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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 07:26

-  Y a quoi au bout du fil, Tonton ?

-  Ah ça ? Et bé c’est un hameçon, fiston.

-  Hé ! Me prends pas pour un con !

-  Ah ben non ! Tu poses une question, je te réponds !

-  Je parlais pas de ton fil de nylon, con !

-  Ah non ? Mais de quoi parle-t-on ?

-  T’as perdu le fil Tonton ?

-  Non, regarde, on voit le bouchon.

-  Le fil de la conversation. C’est une expression…

-  Ah… pardon.

-  Alors, t’as une explication ?

-  A quelle interrogation ?

-  Ce fil, à l’horizon…

-  Ah ça… ‘tends, je mets mes lorgnons.

-  Alors… qu’est-ce donc ?

-  Oh ! Ce sont encore ces trublions, les rejetons à la Jeanneton…

-  Ceux qui torturent des chatons ?

-  Oui oui, ces avortons…

-  Qu’ont-ils fait donc ?

-  Oh ! C’est-y pas mignon ? Z’ont joué à la pendaison…

-  Ah les cons !

 

 

Variation sur le thème des Impromptus Littéraires « Au bout du fil ».

 

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 21:14


Au début, cette histoire paraissait cousue de fil blanc mais, de fil en aiguille, elle s’est compliquée et m’a donné du fil à retordre au point de me mettre les nerfs en pelote. Ce qui ressemblait à un film à l’eau de rose est vite parti en quenouille. Je vais essayer de tout vous raconter sans perdre le fil…

 

Tout a commencé au concert de l’orchestre philharmonique de la ville quand j’ai voulu filer à l’anglaise à l’entracte. La grande musique, ça me file le bourdon alors j’ai essayé de me carapater mais j’ai été battue sur le fil dans la queue du vestiaire par un philatéliste philanthrope qui a réussi à me convaincre de ne pas me défiler. Sa compagnie m’était plutôt agréable et comme j’en avais assez de filer un mauvais coton avec des filous philistins, je me suis donné une chance de filer le parfait amour avec lui.

 

C’est à cette époque que les appels anonymes ont commencé à devenir comme le fil rouge de mes journées et que ça m’a tellement filé les jetons que j’ai filé rancard à Phil pour lui demander de s’installer à la maison. Il n’avait pas vraiment inventé le fil à couper le beurre mais il était sympathique et joli garçon. Il filait doux et je menais le fil tranquille de mon existence à ses cotés sans trop me poser de questions.

 

Un jour, j’ai fait tomber un fil de gruyère sur un timbre de sa collection et il m’a filé une telle torgnole que j’ai compris que notre histoire ne tenait qu’à un fil. Je me suis dès lors sentie sur le fil du rasoir et j’ai essayé de lui en parler, mais il n’était pas très philosophe et c’était dur de garder le fil d’une conversation sur le sujet. J’avais comme un fil à la patte et il a bien dû voir à ma bobine qu’il y avait un malaise, mais moi je n’ai pas compris tout de suite qu’il avait une araignée au plafond.

 

Maintenant que je sers de fil à plomb, que je balance au bout du fil à linge, pendue par les pieds depuis déjà deux jours au milieu du salon, et que je l’entends passer ses coups de fil anonymes, je me dis que, dans le fond, je le savais depuis le début. Il faut toujours se méfier des philatélistes.

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « Au bout du fil ».

 

 

 

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 09:21

Dans ma bouche, dégoût…

Ah ça, y z’ont essayé d’m’en faire avaler, des couleurs, les cons !

Pistache, moutarde, réglisse, saumon, fraise écrasée, bisque, beurre frais, aubergine, caramel, safran, champagne et même sang de bœuf et lie de vin ! Tout mélangé ! Ah les cons… Tout mélangé !


Ah les cons...
 

« Ça t’f’ra du bien » qu’y disaient… Et moi j’ai tout gobé… Ben ça a pas traîné : j’ai tout vomi ! Hop, tout à l’égout les couleuvres. Z’iront nourrir les rats… Ah les cons !

 

 

 

 

Variation sur le thème de la semaine des Impromptus littéraires : « insérer le plus de couleurs possible au texte ».

