courts, noirs et sans sucre
Aujourd’hui j’ai emmené ma fille au théâtre voir « Aladin ». On avait des places en corbeille. Comme a dit ma fille, « on dirait qu’on est dans un placard » : quatre chaises serrées dans un tout petit espace, fermé par d’étroites portes battantes. Il y avait déjà un monsieur et son fils quand on est arrivées et l’ouvreuse nous a dit que nous avions les deux chaises de devant. Ma fille est donc allée s’asseoir sur l’une des deux et, comme je ne suis pas chienne, j’ai proposé au garçon de prendre l’autre place devant pour mieux voir. C’était certes assez naturel de laisser la meilleure place à un petit garçon à un spectacle pour enfants, surtout que celle de derrière restait une très bonne place pour un adulte, mais ça n’aurait pas dû empêcher ni le père, ni le fils de dire merci. Le grand n’a pas moufté, quant au petit, il a à peine levé les yeux de son téléphone (ou quoi que ce fut d’autre sur quoi toute son attention était concentrée) et il a vaguement marmonné un « non » sans me regarder. J’ai insisté gentiment (« Tu es sûr ? Tu verrais mieux… »), d’avantage pour donner aux deux malpolis une chance de se comporter en être civilisés que pour vraiment être charitable, mais cette fois aucun des deux n’a répondu. J’ai donc pris place devant à côté de ma fille en me disant que je n’allais pas me fâcher pour si peu, mais qu’il y avait quand même des baffes qui se perdaient.
Et puis le spectacle a commencé et il n’a pas fallu cinq minutes pour que le gosse derrière se mette à gigoter. A geindre. A se plaindre qu’il ne voyait rien. Et son père de souffler, ronchonner, soupirer. Outre le fait que ça ne se fait pas d’emmerder tout le monde pendant un spectacle parce que t’es mal placé, franchement, c’était carrément déplacé de me faire chier moi à ce spectacle-là, non ? Ça n’a pas mis longtemps à m’agacer. Puis à m’excéder carrément. Si bien qu’à la scène du tapis volant, j’ai chopé le gosse et je l’ai fait voler aussi. Hop, à l’orchestre, le petit con. On n’a plus entendu grogner, ni le grand, ni le petit.
Non mais… on n’a pas idée d’être aussi mal élevé !