé des jours heureux dans mon chateau situé vers la forét de sherwood.<br /> Amicalement Latil
Répondre
P
<br /> Ah ça, dans le quartier, ç'aurait d'la gueule, y a pas !<br /> <br /> <br />