 

 

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 10:38

 

 

 

J-5

Oh vache ! J’suis blanche comme un cul moi… Faut qu’je dorme, je fais peur là…

 

J-4

P’tain ! C’est quoi ce chtar ? Une pustule rougeâtre sur le pif, voilà qui devrait faire son effet… Oh la la…

 

J-3

Pfff… ces valoches… charmant le regard vaseux souligné de vert de gris… Faut vraiment qu’je dorme.

 

J-2

Oh meeeerde ! J’aurais pas cru que ça marquerait… me suis pas cognée si fort… rhôôôô… me v’là violacée autour de l’œil gauche… manquait plus qu’ça !

 

J-1

Nooooon ! Qui a mis ce foutu pull orange dans la machine avec ma robe anis ? Chier, merde ! Je vais ressembler à rien moi, demain…

 

Jour J

Bon. Teint gris, bouton lie de vin, cernes noirs, cocard aubergine, robe caca d’oie… Qu’est-ce que j’vais mettre avec ça, moi ? Ma veste rose ? Pfff… une chance qu’il soit daltonien, sinon j’aurais une trouille bleue d’y aller, à ce rancard.

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires avec pour consigne d’insérer le plus de couleurs possible au texte (cinq minimum).

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 11:07

 

Aujourd’hui c’est mon anniversaire. Enfin je crois. Ou pas loin. Déjà le dernier j’étais pas trop sûre, alors je perds un peu le fil. C’est pas évident de compter les jours. Les heures c’est plus facile. 7:15 médicaments. 7:30 petit déjeuner. 8:00 : toilette… Mon heure préférée, c’est 15:00 : promenade. Ils viennent me détacher à 14:55 et puis je vais faire le tour de la cour. Quatre fois dans un sens, trois fois dans l’autre. Comme une star avec mes gardes du corps. Chapi et Chapo me lâchent pas d’une semelle… Je sais pas comment ils s’appellent, alors je les appelle n’importe comment. Tous les jours ils font le tour de la cour avec moi. Parfois c’est pas les mêmes gars, mais je les appelle pareil. De toute façon ils se ressemblent tous : grands, costauds, l’air sévère dans leur blouse. J’ai essayé de m’échapper, une fois, pour voir. Je suis pas allée loin avant qu’ils me rattrapent et me fassent une piqure de je sais pas quoi qui m’a mise KO pour le reste de la journée… Mais bon, je voulais pas vraiment m’échapper, en fait, j’aurais pas su où aller de toute façon. Il ne doit rien rester de la maison, tout a bien dû brûler. C’était le jour de mon anniversaire, aussi. Papa m’avait fait son fameux gâteau au chocolat. Il avait mis dessus des bougies qui s’éteignent pas même quand tu souffles comme une malade. Je sais pas pourquoi il avait fait ça. Tout le monde a rigolé. Et moi je soufflais. Après la promenade, à 15:30, on remonte et je vais voir le docteur. Il me regarde avec le même air désolé qu’avait Papa. Je sais pas pourquoi il me regarde comme ça. C’est comme Papa, j’ai jamais compris pourquoi il me regardait comme ça. Il regardait pas du tout ma sœur de la même façon. Ma sœur. Elle aimait les robes roses, faire la cuisine avec Maman et regarder voler les coccinelles. Moi je m’en foutais des habits, j’aimais pas manger et j’arrachais les pattes des coccinelles. Mais c’était pas de la cruauté, c’était juste pour faire crier ma sœur. Et ça pour crier, elle criait, celle-là. Pire que le bébé. Mais lui je l’embêtais pas trop. Il était tout petit. Le docteur essaie toujours de me faire dire que j’étais jalouse et que c’est pour ça que tout est arrivé. Quand il part sur ce terrain-là moi je botte en touche. Il comprend rien. C’est quand même pas moi qui vais lui expliquer. Et puis je crois que malgré son air de pas comprendre c’était moi sa préférée, à Papa. C’est pour ça qu’il me faisait son gâteau à tous mes anniversaires. Alors que pour ma sœur c’est Maman qui allait en acheter un. Je sais bien qu’il m’aimait. Maman je suis moins sûre. Elle avait l’air d’avoir peur de moi. C’est bizarre, ça, non ? Bon, c’est vrai qu’après coup je peux pas lui donner tort. Mais je sais pas si c’est pas justement parce qu’elle avait peur que j’ai fait ce que j’ai fait et pas l’inverse… Faudra que je demande au docteur, tiens, si c’est mon anniversaire aujourd’hui. Lui qui aime bien me faire parler de ce jour-là, il va être content si c’est moi qui lance le sujet, pour une fois. En général je préfère pas lui parler. Ou alors je lui dis n’importe quoi. Il reste toujours de marbre. Avec cet air navré. Moi je voudrais qu’il s’agace, qu’il fulmine, tempête, explose, mais non. Juste cet air qu’avait Papa. Faudra que je lui demande aussi quel âge j’ai maintenant parce que ça c’est pareil, j’ai perdu le fil. A l’époque, il y avait des gens qui disaient « il faut la juger comme une adulte ». Et puis d’autres qui disaient « c’est une enfant, elle ne se rend pas compte ». Alors dès le début c’était un peu embrouillé. Ça aussi ça le titille le docteur, de savoir si j’ai fait exprès ou pas. Faut croire qu’ils peuvent pas imaginer qu’on peut être jeune et futée, hein, parce qu’on peut pas dire que j’avais pas fait les choses soigneusement. C’est vrai que j’aurais pu l’étouffer par accident, le bébé. Mais c’était un bon moyen de faire monter tout le monde dans sa chambre. Sauf ma sœur parce que je l’avais enfermée dans les toilettes. Après j’ai bouclé la chambre aussi et puis j’ai mis le feu. Je sais pas pourquoi il avait mis ces bougies qui s’éteignent jamais, Papa.

