courts, noirs et sans sucre
En réaction à la désertion de ce blog par mes lecteurs habituels autant que par les occasionnels, j’ai écrit ce texte dans le but unique, je le confesse, d’attirer un lectorat plus large et peut-être moins exigeant… Parce qu’il faut être clair : un blog sans lecteur, c’est comme un sextoy sans pile, à quoi bon ?
Je vais vous raconter l’histoire de Svetlana, que d’aucuns appellent cette grosse pute de Svetlana, mais ils sont taquins.
Svetlana est née dans une charmante bourgade de trois-cent-douze âmes hors saison – trois-cent-huit en août quand la famille Royale part au camping – et toute petite déjà elle avait une sacrée bouche à pipe. En grandissant, elle s’est révélée également pourvue d’une poitrine énorme et d’un sex-appeal déroutant, mais ce qui faisait vraiment de Svetlana une enfant différente, c’était son incroyable talent pour le football. Elle avait très vite été remarquée par le curé du village – qui était aussi l’entraîneur de l’équipe de foot et le père biologique de la plupart des bâtards qu’il entraînait et sodomisait dans les douches – mais ce n’est nullement la main de Dieu qui lui pelotait les seins dans les vestiaires, si bien qu’elle abandonna prématurément son rêve de devenir le Zidane en jupon de demain pour s’adonner à son autre passion : la cuisine. Elle espérait pouvoir un jour participer à Top Chef, ou alors gagner un concours de la plus grosse suceuse de berlingots, quoi qu’il en soit elle voulait percer côté cuisine et décida d’aller tenter sa chance à la ville.
Elle y connut bien sûr des années de vache maigre et cumula les petits boulots ingrats, comme friteuse chez Mac Do ou gagneuse chez madame Claude, si bien que sa vie commençait à être triste comme un suicide chez France Telecom ou une tuerie à Nantes. Elle tomba si bas qu’elle envisagea même de vendre des photos truquées de Nicolas Sarkozy à poil, voire de devenir témoin de Jehova, mais sa vie changea du tout au tout le jour où elle rencontra ceux qui devinrent ses amis les plus chers, Kate et William. Ils lui proposèrent un coaching personnalisé par une star déchue ravagée par le sexe et la drogue, mais toujours bonne pour une émission de téléréalité en prime time sur une chaîne privée disponible en haute définition sur certains réseaux numériques, ce qu’elle accepta par désespoir autant que par dépit et parce que quitte à coucher pour de l’argent, autant que ce soit là où il y en a. De l’argent. Et la télé rapportait indéniablement plus que l’étron de l’église de sa jeunesse.
Hélas, cette opportunité de faire fortune sans se fouler tourna court quand une altercation pourtant impeccablement scénarisée par la prod se termina en bain de sang à la suite d’un drible acrobatique qu’effectua Svetlana avec la tête de l’ex-vedette. Par chance, alors qu’elle pensait avoir tout perdu et devoir s’en retourner sucer des queues dans le parking du routier près de son village natal, elle fut contactée par un entraîneur fameux d’une équipe de foot qui fut en d’autres temps et sous d’autres cieux championne du monde (et un, et deux, et trois-zé-ro). Ce dernier avait assisté en direct aux prouesses télévisuelles que la jeune beauté avait réalisées avec son pied et il décida de le prendre. Son pied.
Depuis ce jour, notre jeune héroïne astique dans les vestiaires toute l’équipe de France, qui brille plus dans la presse people qu’elle n’a jamais brillé dans la presse sportive, et tout ce beau monde brasse tellement d’argent que c’est à dégouter les riches de ne pas les regarder ne pas jouer au foot. Ce dont tout le monde se contrefout, puisque l’essentiel après tout est bien que les pauvres continuent de s’entasser dans les stades pour les engraisser.
Voilà. Et si avec tout ça je n’attire pas de nouveaux lecteurs, j’arrête ce blog et je vais vendre mon corps sur le périph.