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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 21:16

 

J’ai vu qu’elle était là un jour où je suis rentré tard de l’école. J’étais tout seul et je marchais pas vite, tout contre le mur pour essayer d’être un peu à l’ombre, alors je l’ai entendue. Au début, j’ai pas su d’où ça venait, et puis j’ai vu un mouvement derrière les persiennes et je me suis approché pour voir. C’était difficile de vraiment distinguer dans le noir, y avait pas beaucoup de lumière du dehors qui passait dedans, mais elle était bien là. J’ai appelé doucement et elle m’a répondu. C’était un peu bizarre de se parler comme ça sans se voir, mais je trouvais ça amusant en même temps. Et puis on pouvait s’imaginer comme on voulait, parce qu’elle me voyait pas vraiment non plus, alors c’était chouette, un peu comme une histoire qu’on aurait inventée, mais qui serait vraie en même temps. Elle m’a dit qu’elle habitait là et que c’était bof. Moi je trouvais sa maison plutôt jolie, mais elle m’a dit qu’elle en savait rien si c’était joli et qu’en tout cas elle trouvait qu’il faisait trop froid. Je lui ai dit qu’elle avait de la chance parce que dehors il faisait trop trop chaud, mais elle a commencé à pleurer alors j’ai dit que non, c’était nul le froid et puis j’ai arrêté de parler de ça. On est devenus des genres de copains, même si c’est pas vraiment copains avec une fille et qu’en plus on jouait pas ensemble et on se voyait même pas en vrai, mais quand même on se parlait tous les jours et on s’aimait bien. Elle voulait que je lui raconte plein de trucs de l’école et de ma famille, même de Léo qui fait rien qu’à pleurer et qu’est tellement petit que j’ai même pas le droit de jouer au foot avec, et elle, elle inventait des histoires et elle me donnait des idées pour faire des tas de trucs. Quand j’avais des bonbons je lui en gardais toujours et ça, elle adorait ça ! La première fois que je lui ai donné une fraise elle a dit qu’elle en avait jamais mangé, mais à mon avis c’était pour faire son intéressante.

 

C’était une drôle de fille quand même. Sauf qu’elle pleurait souvent.

 

Et puis un jour y a eu tout un tas de monde et des histoires autour de la maison et les gens parlaient drôlement et ils disaient que c’est pas possible des choses pareilles, quand même, pauvre gosse elle est sans doute mieux où elle est maintenant.

 

Moi je sais pas où elle est maintenant, mais elle est plus derrière les persiennes. N’empêche que tous les jours je viens quand même regarder par le soupirail et je l’appelle, des fois qu’elle y serait revenue, dans sa cave.

 

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires : « derrière les persiennes ».

 

 

 

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 20:25

 

Alors qu’elle allait enfin pouvoir jeter un œil à la surface des océans, la petite sirène entendit des cris en provenance du ventre de la baleine… c’est ainsi qu’elle fit la connaissance de Pinocchio et rata de peu le prince bégueule, qui mourut dans la tempête sans laisser le temps à la petite sirène d’envisager les pires sacrifices pour ses beaux yeux, n’essuyant en retour que son indifférence et son mépris.

A la place, elle sympathisa donc avec le gentil garçon de bois qui, au lieu d’aller s’encanailler au pays des jouets, préféra demander l’aide de la fée bleue pour que le bois dont il était fait ne pourrisse pas malgré l’humidité quand il irait voir sa nouvelle amie. Un peu débordée, la fée bleue l’adressa à sa copine Carabosse qui, tout heureuse qu’on la sollicite, ne prit nullement ombrage de n’être point conviée au baptême de la princesse locale.

Celle-ci, que l’on surnomma plus tard la belle au bois, n’eut pas à subir de mauvais sort et put vivre sa parfaite petite vie de parfaite petite princesse sans avoir à dormir 100 ans avant de rencontrer l’élu de son cœur. Elle échappa ainsi à la belle-mère acariâtre et anthropophage qui lui était promise, laquelle, trop heureuse de ne pas avoir à partager son fils chéri avec la première tête couronnée venue, ne développa d’ailleurs pas ce penchant pittoresque pour la chair humaine et vécut une vie tranquille et somme toute normale. Elle mourut en laissant un fils, certes pas très dégourdi, mais nullement traumatisé, et une fille belle comme le jour.

