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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 09:13

 

C'est dimanche aujourd'hui. L'air est couleur du miel. Quoique… attends voir… ah non. Foutue cataracte, tiens.

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires avec la contrainte de commencer par « C'est dimanche aujourd'hui. L'air est couleur du miel. » (Paul Jean Toulet)

 

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 23:27

 

Cinq ans.

Pas grand-chose à l’échelle d’une vie ? A l’échelle de la mienne, si, putain ! J’ai 23 ans, alors 5 ça fait un qua… euh… ouais, ça fait vachement, quoi, merde ! Et puis c’était pas n’importe lesquelles, ces cinq années, c’était les premières de ma vie d’adulte…

J’étais qu’un marlou de quartier, un petit branleur – petit, surtout – avec une gueule d’ange… Ah ça ! Je plaisais aux minettes du voisinage, sûr ! Tout ce qui avait entre 12 et 16 ans et des seins naissants était dingue de moi. Ou quasi. Mon coté petite frappe plaisait même aux filles à papa, elles adoraient mes yeux bleus et mes airs poupons…

Cinq ans ! J’aurais pu en faire des trucs. Si ça se trouve j’aurais peut-être même pu apprendre… je sais pas, un métier par exemple ! Au lieu de ça j’ai appris à me faire enculer sans pleurer et à trancher une carotide d’un seul coup de  lame. Alors qu’au départ je savais juste voler des voitures et encore, pas très bien, vu comme je me suis fait gauler.

Cinq ans. C’est cher payé pour trois voitures même pas neuves.

Et j’ai la gueule beaucoup moins angélique avec la cicatrice qui me barre la joue, maintenant. Alors qu’est-ce que vous voudriez que je fasse, hm ? Je n’étais pas grand-chose en entrant, je ne suis plus rien et la seule chose que je sache faire, c’est tuer.


Je sors demain.

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « Cinq ans ».

 

 

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 23:10

 

Il faisait rouge.

Ni jour, ni nuit. Entre chien et loup. Rouge.

Depuis des heures, des jours, voire peut-être des semaines, je n’aurais pas su le dire. Un pâle soleil parvenait à donner par moment une impression de chaleur. Parfois les nuages couraient sur la lune enflammée et une fois il a même un peu plu. Il restait donc de temps à autre un soupçon de normalité dans cet environnement singulier. Mais la nuit ne tombait pas plus que le jour ne se levait. Le temps semblait coincé entre deux feux, celui d’un soleil rose rasant l’horizon et celui d’une lune rousse plantée haut dans le ciel.

Je suivais cette route depuis ce qui me paraissait une éternité. Je n’avais toujours croisé personne. Le silence oppressant qui m’entourait rendait le bruit de mon pas sur l’asphalte et des battements de mon cœur assourdissant. Je ne m’étais pas aperçu tout de suite de ce qui manquait vraiment, mais j’avais fini par réaliser que je n’avais plus entendu le moindre bourdonnement d’insecte, chant d’oiseau ou grognement animal depuis… oui, depuis quand ? Depuis quoi ? Que signifiait ceci ? Et combien de temps allais-je tenir encore avant de devenir fou ?

Cette semi-obscurité, cette vague clarté, ce demi-jour était une injure à l’ordre naturel des choses et mon corps tout comme mon esprit semblait en suspens. Je ne savais déjà plus combien de temps s’était écoulé depuis la dernière fois que j’avais dormi, mais j’avais néanmoins le sentiment de rêver plus que je ne vivais vraiment. J’étais probablement déjà fou. La mort viendrait bien me délivrer tôt ou tard de cet enfer.

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires : « Inspirez-vous de ce vers d’Alfred de Vigny qui devra figurer dans le texte (le vers, pas Alfred) : les nuages couraient sur la lune enflammée »






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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 01:26

pour cette nouvelle année, penser à :

 

moins manger (maigrir ?)

moins picoler (m’aigrir ?)

arrêter de veiller (dormir ?)

ne plus rêver (grandir ?)

cesser de pleurer (sourire ?)

décolérer (sans bouillir ?)

moins déprimer (mentir ?)

moins dépenser (sans rire ?)

me dépenser (sans rire ???)

ne plus penser (dépérir ?)

moins fantasmer (me faire tartir ?)

ne pas espérer (frémir ?)

moins m’exalter (vieillir ?)

ne plus aimer (mourir ?)

