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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 13:41

 

La première partie, c’est par ici.

 


 

Un jour j’suis arrivé à une bâtisse qui ressemblait à une ferme, avec une grange à coté. C’était loin de tout et ça avait l’air abandonné. J’ai pensé qu’ça pourrait être un bon endroit pour attendre que cette guerre finisse et que l’histoire du frangin soit oubliée. En explorant les lieux j’suis tombé sur une fille que j’ai bien cru qu’elle allait mourir de peur en m’voyant. J’ai posé mon arme pour lui montrer qu’j’y voulais pas d’mal. Elle s’est calmée pis on s’est raconté c’qu’on faisait là tous les deux. Elle s’appelait Edna. Sa famille avait été déportée et elle se planquait là depuis. Elle avait l’air de bien s’débrouiller avec un bout d’potager et des bonnes idées pour pas crever d’faim. Elle a bien voulu que j’reste aussi vu que j’me planquais comme elle.

On peut pas vraiment dire que j’l’ai violée, parce que finalement au bout de quelques jours elle était assez d’accord. On est restés là je peux pas trop dire combien, mais longtemps. Et puis est venu l’temps où ça commençait à bien faire de vivre comme ça coupés du monde avec 3 fois rien, alors j’suis parti en reconnaissance essayer d’savoir où qu’c’en était de cette satanée guerre. Apparemment c’était fini et on avait gagné, même si j’savais pas bien qui c’était « on ». J’suis retourné trouver Edna et on a décidé d’aller s’installer quelque part qu’était ni chez elle ni chez moi, rapport aux souvenirs qu’elle avait et à ceux qu’j’avais laissés.

On s’est installés dans une petite ville où j’ai pu trouver un travail dans une banque et Edna faisait des ménages. On s’est mariés assez vite, plus parce qu’elle était enceinte que parce qu’on en avait vraiment envie. On a eu quelques années d’une vie assez tranquille. Mon travail nous permettait de vivre correctement et ses ménages lui permettaient de se payer ses coquetteries et les gâteries inutiles pour ses mômes. On en a eu deux.

La première était attardée. Un garçon, ça aurait été embêtant, mais une fille, vu qu’elle était jolie comme sa mère, on pourrait toujours la marier, même si en attendant elle servait pas à grand-chose. Le deuxième, un bon gars et un sacré malin. C’est dommage que les choses se soyent passées comme elles s’sont passées. Au début, quand il tuait des rats et des mulots, j’y disais rien, ça débarrassait. Après, quand il s’en est pris aux chats du voisinage j’y ai mis une rouste pour qu’y comprenne qu’on peut pas faire n’importe quoi quand même.

Quand y s’est attaqué à une camarade de classe, j’y aurais bien collé une branlée et qu’on en parle plus, mais c’est l’instituteur et les parents de la gosse qu’en ont fait tout une histoire alors sa mère elle l’a emmené voir un psy-que’que chose et v’là qu’mon gamin y s’est retrouvé en institut.

Edna elle croyait qu’c’était d’sa faute si nos mômes ils étaient comme ils étaient, vu que même enceinte elle avait continué à m’contrarier et qu’j’avais dû la corriger une ou deux fois. J’voulais y causer d’cette histoire de gènes qu’on avait sûrement dans la famille, mais finalement une femme qui culpabilise c’est plus pratique alors j’y ai rien dit.

Notre grande, on a fini par s’apercevoir un jour qu’elle était enceinte et cette gourde a même pas su nous dire de qui vu que tout l’quartier avait dû y passer dessus. Alors comme fallait même plus espérer la marier dans c’t’état j’l’ai foutue dehors. Sa mère en a pleuré toutes les larmes de son corps que c’était pitié à voir. Ça, les mômes, ils ont pas leur pareil pour te foutre la honte que c’est des coups à jamais t’en remettre.

L’autre, il a arraché l’oreille d’un surveillant dans son institut où qu’il était, alors ils l’ont mis dans un genre d’hôpital pour gamins comme lui. Enfin, comme lui, mais moins gaillards parce que y en a un qui s’est pas r’levé d’un coup qu’y avait collé mon gosse, alors ils m’l’ont envoyé encore dans un autre endroit. Et puis encore ailleurs après une histoire avec un docteur que j’ai pas bien compris qui qu’avait attaqué l’autre. Plus ça allait, plus c’était loin et compliqué d’aller l’visiter, qu’à la fin on aurait dit carrément une prison alors on a arrêté d’y aller. J’sais pas s’il est sorti un jour. Il est jamais revenu nous trouver en tout cas.

Avec tout ce souci, j’avais mon Edna qui dépérissait, qu’on lui aurait donné 20 ans d’plus que son âge. Elle a arrêté d’faire ses ménages, du coup j’ai arrêté d’y payer l’coiffeur et ses trucs de bonnes femmes et ça a pas arrangé les choses ; elle s’est mise à vieillir encore plus vite. Bon an mal an on a continué à vivoter l’un auprès d’l’autre quand même. Elle passait autant d’temps à l’église qu’à la cuisine, mais comme la table était toujours prête quand j’rentrais du turbin j’disais rien qu’elle fricote avec le cureton. J’lui collais bien toujours une correction de temps en temps, mais c’était plus comme avant, la vie nous avait usés.

 

 

A suivre…

 

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Published by poupoune - dans nouvelles
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commentaires

Chris de Neyr 23/12/2009 21:01


Brrrr... Zola à côté c'est Oui-Oui, hein...


poupoune 23/12/2009 23:38


oserais-je confesser que je n'ai lu ni l'un ni l'autre ? cela dit, j'en ai commencé un de chaque, alors je vois l'idée ;o)


Maximus Bob2boB 22/12/2009 23:18


Edna pris plein la gueule dis donc (j'imagine que tu t'attendais à ce que quelqu'un a fasse, ben voilà, c'est fait).


poupoune 22/12/2009 23:21



mais pourquoi, pourquoi l'ai-je appelée Edna ???
Edna d'jà pas eu la vie facile... (comme ça, on n'en parle plus).



stipe 22/12/2009 21:43


Edna, Edna, Edna, elle s'appelle Edna, Edna, Edna...


poupoune 22/12/2009 22:00


ouais ben ça va, hein... on n'a pas les mêmes références !


henriette 22/12/2009 15:22


c'est a ni rien comprendre... il est formidable cet homme là..doux, gentil, intelligent...Cette Edna est négligé vraiment..!


poupoune 22/12/2009 19:04


n'est-ce pas ?
une belle époque, hein...


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