courts, noirs et sans sucre
A marée basse, on joue à chercher quelques coquillages malheureux accrochés aux poteaux. On s'imagine chevalier des mers dans cette improbable forêt. On se lance des défis, à celui qui comptera le plus loin. On se rêve prisonnier des terres ou des mers. On organise la libération spectaculaire d'une princesse ou d'une sirène.
Mais à marée haute, quand les vents et les courants se déchaînent... combien d'enfants assommés, écrasés, empalés sur ces brise-lames et dont les entrailles, nettoyées par la mer, nourriront la faune marine et les promeneurs distraits qui auront pris ce bout de cervelle pour une moule et ce rein pour un bulot ?
Ecrit pour les Impromptus littéraires : écriture sur image (photo : Sebarjo)