 

et bonne année ! (pour finir)

 



Pour les Impromptus littéraires.


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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 18:41

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

 

Il m’aime… un peu

 

Et nos amours

 

… beaucoup

 

Et nos amours

 

… passionnément

 

… à la folie

 

Faut-il

 

 

 

Pas du tout.

 

J’essaie de deviner la valse lente de mes pétales sur les flots noirs de la Seine. La nuit est glaciale. Je suis transie. J’ai fini de m’effeuiller et je m’en vais rejoindre mes amours mortes pour une danse macabre au gré du courant.

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus Littéraires sur le thème « Danser sur les flots ».

 

 

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 14:00

Manipuler avec soin, éviter les gestes brusques

Ne pas secouer, ne pas poser à l’envers

Alimenter régulièrement

Ne pas brancher sur le secteur

Conserver à température ambiante (couvrir si température ambiante inférieure à 15°C)

Laver régulièrement (sans emballage)

Changer régulièrement l’emballage

Laisser reposer en cas de baisse de régime (aussi souvent que nécessaire durant les premiers mois d’utilisation)

Ne pas exposer à de fortes sources de chaleur

En cas d’épanchement, colmater

En cas d’épanchement persistant, contacter le service technique

Faire réparer dans les meilleurs délais en cas de dysfonctionnement

Ne jamais essayer d’ouvrir ou de réparer vous-même

 

Oh la la… qu’est-ce que j’vais faire de c’truc ? Puis c’est quoi l’embrouille ? C’est Saint-Nicolas qu’a posé ça là ? Le Père Noël qui prend d’l’avance ? J’savais pour les cigognes, les roses et les choux, mais si tout l’monde s’y met c’est l’bordel !

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires : « Un cadeau vous arrive avant Noël accompagné de son mode d'emploi des plus obscurs ».

 

 

 

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 09:19

 

Quand j’ai reconnu ton écriture, amour, mon cœur s’est emballé. Mes mains en tremblaient d’émotion en serrant le papier contre ma poitrine. Tout ce temps sans nouvelle et enfin m’arrivait un peu de toi ! J’ai bien failli déchirer ta lettre en même temps que l’enveloppe dans ma hâte de te lire. Mes doigts, fébriles, n’arrivaient pas à déplier les feuilles et j’ai bien cru perdre la raison en même temps que mon combat contre ces pages ! Je me suis efforcée de contrôler mon excitation pour pouvoir enfin me délecter de tes mots.

J’avais si peur depuis tout ce temps que tes sentiments se soient taris, que tu aies effacé de ton esprit cette folie que semblait être notre histoire, que tu aies chassé de ton âme cette passion qui nous portait l’un vers l’autre. J’étais tellement terrifiée à l’idée de ne lire que quelques mots froids et définitifs, un adieu à peine poli, une excuse impersonnelle.

Mais quel bonheur ce fut ! Cette façon qui n’appartient qu’à toi de me dire ton amour et de compter sur le mien pour tenir, ces phrases courtes et chantantes qui sont à mon âme comme autant de vers fabuleux… Ah ! Bonheur que de t’aimer et d’être aimée de toi ! J’ai relu ces lignes jusqu’à les connaître par cœur et t’entendre presque me les dire toi-même. Si je ferme les yeux je peux te voir me les chanter, me les danser, me les montrer avec tes yeux, avec tes mains, avec ta peau contre la mienne et nos cœurs à l’unisson.

