courts, noirs et sans sucre
Ce matin, à l’heure où la tête commence tout juste à sortir du cul et le brouillard mental à se dissiper, j’ai décidé de mettre mes chaussures neuves, les belles dont je n’avais aucun besoin, mais elles étaient super soldées, alors bon… Je portais ma tunique que d’aucun qualifierait de… bigarrée, à dominante verte. Deux verts différents. Mes chaussures aussi, mais un seul vert en commun. Je me suis bien posé la question de l’assortiment des deux verts du haut avec les deux verts du bas, mais partant du principe que si A va avec B et B avec C, alors A va probablement avec C, je ne me suis pas appesantie sur cette problématique et je suis partie toute de verts chaussée et vêtue.
A peine arrivée dehors, ma première rencontre avec un miroir – il y en a un grand, souvent fatal, en devanture du magasin juste en bas de chez moi – m’a permis de constater que l’association de tous ces verts était en fait de relativement mauvais goût. Peut-être pas au point de rebrousser chemin et de me replonger dans les affres de la contemplation de la garde-robe ou du placard à chaussures, mais suffisamment pour me sentir, c’est le cas de le dire, un peu mal dans mes pompes.
Depuis, mon regard est irrémédiablement attiré vers le bas, se heurte immanquablement à cette enfilade de verts incongrue et je ne cesse de me demander : mais pourquoi ??!!!
Oui. Je vous entends d’ici. Ne niez pas, je le sais, vous vous dites : « Quoi ? C’est tout ? Elle ne va pas regarder tout ce vert jusqu’à l’écœurement, pour finalement ne plus en supporter l’idée même et préférer se jeter par la fenêtre avant de s’entailler la carotide avec un morceau de la vitre à travers laquelle elle sera passée, plutôt que de devoir affronter une fois encore la vision insoutenable de cette faute de goût majeure ? »… Et ben non. J’ai beau être cruelle et, d’après certaines mauvaises langues, tordue, je n’en suis pas moins fille avant tout. Donc futile. C’est pas pour rien que ça rime. Quasi. Rime pauvre, quoi… Mais je suis une fille. Et c’est le mois d’août, hein, aussi.