courts, noirs et sans sucre
Les voies d’internet sont impénétrables et je ne m’explique toujours pas comment je suis tombée sur ce blog consacré aux cougars, ces femmes « âgées » qui se tapent des jeunes. Je mets des guillemets parce qu’apparemment Eva Longoria est considérée comme une cougar et elle est plus jeune que moi, alors ça doit sans doute être surtout la différence d’âge avec l’élu qui prévaut pour faire une bonne cougar. Du moins je suppose.
Bref. Je suis donc tombée sur ce blog, du genre « je suis cougar et je l’assume » et là, je m’interroge… qu’y a-t-il donc à assumer ? Sauf méprise grave de ma part, il n’y a aucune connotation pédophile dans la cougarerie (cougaritude ?), alors quoi ? Préférer les jeunes n’a rien de honteux… Le corps est plus ferme, les dents plus blanches, la peau plus lisse, l’amant plus endurant… pour qui n’est pas plus sensible que ça aux charmes que les ravages du temps impriment sur les traits virils du mâle vieillissant, il est même totalement naturel de préférer les jeunes. Quant à être préférée par un jeune, merde, y a rien à assumer du tout, là, au contraire ! Comment ne pas être fière d’attirer les faveurs d’un jeunot, malgré les seins qui tombent, la peau qui plisse et les fesses ramollies, quand il y a tant de jeunettes fraîchement sorties de l’adolescence, le cul ferme et la poitrine fière, qui seraient tellement plus jolies à son bras ?
Sauf que bien sûr, il n’est pas question de ça… point d’attirance de beaux jeunes gens pour les teints flétris et les beautés fanées. Même si les hanches alourdies par de plus nombreux gueuletons d’anniversaire ne rebutent pas nécessairement l’amant potentiel, c’est tout de même rarement ce qu’il cherche de prime abord chez une femme.
L’expérience ? Allons… l’expérience de quoi ? Du sexe ? De nos jours l’activité sexuelle des jeunes-femmes est plus précoce et plus intense qu’elle ne l’a jamais été pour leurs aînées, vite surpassées dans le domaine. Alors non, ce n’est sans doute pas la promesse de prouesses sexuelles inédites qui attire les petits jeunes dans les filets des dames mures. Quant à l’expérience de la vie… va pour ceux, sans doute nombreux, qui se traînent un œdipe mal résolu et cherchent à épouser leur mère, peut-être, mais les autres ?
L’argent ? La cougar est-elle nécessairement fortunée ? Je ne suis pas spécialiste de la question, mais il semblerait que oui, plutôt, quand même… disons que certains indices quant aux préoccupations principales des cougars laissent penser qu’elles appartiennent plutôt à des classes sociales où l’on a les moyens de consacrer du temps et de l’argent à ce que d’aucuns qualifieraient de futilités. Retenons donc l’argent comme facteur facilitant de la séduction des cougars. Admettons que le jeune homme attiré par l’argent que la belle jeune femme riche aura éconduit trouvera consolation dans les bras d’une vieille.
Sauf que le jeune en question n’est pas appelé gigolo, mais toy boy ou lionceau. Bon : peut-être est-ce parce que le charme désuet du terme gigolo n’agit plus, à moins que ce ne soit parce que les vieilles dames ont rajeuni et ont souhaité faire rajeunir avec elle le vocabulaire, mais on ne peut pas totalement exclure l’hypothèse que le terme ne désigne tout simplement pas la même chose.
Je reste donc assez perplexe quant aux attraits que les susnommés lionceaux trouvent à leurs cougars.
Une constante en revanche du côté des femmes qui se revendiquent elles-mêmes comme cougars, c’est qu’outre la séduction d’hommes significativement plus jeunes qu’elles, elles ont comme souci majeur dans la vie de paraître beaucoup plus jeunes qu’elles ne sont.
Ainsi donc, la cougar ne serait-elle qu’un vieux beau au féminin ?
Dans ce cas, pourquoi le terme cougar semble-t-il être porté comme un titre de gloire, quand on serait prêt à jeter des cailloux au vieux beau ? En quoi essayer de ressembler à une jeune femme et se taper des gamins est-il plus glorieux que vouloir faire jeune homme et s’envoyer des minettes ?
Il y a là indiscutablement quelque chose qui m’échappe.
Quoi qu’il en soit, je suis pour ma part désespérément sensible aux charmes des hommes qui depuis longtemps n’ont plus été appelés gamins par quiconque. Qui plus est, je suis apparemment encore un poil trop jeune pour prétendre pénétrer le cercle très select des femmes cougars, même si l’exemple de la belle Eva Longoria semble indiquer qu’il peut y avoir des entorses aux principes qui régissent cet art de vivre. Enfin, ce ne sont pas des efforts, mais un véritable ravalement de façade qu’il faudrait opérer pour me faire ressembler à une femme suffisamment plus jeune que je ne suis pour attirer un minet. Parce qu’en l’état, un jeune normal qui serait plus attiré par moi, même déguisée et peinturlurée, que par une vraie jeune, me paraîtrait forcément louche. Voire pervers.
Bref : je ne suis pas et je n’aspire pas à devenir une cougar. D’ailleurs, le voudrais-je que… hein… passons.
En revanche, je suis ouverte à toute proposition émanant d’hommes de mon âge, voire plus vieux. Et je veux bien aussi payer, si nécessaire.
A ceux qui chercheraient un rapport évident entre le texte et la musique, sachez qu’il n’y en a pas, simplement l’autre jour qu’après un concert superbe d’Aaron, je faisais remarquer à une amie que les deux charmants artistes, quoique sexy en diable et séduisants à mort, étaient un peu jeunes, elle m’a rétorqué qu’à l’ère des cougars il était de bon ton d’afficher son goût pour la jeunesse et… voilà.