 

Cette lettre, amour, je ne l’ai jamais reçue. Tu ne l’as jamais écrite. Je ne sais pas ce qu’elle aurait contenu. Mais je suis sûre qu’elle aurait été plus belle encore que tout ce que j’ai déjà cent fois imaginé. Je suis sûre qu’elle m’aurait donné mille fois raison de t’aimer encore et plus fort toujours et aveuglément sans doute. Je suis sûre qu’elle m’aurait fait le cœur léger et l’âme en fête. Je suis sûre.

 

Je suis sûre.

 

 

 

Re-variation autour du thème de la semaine des Impromptus littéraires : « Vous avez reçu une lettre… ».


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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 14:09


C’est amusant comme je ne ressens rien, en regardant brûler dans la cheminée du petit salon cette lettre que j’ai jetée au feu sans même hésiter. Quand Margaret me l’a apportée, posée sur ce petit plateau d’argent sur lequel sa mère apportait déjà son courrier à la mienne, j’ai eu comme un pressentiment. Comme si je savais ce qu’elle contenait. Et étrangement c’est du soulagement, que j’en ai éprouvé. Un soulagement conforté par ma lecture.

Les petits morceaux de papier s’envolent dans la cheminée, portés par le feu vivace… Alanguie dans ma bergère et comme enveloppée de la chaleur des flammes toutes proches, je n’entends presque plus l’agitation qui règne depuis déjà trois jours dans le grand salon. Je me laisse aller à mes pensées vagabondes.

Je revois cette enfant si douce, ses grands yeux curieux et son sourire coquin. Mon bonheur indicible cette première fois où je l’ai tenue dans mes bras, puis à chaque câlin qu’elle me faisait. Bien sûr que nous l’avons gâtée ! A quoi bon la priver puisque nous pouvions la combler ? Pour autant, elle a toujours su la valeur de l’argent, l’importance d’être bienveillant et généreux et elle a largement eu son lot de punitions ! Elle a appris la politesse et le respect, la tolérance comme l’exigence et jusqu’à une période récente elle était plutôt bonne élève, sérieuse, mais populaire.

Alors qu’ai-je donc raté ? Qu’avons-nous raté pour qu’elle devienne tellement… écervelée ? Que dis-je, écervelée ! Elle est inconséquente, irresponsable et… complètement dévergondée. Elle croit me leurrer, mais je sais bien qu’elle séduit tous les hommes qu’elle croise et qu’elle couche avec la plupart des amis de son père. Elle me prend pour une femme d’un autre temps, étrangère aux mœurs de notre époque, mais je sais bien aussi que le fils de Margaret est son fournisseur d’héroïne et de cocaïne depuis deux ans déjà. Je suis au courant aussi pour ses deux avortements, ses trois films pornographiques et la façon dont elle s’est tirée d’un mauvais pas en couchant avec l’avocat de la famille et un inspecteur de police peu scrupuleux. Elle aura 18 ans dans deux jours et je me dis que le pire est à venir.

J’ai tout essayé pour la remettre sur le droit chemin. Je l’ai aimée plus qu’aucune mère n’a jamais aimé son enfant, j’ai essayé la compréhension, la sévérité, les cures, les vacances loin de tout, les privations, les compensations… En retour, je n’ai récolté qu’injures, crachats, menaces et mépris. Je n’en peux plus. Il est temps pour nous de vivre à nouveau. Cette lettre, dont il ne reste plus rien maintenant dans la cheminée, je crois que j’ai bien fait de la brûler. Le deuil d’un enfant mort est sûrement moins pénible que le deuil d’un enfant vivant.

 

Alors nous ne paierons pas cette rançon. Nous avons bien assez payé déjà.

 

 

 

Variation autour du thème de la semaine des Impromptus littéraires : « Vous avez reçu une lettre… ».

 

 

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 16:02

 

Des années maintenant que j’attends. J’espère, je prie, je fais des vœux en soufflant les bougies d’anniversaire, je guette les étoiles filantes, je bigote, je ne décroise jamais mes doigts, je dépense des fortunes en trèfles à quatre feuilles, en fers à cheval, en pattes de lapin, en grigris divers, je brule des cierges, je fais des offrandes à buddha, à Allah, au curé d’à coté, je suis d’une sagesse exemplaire, tant et si bien qu’à bientôt 40 ans je ne sais pas si je me suis déjà marrée une seule fois dans la vie… et pourtant.

