courts, noirs et sans sucre
- Il faut savoir toucher l’instant.
- Ben j’veux bien, mais c’est fugace, pour le moins…
- Ouais mais bon, normalement, t’as rien d’mieux à faire, hein, et il suffit d’être bien à c’que tu fais.
- Bien à c’que j’fais… t’en as d’bonnes, toi ! C’est que j’me donne du mal, moi… Je lésine pas, tu peux m’croire... mais ça dure, ça dure… alors j’te cache pas que de temps en temps, mon attention peut se relâcher… le temps d’souffler, quoi. Mais ça va si vite que parfois…
- Ah ben oui, mais que veux-tu que j’te dise ? Y a rien d’autre à faire, ma pauvre… des efforts, de l’endurance, de la concentration, une certaine dextérité pour pas rater ton coup et hop ! à toi l’instant de grâce !
- Pfff… mouais. Mais c’est quand même pas d’bol… Je savais même pas qu’ça pouvait exister d’être à la fois peine-à-jouir et éjaculateur précoce.
Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « Toucher l’instant ».