courts, noirs et sans sucre
Ses doigts effilés aux ongles soignés caressaient distraitement les cheveux fins et bouclés de son jeune amant. La soirée avait été agréable. Elle jeta un regard las à l’horloge dont le tic-tac berçait sa rêverie.
Combien de temps encore ?
La fraîcheur de la nuit commençait à la faire frissonner. Elle remonta le drap sur sa poitrine. Sans qu’elle s’en aperçoive, ses caresses devinrent un tapotement agacé au front de son amant, alors que l’attente se prolongeait.
S’était-elle trompée ?
Son regard se voilait légèrement sous l’effet de la fatigue. Elle n’essaya même pas de réprimer un long bâillement. Elle glissa sa main le long du corps du jeune-homme. La peau était fraîche, mais le membre toujours flasque.
Ainsi donc elle devrait se contenter ce soir encore d’une petite mort ?
Elle était pourtant sûre d’avoir lu quelque part qu’une mort violente avait pour effet de provoquer chez l’homme une prodigieuse érection post-mortem. Il lui faudrait peut-être la fois prochaine préférer une arme à feu à l’arsenic.
Ecrit pour les Impromptus littéraires avec pour contrainte de commencer par "Ses doigts effilés aux ongles soignés caressaient..."
Je vous recommande la lecture savoureuse de l'amante de tiniak, écho non concerté mais Ô combien à propos…