Mercredi 4 novembre 2009

L’épisode précédent, c’est là . La première partie, c’est ici .

 


 

 


Il y avait de grandes vitrines poussiéreuses derrière lesquelles étaient exposées des statues. Ou des mannequins, peut-être. Le jour déclinait déjà un peu et les vitres étaient vraiment sales, je ne voyais pas très bien. J’ai parcouru à peu près toutes les pièces, partout les mêmes grandes vitrines et le même genre d’objets exposés. Une porte était verrouillée ; je n’ai pas eu envie de fouiller une nouvelle fois dans ma collection de clés, alors j’ai tout refermé et je suis retournée dans la « petite maison ». Tout ça me paraissait totalement surréaliste. L’héritage inattendu, le Tonton richissime conservateur de son musée privé, Jojo… Oui, bon, Jojo, c’était autre chose. Moi qui me rêvais depuis toujours artiste de renom dont on s’arracherait le travail dans les plus prestigieuses galeries du monde de New-York à Tokyo, voilà que d’un seul coup j’envisageais la possibilité de finir riche héritière dans une propriété luxueuse, à ouvrir la porte d’un musée à quelques visiteurs occasionnels.

C’est sur ces pensées que je me suis endormie et au petit matin Jojo m’a réveillée en tambourinant à la porte :

-          Ohé ! L’artiss’ ! C’est l’heure !

Je me suis levée en pestant et je suis allée lui ouvrir la porte :

-          L’heure de quoi ?

-          Ah ah ! Z’êtes pas du matin, hein ? Ça viendra !

-          Hm… ou pas.

-          Ah ah ! J’vous ai apporté du pain frais et des croissants pour bien commencer la journée.

-          Ah… c’est gentil ça.

J’étais pas sûre que ça pardonnait le réveil en fanfare, mais ça rattrapait au moins un peu.

Une fois le petit déjeuner englouti, je me suis douchée et je suis retournée au musée. J’avais bien envie de voir de quoi il retournait.

Dans la lumière franche du matin, la couche de poussière qui s’était déposée à peu près uniformément partout confirmait qu’en effet, un musée qui dort, ça n’a rien de bon. J’ai décidé de m’attaquer au grand nettoyage. Je n’avais rien à faire de toute façon et peu importe ce que je ferais de l’endroit par la suite, il aurait besoin tôt ou tard d’être lavé, alors autant m’y mettre tout de suite.

La première vitrine que j’ai astiquée protégeait un mannequin de femme vêtue dans le style des années cinquante. Je ne voyais pas en quoi elle était faite. Elle n’avait pas cet aspect lisse et brillant des mannequins de cire. J’ai poursuivi mon nettoyage et découvert ainsi des dizaines de mannequins : des tas de gens ordinaires, de tous âges, hommes ou femmes, habillés à la mode de différentes époques, mais aussi un soldat de la Waffen SS en uniforme, un juif au sortir d’un camp, une bonne sœur, un flic... Les légendes sur les vitrines étaient assez sommaires, elles indiquaient en général une fonction et une date. Il y avait ainsi : « clochard, 22/07/1997 », « Femme au foyer, 12/10/1976 », « Banquier, 25/02/1962 » ou encore « Prostituée, 04/05/1986 ». Les vitrines, si l’on suivait le sens indiqué pour la visite, étaient rangées suivant l’ordre chronologique de ces dates. J’étais un peu perplexe. Dans l’absolu je ne comprenais pas bien l’intérêt de cette drôle d’exposition, en revanche j’étais fascinée par ces mannequins.

Je n’arrivais pas à comprendre en quoi ils pouvaient être faits pour avoir cette texture un peu rugueuse et cette couleur grisâtre, tout en ayant par ailleurs l’air presque… vivant. Oui, c’est ça. Vivant. Ou mort-vivant, disons. C’était très étrange. Je trouverais probablement des explications en fouinant dans la paperasse du Tonton, mais pour l’heure j’avais juste besoin de manger et dormir.

Le lendemain, j’ai réussi à me lever avant l’arrivée de Jojo et j’ai filé tout droit au musée. Ces mannequins… J’en avais rêvé toute la nuit. Je me suis équipée de toutes les clés et j’ai essayé d’ouvrir la porte verrouillée. Ça m’a encore une fois pris du temps mais pour finir j’ai pu pénétrer exactement dans la pièce que j’espérais : un bureau. Plein de poussière aussi, mais cette fois je n’étais pas là pour ça. Il y avait un ordinateur et des tas d’albums et de cahiers. Une bibliothèque, gigantesque, débordait d’ouvrages divers : art, chimie, Egypte, médecine, civilisations… J’ai allumé l’ordinateur, mais il était protégé par un mot de passe alors je me suis attaquée au reste d’abord.

 

 

A suivre…

 

 

 

Par poupoune - Publié dans : nouvelles - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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  • : poupoune
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Merci...

  • à celle qui m'a fait venir jusqu'ici: mam'cacoune
  • à celui qui a réalisé la superbe bannière, vu & pris ici : tiniak

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