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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 00:42

 

Il avait une écriture d’homme blessé. Assez d’amour propre pour ne pas essayer de se faire passer pour un poète maudit, mais pas au point que disparaisse derrière la prose désabusée une sensibilité fragile et assumée. Une écriture qui ne fait pas pleurer les filles, mais qui donne aux femmes l’envie d’aimer.

Quand il a proposé qu’on se rencontre, l’instant d’hésitation que toute femme se doit d’avoir avant d’accepter un rendez-vous avec un inconnu est vite passé. J’ai dit oui avec enthousiasme. Et j’ai cru avoir bien fait.

Sauf que s’en est suivi un long silence. Un très, très long silence. Je ne m’étais pas attendue à ce qu’il se mette à m’écrire tous les jours et à m’appeler toutes les heures, mais je ne m’attendais pas non plus à ce qu’il disparaisse comme ça. Surtout que je n’avais pas eu le sentiment de lui faire tellement mauvaise impression.

Au début, j’ai cherché des explications réalistes. C’est moi qui lui avais indiqué sa route quand on s’était séparés et… franchement : quel homme normalement constitué irait écouter une femme pour trouver son chemin ? Alors j’ai pensé qu’il s’était perdu et avait fini par mourir d’épuisement, de faim et de soif dans une ruelle. Je ne voyais pas d’autres possibilités. Jusqu’au jour où j’ai compris : lors de notre rendez-vous, je lui avais donné mon manuscrit pour… parce que… enfin… pourquoi pas ?! C’était autour de l’écriture qu’on s’était rencontrés, alors c’était naturel que l’écriture reste au cœur de notre relation, bordel de merde ! Jamais je n’aurais cru… lui-même paraissait tellement… il avait ce côté… enfin vous voyez ? Pourquoi aurais-je dû me méfier ?

J’étais en colère, mais avant tout j’étais attristée. Vraiment. J’ai l’habitude de me faire enfler par les hommes qui me sautent, mais… les autres ? Non… c’était vraiment trop triste.

Quand j’ai reçu son message trois semaines plus tard, je me suis sentie aussi idiote que soulagée. Ce con avait une vraie bonne excuse ! Il était tout désolé de ne pas m’avoir donné signe de vie, mais même s’il avait voulu, il aurait pas pu ! Ha ha ha ! Les facéties de la vie… Franchement, j’étais désolée qu’il ait eu un pépin, mais qu’est-ce que j’étais rassurée de savoir que c’était pas ma conversation qui l’avait fait fuir ! Aaaah… Du coup, j’ai pensé qu’on pourrait sans doute se revoir. Mais de nouveau, il m’a laissée des jours et des jours sans nouvelles.

Et puis ça m’est revenu d’un coup : j’avais complètement oublié d’annuler le contrat que j’avais mis sur sa tête.  

 

 

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Published by poupoune - dans inspirationS
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commentaires

Marcus K7 11/05/2011 11:19


...Y'a des allumettes au fond de tes yeux...
Des pianos à queue dans la boîte aux lettres...
Des pots de yaourts dans la vinaigrette...
Et des oubliettes au fond de la cour...(Ad lib)

Peut-être aussi qu'il a survécu au tueur à gage ? (il aurait couru très vite, très longtemps, très loin...?)


poupoune 11/05/2011 11:42



Comme un vol


d'hirondelles


échappées de la poubelle des cieux...


 


Peut-être. Il en aurait sans doute été capable... Mais alors il me faut une nouvelle théorie.


 



Mrs D 04/05/2011 13:41


comme quoi, ça tient à rien... (et donc? ça avance?)


poupoune 11/05/2011 15:29



écoute, si je remets la main sur le manuscrit, y a plus qu'à !


;o)



Cacoune 03/05/2011 09:09


Ton quoi ? J'vois pas... (tu connais un bon éditeur ? :p)


poupoune 03/05/2011 19:07



je préfèrerais connaître un éditeur indulgent ;o)



Cacoune 03/05/2011 09:00


Ouais d'ailleurs t'as aussi oublié de me payer pour la réalisation du contrat...


poupoune 03/05/2011 09:06



Ben rends-moi déjà mon manuscrit !



oviri 03/05/2011 08:55


j'espère que ton tueur à gages connaît un bon éditeur (encore vivant)


poupoune 03/05/2011 09:05



Ah non ! Un homme que je paie ne va quand même pas aussi essayer de m'enfler ?!??!


(sinon, enchantée et bienvenue !)



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