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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 10:57

 

J’ai menti à ma mère et j’ai fait mentir les copines pour pouvoir sortir le soir tranquillement. J’ai menti sur mon âge parce que les gens plus âgés sont tellement plus intéressants. Avec mes nouveaux amis je suis entrée sans problème dans les boîtes de nuit.

Là, plus besoin de mentir : les hommes croient qu’une fille qui a des seins est une femme, alors la question de mon âge ne se posait plus quand ils me pelotaient sur la piste de danse. Je n’aimais pas ça. Mais il y avait ce barman dont je me croyais amoureuse parce qu’il était beau et qu’il tenait cette place de choix derrière le bar, alors je faisais comme si toutes ces mains sur mon corps n’étaient pas une injure à mon innocence encore enfantine.

La nature est mal faite tout de même, pour doter si jeune les filles d’attributs de femmes, alors qu’elles gardent si longtemps une cervelle de moineau. Quand on a enfin la tête bien faite, c’est le corps qui commence à faner. Et c’est tout le paradoxe du grand mensonge féminin : aujourd’hui, je mens toujours sur mon âge, mais pour me faire passer pour plus jeune. Les hommes aiment toujours mon cul, mais ils ne voudraient surtout pas se taper une vieille. Alors je me grime et m’apprête comme une midinette pour aller exhiber mes charmes pas encore tout-à-fait flétris sur les mêmes pistes de danse que celles de mon enfance.

Le beau barman est parti depuis bien longtemps, remplacé par un plus jeune qui à son tour plaît aux jeunes-filles sans cervelle. Chaque nuit que je passe ici, je me souviens. Je ne sais pas combien d’autres enfants ont été abîmées entre ses mains. Il n’avait même pas pris la peine de me séduire, il me savait conquise. Je l’avais suivi sans oser résister. J’avais laissé ses mains courir sur ma peau en me retenant de pleurer. Je ne savais pas que l’émoi d’une première fois n’était pas supposé ressembler au dégoût et à la panique.

Quand j’ai commencé à pleurer il a ri et m’a poussée dans les toilettes cradingues entre deux urinoirs. Je ne comprenais pas vraiment ce qu’il me faisait, mais j’ai crié quand je l’ai senti en moi et il m’a fait taire en plaquant sa main sur ma bouche. Et puis il m’a laissée là, meurtrie, les cuisses ruisselantes, avant d’appeler ses copains. J’ai perdu connaissance quand ma tête a heurté une pissotière et je n’ai aucun souvenir de ce qui s’est passé ensuite.

C’est dans ces mêmes chiottes toujours aussi dégueulasses que j’attire encore les hommes aujourd’hui. Je ne comprendrai jamais comment ils peuvent à ce point s’exciter dans les relents de pisse et de gerbe. Une fois qu’ils sont prêts à mourir de désir, je les entraîne dehors. Quand tu tiens un mec par la queue il peut te suivre au bout du monde. Je les emmène le plus loin possible et quand ils n’en peuvent vraiment plus je leur broie les couilles avant de leur trancher la gorge.

 

 

 

 

 

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires sur le thème « Mensonge ».

 

 

 

 

 

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Published by poupoune - dans Les impromptus
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commentaires

zigmund 13/06/2010 15:12


j'avais un retard de lecture chez vous. je profite d'une vilaine chute qui me cloue au lit (sans les avantages espérés d'une sieste crapuleuse) pour goûter à vos plats épicés (j'ai pas dit" et
pisser" )et j'aime beaucoup ça me console de ma condition de "gisant"


poupoune 13/06/2010 21:34



on n'imagine pas les effets secondaires d'un texte bien sombres... Bon rétablissement ! (et arrêtez de courir dans les escaliers !!)



stipe 09/06/2010 09:26


ah ouais, j'avais entendu parler de ce truc, paraît que ça décuple le plaisir au moment de l'orgasme. Du moins, le temps de se vider...


poupoune 09/06/2010 09:32



parfois tu me fais peur.



marotte 09/06/2010 09:03


Il n'est plus en service, Mac Dermott ? La vérité a été jetée dans un puits et j'ai des soupçons.


poupoune 09/06/2010 09:29



il va, il vient, MacDermott... mais ses vérités, il les cherche + souvent in vino qu'au fond des puits.



marotte 08/06/2010 20:09


remarque, moi, en toute modestie, je suis naturellement casse couilles ! :-)))


poupoune 09/06/2010 09:32



à chacun ses armes !



marotte 08/06/2010 20:05


ouah ! t'es vachement balaise !


poupoune 09/06/2010 09:25



Nan, vicieuse.



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