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « gâteau d’anniversaire » et les mots « coccinelle », « tempête », « botte » et  « bougie » à utiliser.

 

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 08:00

 

-         Oh mamour, tu me gâtes ! Quel luxe ! Quelle taille… mmm c’est énorme !

-         Hmpf…

-         Et puis ça tombe bien, on est là tranquille, tous les deux, vais pouvoir m’en délecter au calme, peinarde…

-         Hm hmm…

-         Rhôôôô la la… et quelle volupté !

-         Velouté, minouche, velouté.

-         Hein ?

-         On dit « velouté », pour un yaourt, pas « volupté ».

 

 

Déclinaison du thème de la semaine des Impromptus littéraires : « Luxe, calme et volupté ».


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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 10:58

 

Alanguie dans mes draps de soie, je regarde mon reflet dans la grande psyché dorée. A mon cou des diamants en rivière pour seul vêtement, le silence assommant de cette vaste demeure pour seule compagnie. Perdue sous mon haut baldaquin au milieu de ce trop grand lit, je me prends à rêver d’une vie moins aigrie.

 

Je me vois ouvrière, infirmière ou bien caissière, de ces femmes que l’on prend par derrière.

Je vous imagine, Baron, pour une fois, cochon suant, râlant, me saillant comme une truie.

 

Mais hélas je suis châtelaine, alors ce n’est que délicatement, d’un doigt expert, bagué, manucuré, que je m’envoie au firmament.

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « Luxe, calme et volupté ».

 

 

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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 08:43

 

Avec les produits de toilette

c’est sûr ç’aurait pas été bête

avec shampoing et savonnette

 

Entre pansements et aspirine

derrière le pot de vaseline

ou bien alors dans la cuisine

 

Dans mon grand tiroir à bazar

avec les piles et l’entonnoir

mais non y a rien dans ce foutoir

 

Dans la table de nuit plutôt

avec mon livre et mon vibro

mon carnet d’notes et sa photo

 

Dans mon tiroir à p’tites culottes

mais oui bien sûr que je suis sotte

c’est une bonne planque pour des capotes

 

Me revoilà mon chérinou

ah mais non ça va pas du tout

mon amour tu bandes tout mou

 

Ah ben oui mais faut dire aussi

depuis le temps que t’es partie

à la main je me suis fini

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « Pagaille »

 

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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 11:03

Un an. Un an jour pour jour.