Ayant pu jouir à loisir des hommes de sa famille sans qu’une importune bru ne vienne lui en disputer un, elle n’eut aucune exigence particulière quant à l’éventuel remariage de son époux après sa mort. Celui-ci, de fait, ne chercha pas à se taper sa propre fille, mais s’enticha, étonnamment, d’une femme un peu bizarre, qui habitait une maison dans la forêt. Pâtissière douée, mais souffrant d’un cruel manque de reconnaissance, elle nourrissait le dessein macabre de piéger des enfants pour les cuisiner en desserts succulents, qu’elle ferait déguster à leurs propres parents. Par chance, la gourmandise du roi nouvellement veuf rencontra ses talents culinaires et elle abandonna son projet ainsi que la maison en sucrerie qu’elle avait presque achevée pour attirer les enfants. 

Elle ne cuisina plus qu’au château pour sa nouvelle famille. La fille du roi, aussi gourmande que son père, devint grosse et grasse et ne put jamais entrer son pied épais dans une quelconque pantoufle de vair. Le prince qui s’amouracha d’elle n’eut ainsi pas à perdre de temps pour la demander en mariage et les noces furent célébrées en toute quiétude, sans qu’il soit besoin qu’aucune jeune-fille se mutile et sans avoir à se demander si la belle était bien la bonne et non une quelconque usurpatrice à petits petons.

Pendant que l’on festoyait au château, les pauvres étaient toujours pauvres et abandonnaient toujours leurs enfants dans les bois. C’est ainsi que Hansel et Gretel découvrirent la fabuleuse maison en sucrerie abandonnée. Il y avait là de quoi les nourrir suffisamment longtemps pour qu’ils n’aient plus à s’inquiéter de l’avenir. Ils s’installèrent donc dans la forêt et, au hasard d’une promenade digestive, rencontrèrent le petit Poucet et sa grande fratrie. Ils les accueillirent bien volontiers dans leur nouvelle maison, sauvant ainsi sans le savoir la vie de sept jeunes-filles que leur ogre de père ne dévorerait pas par erreur, et tous vécurent très heureux. On raconte même qu’il y eut de beaux mariages entre des filles de l’ogre et des frères du petit Poucet. Quand les vivres vinrent à manquer, ils se firent embaucher à la mine par les sept nains, qui n’avaient pas besoin de toutes les pierres précieuses qu’ils extrayaient et pouvaient bien partager un peu.

Ils en profitèrent quant à eux pour lever le pied et purent ainsi passer plus de temps à surveiller cette gourde de Blanche-Neige et lui éviter de s’étrangler avec un bout de pomme. Elle n’eut pas à épouser le premier petit malin venu qui lui fit croire qu’il lui avait sauvé la vie. Au lieu de ça, elle fit la rencontre d’un bucheron, alors qu’il s’apprêtait à remplir le ventre d’un loup de pierres, le promettant à une morte certaine et douloureuse.

Elle raisonna le rustre, mais vigoureux bucheron en lui expliquant que le loup n’est pas méchant, il a seulement faim, et le bucheron, la vieille et le petit Chaperon rouge convinrent qu’il ne méritait peut-être pas une telle punition. Au réveil de la bête, la vieille donna au loup de la galette et du beurre et celui-ci fut prié, avant de partir, de dire merci et de promettre de ne plus manger de gens. Il promit et dès lors ficha une paix royale à Pierre et ses amis, si bien que le canard put devenir un beau cygne et Pierre profiter du temps qu’il ne perdit pas à attraper le loup pour se faire des amis.

