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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 23:20
 

Je n'aime pas les étapes fastidieuses de sélection, d'abattage et de découpage. Le découpage, surtout, qui même effectué avec grand soin pour ne pas abîmer le morceau, reste toujours délicat et salissant. Mais, une fois de retour dans mon antre avec la marchandise, commence la préparation méticuleuse et le vrai travail d'artiste...

 

D'abord, pratiquer les entailles pour évider soigneusement sans pour autant saccager le morceau. Ensuite, coudre les orifices et mettre à tremper dans une décoction de baies préalablement portée à ébullition. Ne pas laisser tremper plus de deux heures et surveiller : le morceau doit réduire des deux tiers environ, la couleur s'assombrir et la texture devenir caoutchouteuse. Egoutter.

Retourner afin de gratter les chairs résiduelles à l'intérieur. Remettre à l'endroit et remplir de pierres chauffées, puis de sable. Coudre les incisions. Frotter au charbon puis accrocher au-dessus du feu pour étanchéifier et solidifier le tout.

 

Les fins gourmets dont je suis se délecteront de la cervelle. Ma petite astuce pour lui donner une saveur tout à fait unique est de la faire dégorger et cuire dans la décoction préalablement utilisée, à laquelle il suffit d'ajouter un peu de vinaigre.

 

Le temps de savourer la préparation et de laver la marmite, une adorable nouvelle tête réduite est prête à accrocher au manteau de la cheminée.

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « A vos fourneaux ».

 

 

 

 

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 10:00

bis

 

-          Y joue pas mal, hein ?

-          Ah ça, ouais… Et pis ce truc, il l’a joué tout petit, sans jamais avoir appris, la première fois qu’il a vu un piano.

-          Sans déconner ?

-          Sans déconner !

-          Ouah… c’est fou.

-          Ouais… au début ses parents y z’ont cru que c’était un genre de génie.

-          Pis finalement non ?

-          Ben non. L’a jamais été foutu d’apprendre à lire, écrire, compter, rien. Juste ça.

-          Ce morceau ?

-          Cet extrait. 30 secondes. En boucle. Toute la journée, tous les jours.

-          Ouah… et ça fait longtemps qu’il est là ?

-          Ben ouais… quelques années maintenant.

-          Ouah… mais ça les rend pas dingues, les autres ?

-         

-         

-         

-          Et sinon t’es là pour quoi toi ?

-          Schizo... Et toi ?

-          Psychotique... Ah, c’est l’heure des pilules.

 

 

 

 

 

Ecrit sur le thème des Impromptus littéraires : « Une petite musique de vie » - pour lequel était proposé un extrait musical de trente secondes…

 

 


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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 18:47

boum boum

je n’entends rien d’autre

boum boum

cette musique, ce rythme

boum boum

à la fois ténu et assourdissant

boum boum

je devine encore un peu d’agitation

boum boum

des bruits de conversation étouffés

boum boum

des sons que je ne parviens plus à identifier

boum boum

tout est noyé dans cette seule musique

boum boum

elle semble m’emplir tout entière

boum boum

le reste a l’air de s’éloigner

boum… boum

le rythme ralentit

boum… … boum

ma petite musique de vie

boum… … …boum

mon dernier souffle

boum

 

 

 

biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip

 

 

 

Variation autour du thème des Impromptus littéraires : « Une petite musique de vie »

 

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 20:49

- Si tout est relatif, est-ce que rien est absolu?
- C'est relativement con comme question.
- Absolument !



Variation sur le thème des Impromptus littéraires : "Relativité".

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 00:30

 

Quand je ferme les yeux je ne revois que son visage un peu flou, derrière le voile des larmes que je n'ai pas réussi à retenir. C'est pas un endroit pour retenir ses larmes, un quai de gare au moment de se dire au revoir. Mais d'avoir perdu déjà le souvenir de son sourire, de son regard brûlant de désir, de ses lèvres rondes, de son visage endormi tout contre mon sein, pour ne plus me le rappeler que flou, ça me fait un mal de chien.


Je ne parle pas de cette douleur de poète d'un coeur qui explose, se brise, se déchire ou que sais-je encore... non, je vous parle d'avoir mal. Ma gorge qui se serre tant que je ne peux plus avaler ma salive sans grimacer. Mes entrailles qui se nouent au point de me donner l'impression qu'on a serré ma taille dans mon bracelet de montre. Et la migraine, prix de tant de larmes versées...

Je ferme les yeux et j'ai mal. J'ai perdu son visage...