 

Comme ç’a été long, comme il a fallu lutter pour ne pas craquer plus tôt. Sur la fin ç’a été un combat de tous les jours… Mais qu’il est bon d’imaginer l’effet de mon retour sur l’esprit passablement torturé de cet inspecteur ! Déjà l’année dernière, quand j’ai massacré ses filles et mutilé sa femme, j’avais frôlé l’orgasme en le voyant se précipiter sur l’illuminé à qui j’avais fait endosser mon rôle pour lui tirer une balle dans la tête. Sa co-équipière l’avait arrêté de justesse. Et quand il a finalement retourné son arme contre lui-même, j’ai été obligé de quitter la scène de crime parce que mon excitation et ma jubilation détonnaient trop notablement au milieu des flics contrits et des badauds horrifiés. Là encore il n’est pas allé au bout de son geste. Inspecteur Frank Oste. F. Oste. Le bien nommé ? C’est ce qu’on va voir maintenant. Les règles du jeu ont changé. Je vais l’obliger à se mesurer à sa nature profonde. A affronter ses démons. Faire le choix du bien ou du mal. Grâce à moi. A cause de moi. Malgré moi.

 

Un an. Un an jour pour jour. C’est le retour du prédateur. Mon retour. Et je me suis donné du mal pour soigner l’événement. J’ai commencé par un bon vieux massacre à l’ancienne. J’ai choisi ma cible pour l’opulente poitrine de la jeune maman. J’ai laissé ma signature de façon non seulement évidente mais aussi pour ainsi dire franchement ostentatoire. Je ne me suis pas contenté de mordre à belles dents le sein, je l’ai presque entièrement mangé. Sans rien changer d’autre à mon mode opératoire. Pas question de prendre le moindre risque que ces cons de flics ne comprennent pas immédiatement qu’il s’agissait bien de moi. Le timing était primordial pour m’assurer un effet retentissant. La presse allait adorer. Frank aussi.

 

J’ai foncé ensuite à l’hôpital où était enfermé le crétin qui m’avait servi de doublure malgré lui et qu’ils avaient arrêté à ma place. On ne dira jamais assez comme il est dommageable de ne pas payer correctement le personnel hospitalier : on achète leur silence et leur complicité pour une bouchée de pain de nos jours. C’est à la portée de toutes les bourses de tromper la surveillance d’un établissement psychiatrique de haute sécurité. Un scandale. Mais quel pied j’ai pris ! Déjà la tête du pauvre gars quand il m’a vu entrer dans sa chambre. Et quand il a compris. Je l’ai vite réduit au silence et n’ai pas pris le temps de me délecter de la peur et la souffrance dans son regard. Il faut parfois savoir sacrifier son petit plaisir à une plus noble cause. J’étais là pour offrir à mon public une mise en scène horrifique et me remettre sur le devant de la scène sans tarder, et le jour J. Un an après… Ce serait du plus bel effet à la une des journaux.

 

J’ai donc rapidement tué mon bonhomme, mon fameux témoin gênant qu’ils viendraient vite interroger en découvrant mon dernier massacre. Et je l’ai découpé assez soigneusement pour bien leur montrer que j’avais pris tout mon temps. Qu’ils sachent que mon plan était parfaitement pensé et minuté. Que j’étais maître à bord. Qu’ils allaient avoir du mouron à se faire. Je me suis régalé à faire avec les morceaux du pauvre gars un montage suffisamment discret pour qu’il ne saute pas aux yeux tout de suite mais que l’horreur et le dégoût gagnent progressivement mon public. Je croisais les doigts pour que Frank soit parmi les premiers sur les lieux.

 

Et je n’ai pas résisté au plaisir de lui adresser un petit message personnel, pour m’assurer qu’il n’y aurait pas le moindre doute sur mes intentions. Sur une photo de sa famille que j’avais volée chez lui le jour où je l’ai massacrée, j’ai écrit, avec le sang de mon nouveau cadavre : « Joyeux anniversaire Frank ». Avec ça, s’il n’en faisait pas une affaire personnelle…

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus Littéraires sur le thème "Le retour du prédateur".



 

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 11:27

« Il a cueilli la fleur de mon amour.

Chassé mes doutes.

La nuit va être courte.

Le prédateur est de retour. »

 

 

« J’ai cueilli la fleur de son amour.

Chassé ses doutes.

La nuit va être courte.

Je boirai son sang avant le jour. »

 

 

 

Ecrit d'après le thème de la semaine des Impromptus littéraires.

 

 

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