Il fit ainsi la connaissance de Pinocchio, qui lui raconta qu’il cherchait un moyen de voir tranquillement sa nouvelle amie la petite sirène et trouva formidable l’idée de Pierre de demander de l’aide à la fée bleue…

 

 

 

… Et c’est grâce à cette belle histoire que tous les enfants du monde s’endorment chaque soir sans avoir peur du noir, aiment leurs parents en pleine confiance, abordent le monde et les autres en toute quiétude, vivent leurs histoires d’amour avec légèreté et bonheur et deviennent à leur tour des parents équilibrés, aimants, rassurants et fiables.

 

 

 

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires avec pour consigne d’imaginer un conte qui rassemble plusieurs personnages connus.

 

 

 

 

 

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 23:43

 

Ce jour-la, elle s’était habillée en grand-mère. En vraie grand-mère de livre illustré. De vieux livre. Elle portait des chaussures qui rappellent pourquoi le mot soulier existe, une longue robe grise ceinturée d’un improbable tablier et un châle posé sur ses épaules. Ses cheveux étaient tirés en un lourd chignon sur sa nuque, sur le bout de son nez reposaient de fines lunettes en demi-lunes et elle se tenait le buste légèrement penché vers l’avant, de sorte qu’il ne lui manquait plus qu’une canne pour parfaire le cliché. Elle attendait, portant sur son bras un vieux sac à main en cuir au vernis craquelé, devant le portail de l’école d’où jailliraient d’une minute à l’autre des hordes d’enfants excités et bruyants parmi lesquels il lui faudrait trouver la bonne.

Par chance, cette si bonne élève de l’école Saint-Prout-de-mes-fesses était avant tout une morveuse normale et mal élevée qui la bouscula violemment sans s’excuser. Elle l’attrapa par le col avant qu’elle ait pu se carapater et la gosse faillit s’étouffer une première fois. Elle manqua de s’étouffer une seconde fois en la reconnaissant. Passée la surprise qui les saisit toutes deux un instant, elle relâcha quelque peu sa prise et dit d’une voix doucereuse :

-          Alors, on n’embrasse pas sa Mamy ?

-          Grand-mère ? Mais qu’est-ce que tu fais là ?

-          Je viens passer un peu de temps avec ma petite-fille !

-          Maman elle dit que tu préfèrerais perdre un bras plutôt qu’avouer en public que t’es grand-mère…

-          Ta mère elle dit aussi qu’elle comprend pas que tu sois si vilaine alors qu’elle est si jolie, comme quoi, tu vois, elle dit pas toujours que des choses intelligentes, hein.

-         

-         

-          Pourquoi t’es déguisée en vieille ?

-          Tu dis toujours que j’ai pas l’air d’une grand-mère.

-          Ouais mais là t’as carrément l’air de ta grand-mère à toi !

-          Et ben t’as qu’à m’appeler Grand-Mamy. Allez, viens.

-          On va où ?

-          A la bijouterie.

-          Ah bon ? Pour quoi faire ?

-          C’est bientôt ton anniversaire, non ?

-          Euh… non, je crois pas.

-          Alors c’était y a pas longtemps ?

-          Ben si, quand même…

-          Bon, tu veux pas que ta Mamy te fasse un cadeau ?

-          Si !

-          Alors arrête de pinailler et viens !

-          A la bijouterie ?

-          Ça te ferait plaisir, des boucles d’oreilles ?

-          Oh oui ! Mais… j’ai pas les oreilles percées…

-          Parfait ! On va commencer par ça alors !

-          Han ! Maman elle veut pas ! Elle dit qu’à mon âge je vais quand même pas commencer à me mettre des breloques de vieille peau comme… euh…

-          Ha ha ha ! Comme moi ? C’est ça ?

-         

-          Ecoute ma chérie. Entre les jupes plissées de ta mère et mes boucles d’oreilles, est-ce que tu trouves vraiment que c’est moi qui fais vieille ?

-          Ben aujourd’hui…

-          D’habitude ?

-          Hm… elle est à maman, cette robe, hein ?

-          Tu la reconnais ?

-          Oui… elle l’avait l’autre jour pour…

-          Elle la porte toujours ?

-          Ben oui.

-          Oh la la… Bon, assez traîné. Vite.

La grand-mère prit la main de l’enfant et toutes deux trottinèrent jusqu’à la bijouterie. En chemin, la femme adressa un discret signe de tête à un policier puis à un homme en train de lire le journal en face de la bijouterie.

