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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 23:26

Ile de Kho-Samet, Thaïlande, Novembre 2001

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Le paradis ?

Non. Le paradis on n’en repart pas.

 

Le gros porc rougeaud aux cheveux jaunes se fait prendre en photo avec la gamine. La femme ? Les attitudes et la gravité du regard sont celles d’une femme. Le corps est celui d’une enfant. Elle se plie sans protester aux demandes du gros, fier d’exhiber sa bedaine et sa poupée devant l’objectif. Elle offre une moue soigneusement étudiée, une posture provocante juste ce qu’il faut, elle s’est manifestement déjà souvent prêtée au jeu.

N’est-ce que le reflet de mon propre dégoût, que je vois dans ses yeux, ou est-ce aussi le sien ? Le gros rit bruyamment, patouille la fille sans un regard, sans une attention pour elle. Il veut seulement immortaliser… quoi ? Le fait qu’il a pu se payer les services d’une très jeune et jolie pute en plus de son bungalow sur la plage ? Et il va les montrer à qui ces photos ? A sa mère ? Ses collègues ? Sa femme peut-être ? A moins qu’il ne les prenne que pour pouvoir se palucher dessus aux chiottes…

La fille me regarde avec une tristesse infinie. A moins que ce ne soit que du vide. Peut-être ne me regarde-t-elle-même pas vraiment. Le gros éructe ce que j’imagine être d’une vulgarité crasse dans une langue que je ne reconnais pas. Il rit, ou tousse, ou les deux à la fois en se penchant vers la fille qu’il agrippe et serre contre lui. Le gras qui déborde de son short, de sa ceinture et de son col remue mollement. Il lâche la fille qui s’écarte en essuyant sur son visage et son épaule les postillons et la sueur que le gros y a laissés.

Mon écœurement est tel qu’il me vient des envies de noyade. De strangulation. D’éviscération. De castration. De lapidation. De démembrement. Je voudrais tendre un bifton au gros, une misère, et lui enfoncer un gourdin dans le cul sans même le regarder. Je voudrais qu’en l’espace de quelques secondes il comprenne, sans ambigüité, l’insoutenable traitement qu’il se sent le droit d’infliger à la gamine. Qu’il ne puisse plus que l’admirer, en comprenant que lui-même ne pourra plus vivre avec le souvenir de ce que son corps a subi pour des clopinettes, alors qu’elle n’aura de répit que le temps d’une douche avant de subir le prochain gros porc qui viendra claquer entre ses cuisses la monnaie de sa prime de vacances.

Mais je ne fais rien de tout ça. Comme la gamine qui fume les yeux dans le vague, je me contente de détourner le regard.

 


 

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Published by poupoune - dans carnet de voyage
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commentaires

stipe 14/01/2010 14:50


lui enfoncer un gourdin dans le cul, au risque de lui provoquer un orgasme ? T'es bien trop clémente...
Que dirais-tu de lui faire passer 12 mètres de barbelé rouillé dans le méat, puis 10 litres de vinaigre et enfin une colonie de fourmis rouges ?


poupoune 14/01/2010 14:58


ça c'est ton coté poète...


lilas kwine 14/01/2010 14:05


Certains voyages déforment la jeunesse...


poupoune 14/01/2010 14:58


pour le moins, oui.


Milène 14/01/2010 10:49


Tu me retires les mots de la bouche! J'ai eu et j'ai toujours de sombres pensées violentes quant à ces gros porcs qu'on rencontre partout...


poupoune 14/01/2010 14:57


dommage qu'on s'arrête aux pensées...


Mrs D 14/01/2010 10:17


* Sans voix *


poupoune 14/01/2010 14:59


...


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