courts, noirs et sans sucre
J’ai quinze ans. J’ai quinze et j’ai un cœur d’artichaut. C’est normal à quinze ans. Alors j’aime, je rêve, j’espère, je crois, je respire, et je pleure, je meure, je m’écœure. J’ai quinze ans. C’est normal.
J’ai vingt ans. J’ai vingt ans et je ne suis pas sérieuse. C’est normal à vingt ans. Alors je m’emballe, je m’emporte, je veux, je m’engage, je m’enflamme, me consume, me brûle, m’abuse. J’ai vingt ans. C’est normal.
J’ai quinze ans et vingt ans. J’ai un cœur d’artichaut et je ne suis pas sérieuse. C’est normal à trente-cinq ans ? J’ai l’envie, la passion, l’ardeur, les excès, la démesure. On n’apprend rien de ses quinze ans. On n’apprend rien de ses vingt ans. Alors un jour je ris un jour je pleure. On n’apprend rien.