L’enfant hésita un peu avant de se laisser percer les oreilles, pendant que la grand-mère déployait de beaux efforts pour séduire un vieux bijoutier conquis. Ses clientes lui avaient déjà fait ouvrir plusieurs vitrines pour voir différents modèles de boucles, quand surgit l’homme au journal, muni cette fois d’un pistolet. Il cria, menaça, brisa des vitrines, braqua son arme tour à tour sur la femme et l’enfant, mais fut vite interrompu et maîtrisé par le policier qu’elles avaient croisé en venant.

Le vieux bijoutier, au bord de la crise cardiaque, balbutia des excuses à la grand-mère et l’enfant qui partirent rapidement. Il se contenta d’un vague signe de tête au policier qui lui dit de passer plus tard au commissariat régler la paperasse, avant de sortir avec son prisonnier.

 

A moins de cinq-cents mètres de là, dans le hall de l’immeuble de la fillette, la grand-mère se débarrassa de la robe sous laquelle elle portait un pantalon de cuir et un bustier noirs. Elle prit le cartable de l’enfant dont elle sortit cahiers et crayons avant de le secouer au-dessus du tablier qu’elle avait posé au sol. Il en tomba un véritable trésor sous le regard émerveillé autant qu’étonné de l’enfant. La main de la grand-mère fouilla parmi les colliers, les bracelets, l’or, les perles et les pierres et elle en sortit une fine paire de ravissantes boucles d’oreilles qu’elle tendit à la petite.

-          Tiens. C’est ta part.

-          Mais Grand-Mère… tu les as pas payées !

-          Hm… et si tu racontes ce qui s’est passé aujourd’hui, je serai obligée de dire que tu les as volées. Elles t’iront très bien ma chérie. Allez, file !

 

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires, avec pour contrainte « un protagoniste (qui ne doit pas être un loup) sera habillé en grand-mère. »

 

 

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 09:25

 

La nuit n’est jamais complète et c’est tout le drame

Qu’une lune se reflète hélas sur la lame

Et tu risques perpèt’ pour la mort d’un quidam

 

 

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires : commencer par "La nuit n'est jamais complète" (Paul Eluard) 

 

 

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 10:57

 

J’ai menti à ma mère et j’ai fait mentir les copines pour pouvoir sortir le soir tranquillement. J’ai menti sur mon âge parce que les gens plus âgés sont tellement plus intéressants. Avec mes nouveaux amis je suis entrée sans problème dans les boîtes de nuit.

Là, plus besoin de mentir : les hommes croient qu’une fille qui a des seins est une femme, alors la question de mon âge ne se posait plus quand ils me pelotaient sur la piste de danse. Je n’aimais pas ça. Mais il y avait ce barman dont je me croyais amoureuse parce qu’il était beau et qu’il tenait cette place de choix derrière le bar, alors je faisais comme si toutes ces mains sur mon corps n’étaient pas une injure à mon innocence encore enfantine.

La nature est mal faite tout de même, pour doter si jeune les filles d’attributs de femmes, alors qu’elles gardent si longtemps une cervelle de moineau. Quand on a enfin la tête bien faite, c’est le corps qui commence à faner. Et c’est tout le paradoxe du grand mensonge féminin : aujourd’hui, je mens toujours sur mon âge, mais pour me faire passer pour plus jeune. Les hommes aiment toujours mon cul, mais ils ne voudraient surtout pas se taper une vieille. Alors je me grime et m’apprête comme une midinette pour aller exhiber mes charmes pas encore tout-à-fait flétris sur les mêmes pistes de danse que celles de mon enfance.

Le beau barman est parti depuis bien longtemps, remplacé par un plus jeune qui à son tour plaît aux jeunes-filles sans cervelle. Chaque nuit que je passe ici, je me souviens. Je ne sais pas combien d’autres enfants ont été abîmées entre ses mains. Il n’avait même pas pris la peine de me séduire, il me savait conquise. Je l’avais suivi sans oser résister. J’avais laissé ses mains courir sur ma peau en me retenant de pleurer. Je ne savais pas que l’émoi d’une première fois n’était pas supposé ressembler au dégoût et à la panique.

