courts, noirs et sans sucre
Comme en sa prime heure, j'entends
le doux chant de l'ondine
vibrer tout contre ma poitrine
quand se mêlent à l'unisson
nos deux passions
C’est à la lecture de ces vers que j’ai su. Il me les avait adressés directement, alors fini de jouer l’oie blanche. On ne se connaissait pas. J’en avais le rose aux joues et le feu au ventre, mais ses poèmes m’étaient bel et bien destinés.
J’ai saisi l’invisible et sa taille fluide
m’a tout fait oublier de l’horreur et du vide
et de l'heure avancée.
J’ai saisi l’invisible et je l’ai tant aimé.
Tout ça me paraissait trop… beau, trop tôt.
et je bois ce trésor, ton parfum, ce nectar
où logent les envies que nous aurons plus tard
à satisfaire encore
… que nous aurons plus tard à satisfaire encore. Envisageait-il de passer de la romance virtuelle à une vraie histoire dans la vraie vie ?
si je veux t'épouser, je le ferai d'un geste
si je veux t'embrasser, il suffira d'un mot
Trop beau, trop tôt.
et puis
dans l'affleurement de ce baiser, déjà vibre ma lippe emprisonnée par deux tendres et juteux délices déjà mes doigts qui t'apprivoisent le cou déjà mon souffle dans ton souffle tient, déjà nous
Ouuuuh la la.
Quand, à portée de vue, tu ne chanteras plus
nous nous connaîtrons nus, dans le jour
ma reine.
Je n’y tenais plus.
Allez, franchement, qui aurait résisté à l’envie de rencontrer cet amoureux-là ? Alors je l’ai invité. Et que de promesses pour cette rencontre…
déposer sur tes lèvres
de mon amour la sève
et ma vie et mon rêve
en profession de joie
Je le lisais, encore et encore, étonnée, émue à ne plus savoir comment le dire, impatiente de donner corps à cette drôle d’idylle.
une étoile si lente à fendre le cosmos
est allée se nicher sous ta paupière close
à côté de ton rêve où le mien s’assoupit
dans tes bras je repose et s’achève la nuit.
Je n’étais pas sûre d’être à la hauteur de toute la beauté qu’il m’offrait mais l’invitation lancée, plus question de reculer…
étrangement
ma vie, ma vie
tout ce désastre me ravit
manque m'en plus que je mesure
de notre amour la démesure
Il est venu.
On s’est découvert avec l’évidence de ceux qui se sont toujours connus.
Nos corps, nos regards, nos souffles semblaient n’avoir jamais existé que pour s’accorder l’un à l’autre.
On a connu des délices que je ne peux écrire sans en altérer la beauté.
Il est reparti.
Il reviendra.
je t'offrirai mon bras
pour entrer dans la danse
nouvelle, nouvelle et éternelle
qui toute résistance effacera
J’ai bien fait de l’inviter.