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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 12:00


Le premier épisode,
c'est là .


 

J’avais déjà un bon gros tas de volailles mortes et toujours pas l’ombre d’une idée quand un pigeon est venu se poser sur les cages. Puis un deuxième. Et un troisième. J’ai regardé Nina qui m’a répondu en haussant les épaules :

-          Ça doit être les derniers qu’il a lâchés.

-          Mais il les lâche d’où ?

-          J’en sais rien, moi.

-          Et il en lâche souvent ?

-          Tout le temps. Il est jamais là. Il emmène ses pigeons je ne sais où et il revient les attendre. Il fait que ça tout le temps.

Je comprenais de moins en moins comment la jolie Nina avait pu s’amouracher de ce type. Et l’aimer encore, qui plus est. Les femmes resteraient probablement toujours un mystère pour moi. Mais pour le moment c’était les secrets des volatiles que j’avais besoin de percer. Une chance, les bestioles étaient pas farouches et j’ai pu en attraper une, au prix d’à peine quelques coups de bec timides. Mais ni Nina ni moi ne savions comment nous y prendre pour défaire la bague. Les bagues : il y en avait deux, une petite et une plus grosse. Nina reconnaissait la petite, mais n’avait aucune idée de ce qu’était la grosse. On a bataillé un moment pour réussir à les détacher et j’ai compris le pourquoi des pattes coupées quand j’ai eu moi-même envie d’arracher celle de mon pigeon. Mais je voulais pas passer pour une brute aux yeux de Nina. Quand on a finalement réussi, on s’est aperçu qu’il n’y avait qu’un numéro de téléphone, que Nina ne connaissait pas, sur la petite bague. La plus grosse semblait être un genre d’étui. Qui a commencé lui aussi par me résister quand j’ai essayé de comprendre comment il s’ouvrait, mais je me sentais moins tenu de m’faire passer pour un tendre alors je l’ai éclaté d’un coup de poing. Et parmi les petits éclats de plastique s’est répandue une fine poudre blanche. Nina m’a regardé d’un air perplexe. Je savais pas quoi en penser. J’ai demandé :

-          T’as pas idée de c’que c’est ?

-         

Même air perplexe, sourcils un peu plus relevés. J’ai trempé mon doigt dans la poudre et j’ai goûté par acquis de conscience, mais je savais déjà :

-          Héroïne.

-          Hein ?

-          Héroïne.

-          Comment ça ?

-          Ben… la poudre, là, c’est de l’héroïne.

-          Ben non.

-          Ben si.

-          Ben qu’est-ce qu’elle fait à la patte d’un pigeon de mon…

-         

-          Merde.

-          Ouais.

-          Tu crois que… ?

J’ai senti venir une nouvelle embrassade en voyant son menton commencer à trembler, mais elle s’est reprise assez vite :

-          C’est pas possible…

-         

-          Qu’est-ce que t’en penses ?

-          Rien pour le moment. Je vais passer deux trois coups de fil et je reviens, OK ?

J’ai appelé les copains des stups et je leur ai demandé si le marché de l’héro était toujours aux mains du vieux Sam et sa clique. Ils m’ont expliqué qu’une grosse part du marché avait été raflée par un nouveau réseau qui transitait par l’Espagne. Apparemment les gars de Sam étaient presque tous disposés à jouer les indics pour faire tomber la concurrence et calmer Sam qui fulminait et commençait à menacer sérieusement ses troupes, mais personne savait rien sur rien. Un mystère. Le passage de la frontière espagnole avec la came relevait du miracle.

Moi j’avais mon idée. J’en connaissais un qu’allait tomber de haut en apprenant c’que traficotait son couillon de gendre colombo-bidule ! Je suis retourné chez Nina et je l’ai trouvée pâle et au bord de l’évanouissement. Elle m’a conduit de nouveau sur le toit et m’a montré une cage dans laquelle un pigeon roucoulait peinard. Je me suis approché et j’ai vu qu’il avait un truc accroché à sa patte :

-          Encore un qu’est revenu ?

Elle a hoché la tête. J’ai continué :

-          Y en a eu beaucoup ?

-          Seulement deux… celui-là et…

-          Merde ! T’as vu… ?!

Oui, elle avait vu. C’est pour ça qu’elle avait l’air d’avoir vu un fantôme. Ce putain de pigeon avait un œil accroché à sa patte. Un putain d’œil humain !

-          Merde… et t’as dit qu’y en avait un autre ?

-          Oui.

Elle m’a montré le pigeon en question. Il avait une bague à la patte. En or.

-          C’est…

-          Son alliance, oui. Y avait ça avec.

Elle m’a tendu un petit bout de papier en même temps qu’elle s’est remise à pleurer. Je l’ai reprise dans mes bras, mais j’étais moins à ce que je faisais et j’ai lu en même temps le message. Illisible en fait. Il était rédigé en mauvais espagnol ou, pour être exact, en mauvaise imitation d’espagnol. A peine assez bonne pour convaincre Nina qu’en parlait pas un mot. Je lui ai expliqué le trafic probable auquel se livrait feu son couillon de mari. Elle a pâli encore un peu, j’aurais pas cru ça possible. Et sa réaction m’a étonné :

-          C’est ses fournisseurs espagnols qui l’ont tué.

-          Ben en fait, tu sais, le message…

-          Faut surtout pas que Papa apprenne ça.

-          Qu’il est mort ?

-          Qu’il trafiquait sur son terrain !

-          Tu vas pas prévenir la police ?

-          Pour qu’on me croie complice pour la came et que Papa m’en veuille à mort d’avoir installé la concurrence au sein de la famille ? Ben voyons ! Dis rien, je t’en supplie. T’as qu’à dire à Papa qu’il est juste parti avec une autre ou n’importe quoi… S’il te plaît !

Elle a su user d’arguments convaincants en se recollant contre moi. Et de toute façon j’étais pas dupe. C’est le vieux Sam qu’avait compris le manège du couillon de gendre et qui l’avait fait éliminer. Mais il voulait surtout pas que sa Nina sache que c’était lui. C’est pour ça qu’il m’avait confié l’affaire. Pas pour que j’enquête, mais seulement pour que sa fille pense pas une seconde qu’il avait quoi que ce soit à voir dans cette histoire.

J’ai téléphoné au vieux pour lui faire mon rapport :

-          C’est réglé, Sam.

-          Ah ! JJ… je savais que tu m’arrangerais ça.

-          Tu avais mâché l’boulot, faut dire…

-          Hein ? Mais qu’est-ce que tu racontes ? Ah ! Mon JJ… Je te fais livrer une petite indemnisation à ton bureau dans la journée, d’accord ? Tu es un bon garçon, tu sais ? C’est toi qu’elle aurait dû épouser, ma Nina.

J’avais pas voyagé des masses, dans cette histoire de colombo-machin, mais je m’étais bien fait balader et comme pigeon, je me posais là.

 


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Published by poupoune - dans JJ
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commentaires

boubou 02/11/2009 13:52


très bien! bravo!


Cacoune 30/10/2009 17:40


Ah bah je me sens mieux :)


Bon et alors il l'épouse la Nina, après ?


poupoune 30/10/2009 18:05


ah ben ça c'est une autre histoire, hein...


stipe 30/10/2009 09:30


la nouvelle spécialiste du genre a encore frappé !


poupoune 30/10/2009 14:58


je m'en sors mieux là qu'en rimaillerie, c'est ça ?
;o)


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