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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 11:18

 

Je suis une citadine. J’aime le monde, j’aime le bruit, le calme de la campagne m’angoisse et le bon air me file des allergies.

En revanche, je déteste les automobilistes. Ça peut sembler un peu radical, dit comme ça, mais les connards qui rouleraient sur un gosse au passage piéton plutôt que de perdre une poignée de secondes pour arriver au feu rouge quelques mètres plus loin, ça me rend irritable. Il ne se passe pas une journée sans que j’aie l’occasion de montrer à ma fille, en direct, pourquoi il est impératif de ne jamais traverser une rue, quelle que soit la couleur du feu, sans regarder attentivement des deux côtés parce qu’on ne sait jamais d’où viendra le connard - pardon : le chauffard dont le temps sera plus précieux que la vie d’un gosse. C’est sincèrement angoissant autant qu’agaçant.

 

Il y a une autre catégorie de blaireaux qui m’irrite et me gâche un brin la ville, c’est la grande famille des adeptes du klaxon. Ce sont probablement souvent les mêmes que les connards pressés, soit dit en passant, mais n’ayant pas mené d’étude sérieuse sur la question, je m’abstiendrai de tirer une quelconque conclusion forcément discutable. 

Les klaxonneurs, donc.

Franchement, peut-on penser raisonnablement que le mec qui s’est mal engagé et se retrouve coincé au milieu du carrefour, bloquant de toutes parts des hordes de connards pressés, a vraiment envie de rester là ? Est-ce qu’on a vu souvent un bouchon provoqué par un type qui s’est arrêté au milieu de la rue sans penser une seconde que ça pourrait gêner quelqu’un ? Bon. Peut-être que, très exceptionnellement, il arrive qu’un simple d’esprit bloque la circulation sans s’en rendre compte et qu’un coup de klaxon pourrait éventuellement lui faire comprendre qu’il faudrait qu’il bouge son véhicule… mais la plupart du temps ? La plupart du temps, le klaxon est l’expression basique d’une vive irritation, quand on n’a ni chien, ni femme, ni gosse sur qui cogner pour déverser sa colère. C’est inutile et ça énerve juste un peu plus les connards déjà énervés par la présence incongrue de gosses aux passages piétons.

 

Je n’aime pas les automobilistes. Je rêve d’une ville sans voiture. Ou d’une ville où les voitures seraient privées de klaxons et les passages piétons protégés par des barrières, à la manière des voies ferrées. Ou mieux : une ville où tout véhicule qui ne respecterait pas la priorité du piéton serait immédiatement détruit. HA HA.

Mais je vis dans une ville réelle où l’automobiliste est roi et le klaxon un mode d’expression très prisé chez les primates avides de dévorer du bitume et contrariés d’être bloqués par ces foutus feux rouges et ces morveux qui traversent la rue.

 

Je ne sais pas qui bloquait qui et pourquoi ce matin, mais une bande d’excités klaxonnaient depuis un moment déjà quand j’ai senti quelque chose… céder, oui, on peut dire ça, dans ma tête. Entre deux coups de klaxons, j’entendais cris et injures et j’imaginais sans peine une poignées de trous du cul écumant de rage et prêts à tuer pour pouvoir faire rugir leur moteur. Ça m’a vraiment agacée. J’ai ouvert la fenêtre et immédiatement identifié l’un des connards, le corps à moitié hors de son véhicule, un poing levé en signe de menace et l’autre écrasant son klaxon. J’ai saisi mon chevet que j’ai réussi à lui balancer directement sur la gueule. Avec la hauteur et la force que j’avais mise dans mon lancer, lui et son klaxon se sont tus immédiatement. Les autres excités ne se sont pas calmés pour autant. J’en ai repéré deux qui m’avaient l’air particulièrement tendus et potentiellement dangereux pour n’importe quelle vieille ou n’importe quel môme qui traverseraient devant eux. Alors j’en ai dégommé un avec le pot de mon énorme ficus à moitié crevé. Depuis le temps que je voulais me débarrasser de cette plante. L’autre, je lui ai envoyé un volume de l’encyclopédie. J’avais mal visé, il s’est redressé juste un peu groggy, alors j’ai sacrifié un second volume. De toute façon, je n’en aurais tiré qu’une misère dans un vide-grenier et il fallait que je m’en débarrasse pour faire de la place.

Les sirènes des flics et des pompiers ont remplacé les klaxons en bas. La circulation a été déviée. En emmenant ma fille à l’école, pour la première fois, on a pu traverser cette putain de rue sans que j’aie à craindre pour sa vie.

 

Ah… que la ville serait douce, sans automobiliste !

 

 

 

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Published by poupoune - dans inspirationS
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commentaires

stipe 24/05/2011 10:09


Si ça peut te rassurer, ces connards de parisiens klaxonnent aussi quand ils viennent nous faire chier dans nos campagnes. Et même que des fois on en tue un à coups de fourche.
Alors, on n'est pas sympas ?


poupoune 28/05/2011 00:30



Je ne me rends pas compte, je ne passe jamais le périph'



Walrus 23/05/2011 15:37


Quand je pense que j'ai vendu l'Encyclopaedia Britannica pour 25 euros sur e-bay et que je vois l'usage que tu aurais pu en faire, j'ai bien des regrets !


poupoune 28/05/2011 00:29



Mais non : ton acheteur en a peut-être fait un usage meilleur encore !



boubou 23/05/2011 13:51


J'aime bien quand t'écris sur les petites choses de la vie. C'est toujours drôle et tellement vrai! Ça défoule!
PS: désolée pour la cucuterie de ce commentaire, j'ai mangé un Bisounours ce matin


poupoune 23/05/2011 14:03



Pas de souci : moi j'ai bouffé Bison futé, ça compense.



Le Raimb' 23/05/2011 13:39


Je n'en reviens encore pas... Toi.
Toi que je portais aux nues de ma plus haute estime ! Toi dont les textes et les écorchiques mais néanmoins lumineuses pensées philosophiques qui les traversaient avaient fini par apprivoiser le
vieux misanthrope convivial que je suis, toi dont j'attends quotidiennement ma ration de purification mentale, toi tu as osé massacrer et fouler d'un pied rageur et dénué du moindre discernement
cette merveille incontournable des cités
qu'est le ficus rabougri !? Quelle déception ! Je vais me suicider au Sofitel du coin, tiens. Pffff !


poupoune 23/05/2011 14:03



Ecoute, pour achever de détruire cette image peut-être un brin idéalisée que tu avais de moi, je dois t'avouer une chose encore : le ficus n'était même pas crevé et en vrai, je l'ai bazardé pour
rien, gratuitement, comme ça, parce qu'entre autres tares, JE N'AIME PAS LES PLANTES VERTES !!



Gino 23/05/2011 13:05


Ici, à Ouaga, les fous marchent nus au milieu de la route et on se garde de les klaxonner, de peur qu'ils ne jettent un sort.
Ici, à Ouaga, le flot des vélos et des mobylettes anéantit les plus gros 4x4 comme Gulliver ligoté par le lilliputiens.
Ici à Ouaga, il n'y a pas d'étage, donc pas de position dominante pour le lancer de pot de fleur.
Quelle frustration... Toi au moins tu es dans une vraie ville :)


poupoune 23/05/2011 14:01



C'est exactement le genre d'images que j'ai gardé de mes courts passages à Ouaga ! Et c'est pour ça que j'aime tant Paris : comment peut-on vivre en ville sans avoir le plaisir de
pouvoir balancer des bombes à eau ou un téléviseur du cinquième étage ?!!



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