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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 23:38
  
La voisine qui avait appelé attendait en trépignant devant l’immeuble. Quand elle nous a vus arriver, elle a fondu sur nous en criant :
-          Venez vite ! Vite !
-          Calmez-vous madame… que s’est-il passé ?
-          J’ai entendu des cris, une dispute et… et…
Elle haletait. J’ai cru qu’elle allait tomber dans les pommes.
-          Doucement… respirez, madame… voilà. Il y a eu une dispute et… ?
-          Boum !
-          Boum ?
-          On aurait dit un coup de feu !
-          Vous êtes sûre ?
-          Mais non ! Je ne suis pas spécialiste, moi ! Mais je connais le bruit d’une porte qui claque ou d’un ballon qui éclate et là, c’était pas ça.
-          Bon, vous restez là.
Elle s’agitait en triturant ses doigts nerveusement, pendant qu’on se dirigeait vers l’appartement d’où provenaient encore des cris. On a porté la main à nos armes et on a fait signe à la voisine de sortir avant de frapper. J’ai annoncé haut et fort que c’était la police. Deux fois. Les cris continuaient. Et la voisine gueulait dans notre dos :
-          Mais qu’est-ce que vous attendez ? Qu’il tue encore quelqu’un ?
J’aimais pas ça. On s’est regardés, j’ai crié « police ! » encore une fois et, sans réponse, on a fini par défoncer la porte pour entrer. Le mec se tenait là, nu, juste en face de la porte, et il s’est tourné quand on est entrés, en pointant son arme sur nous. La voisine a hurlé, le mec a hurlé, j’ai tiré, la fille qui était dans l’appartement s’est mise à hurler. Beaucoup plus fort que les cris qu’on entendait à travers la porte.
Avant que le calme revienne, on avait déjà pu constater que l’arme était en fait une petite caméra. Qui tournait toujours. Et les cris n’étaient pas une dispute : ils étaient en train de tourner un porno amateur. Bruyamment, mais ce n’était pas un crime. Sauf si « l’actrice » était mineure, mais elle n’avait pas l’air.
Quel merdier… J’en revenais pas d’avoir buté ce mec. Sans raison. Putain ! Mais qu’est-ce qui s’était passé ? J’étais tétanisée par l’ampleur du désastre quand mon regard s’est posé sur une photo encadrée au mur. Un homme – le queutard que je venais d’abattre a priori – tenant une femme dans ses bras. Pas celle qui sanglotait à poil sur le lit, mais la voisine. J’aimais de moins en moins ça. J’ai montré la photo à la fille :
-          Vous savez qui c’est, ça ?
-          Sa… sa… femme.
-          La femme de qui ?
Elle a montré le type à terre. Bordel de merde.
Je me suis précipitée dehors, mais la « voisine » s’était déjà volatilisée.
 
Grâce au film du macchabée et à l’appel paniqué de sa femme enregistré par Police-Secours, je n’ai été suspendue que le temps d’une brève enquête, au terme de laquelle j’ai été lavée de tout soupçon. La veuve bafouée, en revanche, avait vidé tous les comptes du couple la veille du drame. Elle n’a jamais été retrouvée.


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Published by poupoune - dans inspirationS
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Walrus 06/10/2011 07:32


Les femmes sont astucieuses (surtout les bafouées, parce que la fliquette...)


poupoune 07/10/2011 18:37



bah ouais, mais elle est flic, quoi ! 



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  • Je suis au-dessus de tout soupçon.
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