courts, noirs et sans sucre
Y a des jours comme ça où tu te dis « bon, OK, journée de merde ». Alors hop ! une tisane, au lit et ça ira mieux demain. Et puis non. Alors bon, tu t’adaptes, hop ! un suppo et au lit et demain est un autre jour.
Sauf qu’arrive le jour où tu finis par penser « bon, OK, semaine de merde ». Alors là tu te dis que tu vas aller te pendre et, à la place, tu t’accroches à un nouvel espoir… allez, quoi ! demain c’est dimanche, merde ! normalement, dimanche, ça va, non ? C’est le jour du seigneur, après tout, alors quoi, faut bien qu’ça aille, quand même, bordel !
Pour mettre toutes les chances de ton coté, tu vas jusqu’à faire semblant de croire en Dieu et tu te dis que tiens, autant faire ça bien, je vais brûler un cierge, hein… mais bon, des cierges, tout le monde a pas ça à la maison et puis la piété, c’est sympa, mais de là à courir les églises un samedi soir, faut pas pousser non plus. Alors à défaut, vu qu’il reste des bougies de l’anniversaire de la petite et que c’est bien un peu sa faute aussi si la semaine a été aussi pourrie, tu te fais un petit autel perso avec des bâtons d’esquimaux pour la croix et les esquimaux pour le moral, un petit Jésus en sucre que tu suces un peu pour le coller dessus – enfin juste la tête parce que le reste c’est bon aussi pour le moral – et, pour finir, tu inventes des prières en allumant ta bougie.
Evidemment, ton petit bricolage, c’est mignon, mais la chaleur fait fondre la tête du Jésus qui, en dégoulinant, déséquilibre la croix, qui tombe sur la bougie qui, bien entendu, fout le feu à l’appartement.
Tu voulais juste un dimanche tranquille et tu te retrouves en enfer pour avoir sucé Jésus.