Pourtant, je ne l’ai toujours pas, cette poupée Tinnie qui pleure et qui fait pipi. Alors que l’année où je l’ai commandée, je ne l’ai quand même pas inventée, cette lettre ! Tiens, d’ailleurs je l’ai là, je la garde toujours sur moi, regarde :

 

Mon enfant,


j’ai bien reçu ta lettre et je ferai
mon possible pour te faire plaisir !

Ho ho ho !

Sois bien sage.

Le père Noël


 




Ecrit pour les Impromptus littéraires, à peu près sur le thème : "Vous avez reçu une lettre ce matin
(oui, bon, là, j'ai pris des libertés... c'était un autre matin, quoi), l'avez lue et relue (là j'ai bon) et n'arrivez pas à en détacher votre regard (humpf...). Partagez avec nous cette lettre ou racontez-nous son contexte ou son histoire (là, j'ai bon, non ?)."



 

 

 

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 22:34

Je n’aime le violon que dans ses langueurs slaves, accompagné de la plainte rauque d’un vieux chant yiddish et, si possible, d’une vodka.

Quand le petit couple propret s’est installé dans l’appartement du dessus, que le piano est arrivé et que j’ai entendu les premiers grincements du violon, j’ai vite compris qu’on serait bien loin de mon trip nostalgie nomade avec ces deux-la. Je serais bien incapable de dire s’ils étaient bons ou non, mais ils étaient sans aucun doute enthousiastes et besogneux et répétaient à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, avec une application proche de l’acharnement, un seul et unique morceau.  

Par politesse autant que par curiosité et dans l’espoir que ma visite offrirait un répit à mes tympans, je suis allé me présenter à eux et leur demander quel était ce joli morceau qu’ils m’infligeaient jour et nuit. Ces cons m’ont répondu « graceful ghost » sans s’émouvoir une seconde du fait que je les entendais, donc, jour et nuit.

Leur putain de fantôme plein de grâce me collait les nerfs en pelote et me faisait une tronche de zombie disgracieux. J’avais des cernes qui commençaient à me donner l’air de porter mes couilles en lunettes, alors j’ai décidé de mettre un terme à leurs débordements artistiques avant que ça n’aille trop loin.

Dans un premier temps, je m’en suis tenu aux usages civilisés et courtois. Pardon, s’il vous plaît, en vous remerciant… mais une fois les courbettes et leur gêne feinte balayées d’un claquement de porte, ils remettaient ça. Ils se foutaient clairement de ma gueule. Je n’ai évidemment pas tenté de faire intervenir les flics, hein, autant pisser dans un violon.

Pisser dans un violon…

 

J’ai soudoyé le gardien d’une bouteille de jaja même pas cher pour qu’il me file les clés et j’ai attendu que les deux musicos à la manque sortent de chez eux. Une chance, ils n’ont pas traîné trop, parce qu’avec ce que je m’étais enfilé comme bibine et pruneaux j’étais au bord de l’explosion. J’ai vite trouvé le putain de violon, posé sur le putain de piano. J’ai pissé environ 3 litres dans le violon et son étui et j’ai chié dans le piano. Qu’est devenu vraiment aqueux, pour le coup. La blague m’a tellement fait poiler que j’ai re-pissé, mais sur le tapis cette fois parce que j’arrivais plus à viser à force de me marrer.

Je me suis barré soulagé. C’est rien de le dire. Les deux empaffés l’ont pas trop ramenée. Ils étaient pas sûrs sûrs que c’était moi, déjà, et même ? Ils allaient… quoi ? Demander une analyse ADN pour me confondre ? Je les ai plus entendus depuis. Ni eux, ni la moindre note de musique. Je suis pas du genre vindicatif, mais faut voir à pas trop se foutre de ma gueule non plus.

 

 

 

Variation pipi-caca autour du thème des Impromptus littéraires, inspirée par ça.

 

 

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