Quand j’ai commencé à pleurer il a ri et m’a poussée dans les toilettes cradingues entre deux urinoirs. Je ne comprenais pas vraiment ce qu’il me faisait, mais j’ai crié quand je l’ai senti en moi et il m’a fait taire en plaquant sa main sur ma bouche. Et puis il m’a laissée là, meurtrie, les cuisses ruisselantes, avant d’appeler ses copains. J’ai perdu connaissance quand ma tête a heurté une pissotière et je n’ai aucun souvenir de ce qui s’est passé ensuite.

C’est dans ces mêmes chiottes toujours aussi dégueulasses que j’attire encore les hommes aujourd’hui. Je ne comprendrai jamais comment ils peuvent à ce point s’exciter dans les relents de pisse et de gerbe. Une fois qu’ils sont prêts à mourir de désir, je les entraîne dehors. Quand tu tiens un mec par la queue il peut te suivre au bout du monde. Je les emmène le plus loin possible et quand ils n’en peuvent vraiment plus je leur broie les couilles avant de leur trancher la gorge.

 

 

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « Mensonge ».

 

 

 

 

 

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 12:50

 

Comme dans du beurre !

Ferme, confiant, serein… Ah ! Pas comme la première fois ! Hésitation, trouble… Le geste imprécis, les mains moites, les jambes tremblantes. Ce fut affreux et excitant tout à la fois. Son souffle court, la crainte et l’espoir dans ses yeux, mon propre regard sans doute un peu affolé, le désir qui faiblit sous les assauts du doute… J’entends encore ses petits cris déroutants qui ne faisaient qu’ajouter à ma nervosité et me rendaient plus maladroit encore… Et ce sursaut de fierté, enfin, qui m’a permis, dans un dernier élan libérateur, de mener à bien cette première expérience extatique… Oh, bien sûr, ce souvenir ne m’emplit pas d’une immense fierté, non… mais je lui garde une vraie tendresse et, aujourd’hui encore, c’est à cette première fois que je repense à chaque fois que ma lame s’enfonce dans les petites gorges rondes et douces.

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème de « la première fois ».

 

 

 

 

 

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 20:17

 

La dernière fois qu’il m’est venu une idée farfelue, elle revêtait les atours chimériques d’un conte de fée. Elle respirait l’amour, elle promettait des lendemains qui chantent et elle avait des allures de toi et moi jusqu’au bout du monde. Elle avait le goût de la guimauve à la rose et collait un peu comme la confiture pêche-abricot. Elle me faisait l’âme tendre et le cœur fondant. Elle ne m’avait pas du tout donné l’impression d’être farfelue.

Depuis le jour où j’ai dû admettre qu’elle l’était, j’en pleure le souvenir.

 

Ma prochaine idée farfelue, sûr, je m’assois dessus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème "une idée farfelue".

  

  

 

 

 

 

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 00:26

 

Qu’importe le flacon… Sûr que pour ce qui est de l’ivresse, il trouve son compte dans n’importe quel genre de bouteille. Ah ça, il se loupe jamais. Picrate en bouteille plastique, vinasse en cubi… parfois du vrai bon vin, les jours où il a les moyens de pas être obligé de vomir après… mais de toute façon, c’est toujours bourré qu’il finit.

Certains soirs il s’est payé une pute ou il a sauté une greluche de son boulot avant d’aller s’acheter ses boutanches et de rentrer, alors moi je peux en profiter pour me payer le luxe d’un semblant de normalité à la maison : il se contente de téter son pinard sans trop m’emmerder et je peux regarder la télé ou même téléphoner à ma mère et faire comme si notre vie était juste ordinairement chiante.