Bien sûr, tout est relatif. Pour que cessent mes pleurs, j'ai planté tout-à-l'heure la pointe des ciseaux dans ma cuisse et ça m'a fait beaucoup plus mal. C'est sûr. Mais c'est passé.

Et son visage flou de nouveau à mon esprit. Et la douleur...


Tout est relatif, oui... s'il m'avait dit « adieu » et non « au revoir »? D'y penser, mon corps et mes traits se tordent sous la douleur fulgurante de mon ventre, mon souffle ne passe plus tant ma gorge se serre et mon crâne est prêt à exploser. Et toujours ces incessants sanglots... à devenir folle. J'ai posé les deux mains bien à plat sur la plaque de cuisson allumée et ça m'a fait tellement plus mal! Mais c'est passé.

Et son visage... flou... la douleur...


Tout est relatif, c'est sûr. J'ai eu l'impression que tous mes os se brisaient en même temps. J'ai eu infiniment plus mal! Instantanément oubliés la gorge, le ventre, la migraine... J'entends des conversations qui disent que du cinquième étage, j'ai eu une sacrée chance. Je ne sais pas ce qu'ils m'ont fait. Je ne sens plus mes bras, mes jambes, mes os brisés... J'ai pourtant cru mourir de douleur. Mais c'est passé.

Et de nouveau son visage flou. Mes larmes...


Je vais finir par mourir de chagrin si ça ne s'arrête pas.





 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « Tout est relatif ».



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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 21:19
 

Avec ma bonne tête de mère de famille Rive Gauche, y a pas grand-monde qui me prête attention. Entre un vendeur de breloques à deux euros et un fourgueur de ferraille inutile je déambule, comme invisible...

Selon mon humeur et mes envies, je furète plutôt du coté des fripiers, où les jeunettes espèrent se faire une garde-robe pas chère, ou alors vers les antiquaires, où les baronnes cherchent de l'authentique pour meubler leur manoir... et quand je suis d'humeur badine, je me contente des étals de bijoux en toc et des perceurs de nombril, où traînent aussi bien les touristes que les zonardes... tous les âges, tous les genres.

Et toute cette flicaille qu'en finit plus d'emmerder les arnaqueurs au bonneteau... Tant qu'ils trouvent des pigeons à plumer, ils devraient être reconnus d'utilité publique... Faut pas laisser trop d'argent dans les poches de pareils gogos. Mais bon, c'que j'en dis, moi... au moins pendant c'temps-là on me fout la paix et je peux faire mon marché tranquille.

C'est que sous mes airs de musarder nez au vent, je suis aux aguets. Trois jours par semaine, pas un de plus, alors je chine méthodique. Une fois mon secteur choisi, je quadrille, à l'affût, sans rien laisser au hasard... c'est pas en misant sur la chance qu'on atteint le degré de perfection auquel je peux prétendre aujourd'hui!

Tout est tellement bien pensé que ces couillons de journaleux m'ont surnommée « la bouchère de Ménilmuche », alors que j'habite à Pigale et opère à Saint-Ouen... Se laissent vraiment berner facilement ces cons. Et je parle même pas des poulets! Alors eux, complètement à la ramasse... Ils en sont encore à chercher un lien entre les victimes... alors que c'est là le B-A-BA du tueur en série: des victimes qu'on ne peut relier ni entre elles, ni au tueur... une chance encore que j'aie bien féminisé ma méthode en laissant sur mes cadavres des signes qui ne trompent pas, sans quoi ils en seraient toujours à rechercher un homme! Ah! Foutues statistiques... le mal qu'elles font aux femmes de ma trempe! Savez comment ils m'appellent? Un point aberrant. Les cons! S'ils veulent de l'aberration, j'vais leur en donner moi... j'm'en vais t'le soigner, mon prochain cadavre, que son corps, ah ça, oui, il aura bien l'air d'une putain d'aberration!

J't'en foutrais des points aberrants... Conneries d' statistiques!


Bon... mais je m'égare, là, alors que la foule commence à envahir le marché... Allez, au boulot.





Ecrit sur le thème des Impromptus littéraires : « Marché aux puces »



 

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 19:38
 

Aux puces de Montreuil

j'ai cherché un cercueil

un beau en cuir d'écureuil

mais y en avait pas un seul

même pas un joli linceul

par contre je m'suis fait tirer mon larfeuille

ça m'a fait un autre genre de deuil


Aux puces de Vanves

j'ai trouvé une chemise de chanvre

un joli collier d'ambre

un bonnet d'âne pour cancre

mais nul registre de chantre

alors je m'suis offert une tranche

de pain qu'j'ai bâfrée comme un chancre


Aux puces de Clignancourt

j'ai longtemps cherché l'amour

mais je n'ai trouvé qu'un tambour

vendu avec un troubadour

qui chantait « Rocamadour »

en faisant de mauvais calembours

alors j'ai acheté un four


Aux puces de Paris

on trouve de tout à ce qu'on dit

et pour pas cher t'es pas marri

te v'là avec un lé d'organdi

une collec' de timbres des Fidji

une jolie bible neuve en hindi

et alors qu'est-ce qu'on dit?