Mais à force de faire, il a plus la tronche de ses vingt ans, il a bouffi et rougi, alors les minettes à sauter se font de plus en plus rares et de moins en moins consentantes… il en paie bien toujours une de temps en temps et des fois je sais bien qu’il demande pas vraiment, mais au final c’est souvent plein de rage à déverser qu’il rentre... Moi j’essaie bien de lui dire de boire d’abord, je me dis toujours que s’il recommence dès qu’il arrive il va m’oublier et s’oublier dans son jaja, mais j’ai rarement le temps de lui faire la suggestion avant qu’il m’allonge le premier coup. J’ai essayé de boire moi aussi, au moins pour mieux supporter les branlées, mais quand il m’a vue téter à sa bouteille il m’a mis une rouste comme jamais et m’a pissé dans la bouche pour l’étancher, ma soif, comme il a dit. Quant à partir… la fois où j’ai essayé il est venu me chercher chez ma copine. Il m’a cognée jusqu’à ce que je perde connaissance et elle, il l’a violée avant de me sauter aussi pendant que j’étais encore dans les vapes. J’ai supplié ma copine de pas appeler les flics sinon il aurait pu nous tuer toutes les deux et depuis, je supporte.

Hier, il est rentré déjà bourré. Je sais pas où il avait bu, mais j’ai pris ça pour un bon signe et je me suis tout de suite détendue en pensant qu’il chercherait pas à se défouler sur moi s’il avait déjà en bouche le goût de l’alcool : il voudrait juste continuer à picoler. En fait, je sais pas ce qu’il avait bu, mais c’était sûrement bien meilleur que d’habitude parce qu’il était tout joice et au lieu de s’ouvrir sa bouteille il a commencé à me patouiller et à vouloir me baiser. Moi je suis habituée à ce qu’il me prenne de force, ou quand je dors. Ou quand il m’a collée dans les vapes. Alors hier, ses minauderies et ses tripatouillages, ça m’a levé le cœur. J’ai eu la gerbe et j’ai pas pu me retenir de vomir et ça l’a mis dans une colère noire. Il m’a pas frappée, mais j’aurais préféré. Il voulait baiser et il a baisé. Je savais même pas que c’était possible de souffrir autant de partout après s’être seulement fait sauter.

Je croyais que ma vie se terminerait un jour sous ses coups et qu’en attendant je supporterais tout. J’avais tort. Aujourd’hui, c’est moi qui suis allée acheter du vin. Pour l’ivresse je sais pas, mais j’ai bien fait attention au choix du flacon. Quand il est rentré, je lui ai pas laissé le temps de quoi que ce soit et je lui ai fracassé la lourde bouteille en verre sur le coin de la gueule. Il est tombé dans la flaque de pinard et de sang et avec le tesson que je tenais encore je lui ai tranché la gorge.

Il avait pas acheté de bouteille avant de rentrer. A la place il avait un bouquet de roses avec une carte qui disait « pardon mon amour ». Il voulait peut-être changer… On aurait peut-être finalement pu être heureux, comme au début. Je suis bien la salope qu’il disait, tiens !

J’ai toujours ce tesson… on s’habitue à la douleur, je n’ai rien senti en m’ouvrant les veines. J’aurais pourtant bien mérité… Mon amour… pardon.

 

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème du vin...

 

 

 

 

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 23:10

 

-        DO, RE… Aïe !

MI… Ah meeeerdeuuu !

FA, SOL, LA… OUAAAAAIS !!!!

SI… Aïeuuuuh !

DOOOOoooooo…

Hé hé…

SI, LA… Aaaah !

SOL… Outch !

-        Bon, tu veux pas arrêter, là ?

-        Ben je fais mes gammes !

-        Et ben change d’instrument, alors ! Apparemment c’est pas ton truc, la scie musicale.

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « Quelques notes de musique ».

 

 

 

 

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 09:37

 

Dans ton ombre je me suis fondue, éblouie bien plus qu’éclairée par les mille feux dont tu brilles et qui n’illuminent que toi. A la lisière de ton aura clinquante j’ai sondé la noirceur de ton âme, accrochée à l’espoir fragile d’y trouver l’éclat d’une promesse d’aube radieuse, mais point de lumière à partager sur ta face cachée où l’une aimante se terre.

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « La part d’ombre ».

 

 

 

 

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