Ecrit sur le thème des impromptus littéraires : « Marché aux puces »



 

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 11:29

 

J’ai arrêté de fumer. J’ai pris quatre kilos. Afin de mettre toutes les chances de mon coté pour inverser la tendance, je me suis mise au régime et j’ai arrêté la pilule. J’ai perdu 2 kilos mais du coup je suis tombée enceinte. J’ai fait une fausse-couche et une déprime. Alors j’ai pris 8 kilos et je suis retombée enceinte. J’ai pris 16 kilos. J’ai accouché et perdu 9 kilos. J’ai pouponné. Puis j’ai repris le travail et le régime et perdu 10 kilos. J’ai rencontré un con qui m’a rendue malade et j’ai perdu 7 kilos. Je m’en suis remise et j’ai repris 4 kilos. Ensuite j’ai rencontré l’homme idéal et vivre d’amour et d’eau fraîche m’a fait perdre 3 kilos.

 

J’ai pour ainsi dire retrouvé mon poids d’origine.

Mais avec des tonnes de bonheur en plus.

 

 

 

Variation autour du thème des Impromptus littéraires : « Régime ».

 

 

 

 

 

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 10:39


« Ah mais chérie, je les aime, moi tes rondeurs ! »…

Comment ai-je pu être aussi naïve ? Je le savais bien que les hommes ne disent ça que pour draguer mais n’en pensent pas un mot ! Ce que ça vous rend stupide, d’être amoureuse, quand même… Et puis c’est qu’il aimait ça, lui, faire bonne chère, alors quand on n’était pas en train de se taper la cloche au restaurant, on se mitonnait des petits plats à la maison qu’on arrosait toujours copieusement… Ah ça pour profiter, on a profité !

Au début, on s’envoyait en l’air tout le temps, presque plus souvent qu’on mangeait, ça allait encore… j’éliminais. Mais je prenais quand même un peu de ventre, un peu de fesses, alors petit à petit je lui faisais moins envie, évidemment.

J’ai bien essayé de faire attention, mais on ne peut pas dire qu’il m’ait beaucoup encouragée. Fallait voir sa tête quand j’évoquais l’idée de manger quelque chose de vert sans beurre et sans crème. Je suis devenue la rabat-joie de service le jour où j’ai voulu boire de l’eau à table et il m’a carrément battu froid pendant trois jours la fois où je n’ai pas pris de dessert au restaurant. Alors dans ces conditions, vous imaginez bien que j’ai eu du mal à soigner ma ligne…

Et plus le temps passait, moins j’étais désirable et moins il me désirait… On faisait de moins en moins l’amour, on mangeait de plus en plus, j’enflais doucement mais sûrement. Jusqu’au jour où, en me regardant, nue, il m’a dit avec les yeux brillants d’un désir que je n’avais plus vu depuis longtemps : « Hmm… quand j’vois des jambons pareils ça m’donne des envies d’charcutaille ! »

Ce jour là, j’ai su qu’il fallait que ça cesse et que je ne pouvais plus me laisser aller comme ça. J’ai décidé de changer mon alimentation et de me mettre à la gym.

Je l’ai assommé avec la poêle dans laquelle il se faisait frire des rognons. Les efforts que j’ai dû déployer pour découper son corps et l’enterrer dans le parc ont été une bonne mise en jambes pour démarrer mon nouveau régime.

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « Régime ».

 

 

 

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 09:10

Il a donc fallu, mon aimée, que finalement tu trahisses mon amour insensé pour de sombres caprices ?

 

Tu en as inventé, des ruses et des malices, pour bien m'amadouer et me pousser au vice. En te grimant, poupée, tu m'as mis au supplice, car comment résister à ces divines délices ? Pour toi j'étais fin prêt à tous les sacrifices, mais toi tu m'as souillé et couvert d'immondice. De mensonges éhontés en vils salmigondis, j'aurai tout avalé… surtout la lie en ton calice.

Mais cela va cesser, il faut que l'on grandisse. Plus besoin désormais qu'autant je te maudisse.

 

Je vais enfin jeter au feu tes artifices... toi aussi, au bûcher, ma garce ! Qu'on en finisse !

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « feu d’artifices ».

 

 

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